Guglielminetti, Revue d’hygiène
SOUILLURES DE L'AIR
ciable pour un homme venant de l’extérieur; à ce moment la proportion de CO1 2 s’élèverait à 7 p. 10 000.
L’idéal vers lequel on doit tendre est donc d’introduire une quantité d’air suffisante, pour que le taux de l’acide carbonique ne s’élève pas au-dessus de 7 p. 10 000 à l’intérieur de l’habitation. Quelle est cette quantité? Les auteurs donnent des chiffres variables. Pour Prélat, il faudrait introduire 12 à 15 mètres cubes par homme et par heure; pour d’Arsonval, 600 litres; Leblanc, 2 mètres cubes; Pettenkoffer, Putzeys, Rietschel, 70 mètres cubes; A. Laveran, 40 mètres cubes; E. Arnould, 50 mètres cubes; le général Morin, 60 mètres cubes ' pour les malades ordinaires et 100 mètres cubes pour les blessés et les femmes en couches. Pour Sutherland, 127 mètres cubes pour blessé suppurant et 170 mètres cubes pour les contagieux.
On le voit, les desiderata hygiéniques sont fort variables, comme variables aussi sont les conditions de la ventilation. Aussi bien il semble inutile de fixer des chiffres précis. Jamais l’air n’est assez pur.
On a fixé cependant le cubciçie statique permanent des chambres.
M. le médecin inspecteur Morache estime que le cube d’air dans les casernes devrait être de 45 mètres cubes par homme, ce qui, en supposant une hauteur de plafond de 4 mètres à 4 m. 50, exigerait un espace de 10 à I I mètres par homme.
Arnould demande, dans les casernes. 8 mètres carrés par homme avec une hauteur de plafond de 4 mètres, ce qui donne un cube d’air de 82 mètres cubes par homme.
Kirchner demande 20 mètres cubes par homme.
D’après AI. le médecin inspecteur Boisseau, il est à désirer que chaque homme dispose d’un espace de 25 mètres cuhes ; en défalquant le volume du lit, etc., cet espace se réduit à 23 m3 50. Corfield estime que le cube d’air dans les maisons d’habitation doit être au minimum de 21 mètres cubes et que l’air doit être renouvelé quatre fois par heure, ce qui donne/84 mètres cubes d’air par homme et par heure.
En France, le règlement sur le service du casernement (30 juin
1856) fixait à 12 mètres cubes au moins l’espace à allouer à un fan- I tassin et à 14 mètres cubes l’espace à allouer à un cavalier. Autrefois I cette différence entre le fantassin et le cavalier avait sa raison d’être; I le cavalier mettait sa sellerie dans sa chambre, et les cavaliers étaient I d’une taille plus élevée que les fantassins; il n’y a plus de motifs I pour maintenir cette distinction h Aussi dans l’étude des casernements
1 . Dans les chambres, presque toujours de forme régulière, de nos casernes et de nos
hôpitaux, il est très facile de savoir quel est le cube d’air; il suffit de multiplier la
types pour les différentes armes, approuvée par décision ministérielle du 4 novembre 1889 et du 30 mai 1907 est-il dit que dans les nouvelles casernes le cube d’air ne sera jamais inférieur à 17 mètres.
En Angleterre, la Commission de réforme des casernements avait demandé que le cube d’air dans les casernes fût porté à 16 m3 8, avec un renouvellement d’air d’au moins 34 mètres cubes par heure et par homme. Le cube d’air demandé par la commission est devenu réglementaire dans les casernes ; dans les baraques, le chiffre minimum est de il m3 3, mais il est presque toujours dépassé.
En Autriche, le cube d’air réglementaire dans les casernes est de 15 m33; en Allemagne, de 12 m3 9 par homme dans l’infanterie, et de 15 m3 3 dans la cavalerie et l’artillerie.
Dans les casernes d'Alberstadt de Dresde, le cube d’air est de 14 m3 3 dans les dortoirs et de 9 mètres cubes dans les chambres ordinaires. Il est certain qu’on peut se montrer moins exigeant sur le cube d’air dans les casernes où il existe des chambres de jour et des dortoirs.
En Belgique, le cube d’air réglementaire dans les casernes est de 10 à 12 mètres cubes.
Les mêmes chiffres ont été adoptés aux Etats-Unis.
Tous les auteurs s’accordent à reconnaître que le cube d’air et la quantité d’air fournie par la ventilation doivent être notablement plus élevés dans les hôpitaux que dans les casernes.
Le général Morin demande que, dans les hôpitaux ordinaires, la ventilation soit assurée à raison de 60 à 70 mètres cubes d’air par heure et par malade et, dans les salles consacrées aux maladies épidémiques, à raison de 150 mètres cubes par heure et par malade.
