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CHAPITRE XXII

CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE

Avantages et dangers du chauffage. Combustibles et rations de chauffage: Mode

d’action des foyers. Appareils de chauffage local. Chauffage central.

I. Chauffage. — A. Considérations générales. — Quel que soit l’appareil dont on se serve pour produire la chaleur, le chauffage a pour but de maintenir la température intérieure uniforme et appropriée aux besoins et au bien-être de ceux qui séjournent dans la pièce. Cette température optima est variable suivant les conditions auxquelles sont soumis les habitants. En général elle doit être de 16 à 18° le jour et de 9 à 10° la nuit. Il est plus avantageux d’avoir des chambres à coucher froides, car, dans un cubage restreint, la température des dortoirs ne tarde pas à s’échauffer; il faut donc autant que possible, dans l’armée, réserver le calorique pour les salles de jour, dans lesquelles les hommes iraient se réchauffer après les exercices.

Les modes de chauffage doivent encore réaliser une répartition uniforme de la température dans les diverses parties de la pièce et le maintien de l’état hygrométrique normal, enfin assurer la prompte et complète évacuation des produits de combustion. Parmi ceux-ci le gaz oxyde de carbone est celui dont la toxicité, en créant un danger pour l’habitant, impose une attention spéciale.

La dose à laquelle l’oxyde de carbone dans l’air est toxique, d’après Huffelmann et Grüber, est de 2 à 5 p. 10 000. Mais il ne s’ensuit pas qu’à des doses inférieures l’oxyde de carbone soit inoffensif. Fodor a trouvé que 0,54 p. 10 000 d’oxyde de carbone mélangé à l’air suffisent à tuer le animaux; Orfîla 0,45; Max Grüber 0,50 p. 10 000.

L’.oxyde de carbone s’attaque aux globules rouges, qu’il détruit en grand nombre, d’où anémie intense. Il agit sur les centres par l’intermédiaire des terminaisons sensitives. La mort peut se produire subitement par le bulbe et arrêt du cœur.

Cl. Bernard a montré que si l’on agite du sang oxygéné avec de l’oxyde de carbone, ce gaz déplace l’oxygène volume à volume.

CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE

Quand on fait respirer à un chien un mélange titré d’air et d’oxyde de carbone renfermant un millième de ce gaz, on trouve, au bout d’une heure, dans 100 centimètres cubes de sang, 8 centimètres cubes d’oxyde de carbone; si le mélange contient seulement 1/60000 d’oxyde de carbone, on ne trouve, dans 100 centimètres cubes de sang, au bout d’une heure, que 0 cm3 22 de ce gaz, quantité négligeable.

Dans les intoxications produites par le gaz d’éclairage, qui renferme 8 à 18 p. 100 d’oxyde de carbone, on a même observé des morts foudroyantes.

L’oxyde de carbone est d’autant plus dangereux que rien ne révèle sa présence.

Le médecin major Delamare 1 a observé sur lui-même les symptômes de cette intoxication qui, en résumé, est caractérisée cliniquement par une céphalée intense affectant une forme constrictive, des- nausées puis des vomissements, et de la faiblesse musculaire. Le malade titube en marchant, parfois la station debout devient rapidement impossible et, si on ne vient pas à son secours, le malade succombe soit à la suite d’une syncope, soit par asphyxie lente.

Ici la convalescence fut longue. Les moyens thérapeutiques employés furent les inhalations d’oxygène, l’exposition à l’air et l’ingestion d’une grande quantité de lait qui, d’après l’auteur, a joué un rôle important dans la désintoxication.

Hirtz2 a signalé plusieurs faits d’intoxication larvée par l’oxyde de carbone provoqués par l’usage des poêles mobiles, des briquettes de voitures, etc., modes de chauffage particulièrement défectueux.

Plusieurs des observations présentées concernent des médecins chez lesquels les accidents consistaient en céphalée, vertiges, angor pectoris, pâleur de la face, ces sujets étant d’ailleurs indemnes de lésion cardiaque. Un phénomène assez fréquemment observé consiste en une névralgie névritique avec atrophie musculaire consécutive, le plus généralement dans le domaine du cubital. A noter également une légère glycosurie ou du moins une réduction manifeste de la liqueur de Fehling.

Le diagnostic étiologique de ces intoxications est parfois un peu obscur au début, mais la démonstration est rapidement faite par l’amélioration que l’on constate chez le malade une fois la cause supprimée.

M. Chassevant a observé des faits analogues se produisant parfois

1 . Delamare, Intoxication par l’oxyde de carbone (auto-observation), Arch. de méd. milit., 190i, p. 395.

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