D’après Ch. Sarazin, chaque malade devrait disposer dans une salle d’hôpital, de il nï2 25, ce qui, avec une hauteur de plafond de 5 mètres, donne 56 m3 25 par lit.
Dans les hôpitaux civils anglais, la moyenne est de 52 mètres cubes par lit, et ce chiffre est jugé insuffisant par quelques hygiénistes (L. Lefort).
En France, le règlement sur le service de santé à l’intérieur fixe à 40 mètres, le cube d’air que doit avoir chaque malade dans les hôpitaux.
D’après le règlement de 1868 sur les hôpitaux prussiens, le cube d’air doit être de 37 mètres.
Dans les hôpitaux militaires anglais, le chiffre réglementaire est 33 m3 6.
longueur de la chambre qu’on se propose de cuber, par la largeur et par la hauteur. Du chiffre ainsi obtenu on déduira autant de fois 1 m. 50 qu’il y a de lits dans la chambre; l’espace occupé par les lits, par les hommes et par le mobilier peut être évalué en effet à 1 m. 50 par lit.
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Dans beaucoup d’hôpitaux civils de création récente, le cube d’air atteint 50 à 60 mètres par lit1.
Les procédés employés pour assurer ce renouvellement ont tous pour but de faire pénétrer dans l’habitation de l’air pur ou d’extraire l’air vicié. Cet appel se fait mécaniquement grâce aux différences de pression produites dans l’air par la chaleur, l’air froid venant remplacer l’air chaud dont la densité est moindre.
D’ailleurs quels que soient ces procédés, il faut que V aération ne soit pas gênante pour V homme. Malheureusement ce principe est souvent irréalisable et voilà pourquoi il est si difficile d’obtenir une ventilation vraiment efficace; nos soldats, par exemple, pour le motif cité plus haut, se refusent à ouvrir les fenêtres ou oblitèrent les orifices spéciaux destinés à l’aération.
La ventilation d’un local est dite naturelle quand elle se fait par des orifices qui n’ont pas été spécialement ménagés pour assurer le renouvellement de l’air; elle est artificielle quand elle se fait au moyen d’appareils ou par des orifices qui ont été spécialement disposés pour l’entrée et la sortie de l’air.
1° La ventilation naturelle est celle qui se fait à travers les parois de nos demeures grâce à la perméabilité des matériaux de construction ou par l’ouverture des fenêtres et des portes.
La ventilation par les parois aurait une grande valeur si l’on pouvait en apprécier le rendement et surtout si celui-ci restait invariable au lieu d’être subordonné à l’assèchement des matériaux de construction, aux oscillations de température, à la force et à la direction du vent.
Mais elle est toujours insuffisante et, dans les maisons qui ne possèdent pas d’appareils de ventilation on doit y suppléer en ouvrant les portes et les fenêtres.
Les portes ouvrant sur des couloirs et des paliers peuvent ne permettre l’arrivée que d’un air insuffisamment pur, mais comme leur ouverture a lieu avec une certaine fréquence, grâce au va-et-vient nocturne qui se produit par exemple dans les salles d’hôpital et les chambres des casernes, on obtient ainsi un mode de ventilation qui n’est pas sans valeur.
Quant aux fenêtres , d'après Ch. Sarazin et A. Laveran, leur ouverture constituerait le procédé le plus efficace de ventilation, pourvu qu’elles présentent une disposition convenable (fenêtres opposées).
1. L’espacement des lits est calculé de façon à donner autant que possible 40 mètres cubes d’air à chaque malade. Dans aucun cas la distance entre les lits ne peut être inférieure à 1 mètre; la distance entre deux rangées de lits doit être de 2 mètres au moins. (Art. 233 du règlement.) — Voir A. Laveran, Traité d’hygiène.
Supposons, en effet, un courant à peine sensible qui fasse seulement 10 mètres à la minute; si ce courant est produit par deux fenêtres opposées, largement ouvertes, ayant 1 m. 50 de large et 3 mètres de haut, le cube d’air qu’il introduit dans la salle par minute est égal l,5x3x 10— 45 mètres cubes; en une heure, il sera égal à : 1,5x3x10x 60 = 2 700 mètres cubes, et dans ces conditions Stern a trouvé que le nombre des bactéries tombait de 100 à 1 en deux minutes. C’est que l’air agit alors non seulement par son pouvoir oxydant et par son pouvoir bactéricide, mais aussi en entraînant toutes les poussières flottantes « On expulse ainsi, comme le fait remarquer le médecin inspecteur Richard, toutes les souillures de l’atmosphère d’un local avec des « chasses d’air», de la même manière que l’on nettoie un égout avec des chasses d’eau. » Aussi, au point de vue hygiénique, ne saurait-on mieux faire que de se conformer aux anciennes prescriptions réglementaires :
« L’air des chambres doit être constamment renouvelé, le jour au moyen de l’ouverture des fenêtres, la nuit au moyen des appareils de ventilation ouverts dans la mesure prescrite. Après le lever, et lorsque les hommes sont sortis, les chambres sont aérées le plus possible. On ferme les fenêtres un instant, lorsque les hommes rentrent ayant chaud. Dans les pays fiévreux, les fenêtres sont toujours fermées la nuit, surtout en été. » (Art. 354 inf. du décret du 20 octobre 1892 sur le service intérieur des corps de troupe.)
Le nouveau règlement du 25 mai 1910 prescrit au caporal de « faire aérer les chambres et découvrir les lits ». (Art. 62.)
2° La ventilation artificielle se fait à l’aide d’appareils. Ou bien chaque salle ou chaque chambre possède des appareils spéciaux (ventilation locale), ou bien on adopte des dispositifs destinés à ventiler un ensemble d’habitations.
Pour assurer la ventilation d'une pièce , il faut donner accès à l’air extérieur et par conséquent établir des orifices. Ceux-ci seront multiples. De plus, leurs dimensions seront variables pour permettre de graduer l’entrée de l’air.
La place que l’on doit donner à ces orifices a été le sujet de discussions nombreuses et d’applications diverses.
Le général Morin place les orifices de sortie à la hauteur de la tête des lits, le plus près possible du point où se fait la souillure, et les orifices d’entrée au-dessous du plafond. Mais le gros inconvénient de ce système est que l’orifice de sortie peut devenir l’orifice d’entrée et les hommes reçoivent dans ce cas une douche d’air froid sur la tête et s’empressent d’oblitérer tous les orifices.
Putzeys, Geneste et Herscher ont soutenu qu’il fallait mettre les
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orifices de sortie à la partie supérieure et les orifices d’entrée au raz du sol, mais ce système produit, sauf par les temps très chauds, un courant d’air froid insupportable, qui glace les jambes et par conséquent ne peut être utilisé en partie.
Une dernière disposition, qui paraît plus rationnelle, a été recommandée par A. Laveran : les orifices d’entrée et de sortie sont placés à là partie supérieure de la chambre, les uns à l’est, les autres à l’ouest. L’air froid du dehors, qui est plus lourd, pénétrant par l’orifice ouest par exemple le matin avec exposition est-ouest, tombe vers la partie inférieure de la chambre, tandis que l’air vicié, dont la densité est moindre, monte vers la partie supérieure et s’en va par l’orifice est exposé à ce moment aux rayons du soleil et plus chaud par conséquent que l’orifice ouest.
L’industrie fournit à l’hygiéniste des appareils multiples, ce qui prouve qu’aucun n’est parfait; mais l’on peut dire que tous ceux qui évacuent l’air vicié sont bons, et que tous ceux qui ne font qu’introduire de l’air neuf sont mauvais, du moins dans nos casernes, parce que toujours gênants; il est vrai que l’air qui n’obéit guère aux lois des hygiénistes sort souvent par ces mêmes orifices.
Les appareils à introduction d'air peuvent être fixés au-dessus des fenêtres, au niveau même et à la partie supérieure de celles-ci, ou bien dans l’épaisseur des murs.
Appareils destinés à introduire de l'air neuf. — Les uns sont fixés au niveau des fenêtres. Ce sont les plus simples et les plus économiques pour les bâtiments déjà construits.
Les vasistas ou vitres mobiles autour d’un axe vertical ou horizontal. Pour éviter les courants d’air, il est préférable que la vitre soit mobile autour d’un axe horizontal passant par son bord inférieur; si, de plus, l’on place de chaque côté du carreau mobile des feuilles de tôle qui ferment les espaces triangulaires existant entre le châssis et le carreau lorsqu’il est ouvert, on obtient alors une ventilation en forme de botte qui dirige le courant d’air tout entier vers la partie supérieure de la chambre et qu’on peut ouvrir plus ou moins suivant les conditions météorologiques.
Les toiles métalliques seraient excellentes si elles n’avaient l’inconvénient de se colmater.
Le feutre offre le même inconvénient et de plus intercepte la
lumière.
Vitres perforées. — MM. Trélat, Geneste et Ilerscher ont préconisé des vitres perforées à trous coniques; ces vitres sont adaptées à bipartie supérieure des fenêtres, la partie évasée des trous coniques étant dirigée vers l’intérieur de la chambre. L’air extérieur entre par
les orifices les plus étroits, se divise en arrivant à l’orifice le plus large et par suite le courant perd de sa force. L’appareil est bon, mais fragile et coûteux. On l’utilise dans un grand nombre d’hôpitaux ou de demeures particulières.
Vitres p ar allé les. — Le médecin major Castaing a proposé de remplacer une des vitres des fenêtres par une double vitre disposée de la façon suivante : la vitre interne est insérée dans une feuillure du cadre et coupée en haut laissant un vide dans le cadre de 3 à 4 centimètres. La vitre externe, parallèle à la première, est insérée également dans une autre feuillure du cadre située en dehors à 3 ou 4 centimètres de distance.
Ici c’est l’extrémité inférieure qui est coupée laissant un vidé de 3 à ht centimètres.
De cette façon on ménage entre les deux vitres un couloir de 10 à 15 centimètres dont l’orifice externe se trouve à la partie inférieure du châssis, et l’orifice interne à la partie supérieure. L’air s’engouffre par en bas, s’échauffe légèrement en cheminant dans le couloir, surtout au contact de la paroi interne échauffée par l’air de la chambre, et arrive dans le local par l’orifice supérieur et interne en se dirigeant vers le plafond, pour retomber ensuite dans la pièce, car, en hiver du moins, sa température est inférieure à celle de la chambrée pendant la nuit.
Ce dispositif a l'inconvénient de rendre très difficile le nettoyage des vitres le long des parois du couloir. On a cherché à corriger ce vice de construction soit en mobilisant la vitre interne (Dardignac1), soit en raccourcissant la longueur du couloir par l’abrasion des vitres à une grande distance des bords du cadre. C’est cette dernière disposition qui a été adoptée d’une façon générale par le service du génie. Mais, de ce fait, le système perd de ses qualités qui consistaient justement à rendre moins directe l’arrivée de l’air. A l’hôpital du Val-de-Grâce, dans certaines salles, on a placé la vitre interne sur un châssis à part fixé à la fenêtre par des écrous à oreilles, ce qui rend leur enlèvement facile pour le nettoyage.
Les vitres Castaing sont commodes et peu coûteuses : malheureusement elles ne permettent pas de faire varier les dimensions des orifices d’entrée de l’air. Aussi, par les temps calmes et lorsque la différence de température est peu considérable entre l’air de la chambre à ventiler et l’air extérieur, la vitre Castaing ne ventile que très peu; lorsqu’il fait du vent ou par les temps très froids, la ventilation devient trop énergique.
1. Dardignac, Note sur une modification au système de l’aération automatique par les vitres parallèles, Revue d'hygiène, 1893, p. 204.
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Les vitres à échancrures semi-lunaires ménagées à la partie supérieure du châssis, imaginées par Bonnette \ paraissent un bon mode de ventilation.
Les vasistas à valves mobiles en verre sont trop fragiles.
Les appareils se fixant dans les murs consistent tous en blocs de pierre, de brique ou de fonte perforés de trous de 3 à 4 centimètres de diamètre, légèrement tronc-coniques, à orifice plus petit dirigé en dehors.
Les ventilateurs hydrauliques ont pour but d’aspirer l’air du dehors à l’aide d’une trompe à eau, qui joue en même temps le rôle de refroidisseur.
Appareils destinés à V extraction de l’air vicié. — Cheminées . — La cheminée ordinaire, alors même qu’on n’y fait pas de feu, constitue un excellent moyen d’extraction de l’air. Le général Morin a constaté que la cheminée de son cabinet évacuait jusqu’à 400 mètres cubes d’air à l’heure sans feu. Lin bon moyen d’augmenter l’action des cheminées consiste à allumer un bec de gaz à l’intérieur. Coulier a obtenu ainsi d’excellents résultats.
\é appareil du commandant Renard se compose d’une boîte en zinc
ouverte sur deux de ses faces. La partie antérieure de la boîte est munie d’un grillage à larges mailles c, facile à enlever pour les nettoyages et qui sert d’appui à un rideau b de soie formant soupape.
La face antérieure du ventilateur est légèrement inclinée en bas pour que le rideau s’y applique mieux lorsque le courant tend à se renverser. Par sa face postérieure «, le ventilateur est encastré et scellé au mur dans une ouverture pratiquée sur la cheminée d’appel d , qui peut être une cheminée servant au chauffage d’une autre pièce que la pièce à ventiler.
On a aussi construit des appareils qui utilisent la force du vent pour l’extraction de l’air vicié : telles sont les manches à vent des navires et les capes à vent,. Ces diverses espèces de ventilateurs sont