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I. Dubois, Revue du génie

crées à la préparation des médicaments et des boissons hygiéniques des infirmeries régimentaires et vétérinaires. Ces allocations devraient être complètement distinctes. Car, en pratique, comme la quantité de charbon allouée est toujours restreinte, les infirmeries commencent par s’en approprier la part jugée nécessaire et en rapport avec le nombre des malades, les bains-douches sont chauffés avec ce qui reste. Aussi le vestiaire et la salle de douches ne présentent jamais une température suffisante.

C. Mode d’action des foyers. — Les foyers concourent à un double but : produire de la chaleur et contribuer à la ventilation. La chaleur produite est utilisée sous deux formes : la chaleur rayonnante et celle produite par les gaz de combustion. La première est seule utilisée dans les cheminées ordinaires. La ventilation, par contre, se fait d’une façon parfaite grâce aux foyers rayonnants, mais le chauffage est insuffisant. La chaleur produite par les gaz de la combustion est donnée par les poêles.

D. Les appareils. — Tout appareil de chauffage se compose essentiellement d’un foyer de combustion destiné à produire la chaleur et d’un tuyau d’évacuation pour la fumée et les gaz de la combustion. Entre ces deux parties se trouve une chambre ou un réservoir de chaleur destiné à emmagasiner le calorique et à le distribuer dans toutes les parties de l’espace à chauffer. Dans certains de ces appareils le foyer est placé dans la pièce même : chauffage local; dans les autres ce foyer est établi plus ou moins loin des parties de l'habitation qu’il doit réchauffer et sert le plus souvent au chauffage de l’ensemble de la maison : chauffage central.

A. Chauffage local. — i Les cheminées. — a) La cheminée ordinaire. — C’est le système le plus ancien, le plus simple et aussi le plus salubre. Il se compose, comme on le sait, d’un foyer à feu visible surmonté d’un tuyau montant le long ou dans l’épaisseur du mur jusqu’au-dessus du toit et par lequel s’échappent les produits de combustion.

La cheminée offre le grand avantage d’être un agent énergique de ventilation : l’évacuation de l’air des chambres est proportionnée au degré de chaleur produite, à la température extérieure et dépend aussi de la section et de la hauteur de la cheminée.

Ainsi le tirage est de :

Au rez-de-chaussée avec 15 mètres de tuyaux 750 m3

Au 1er étage avec 13 mètres de tuyaux 663 —

Au 2e — 9 — 575 —

Au 3e — 6 — 432 —

La cheminée chauffe par rayonnement lumineux, le plus agréable

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et le plus sain des modes de chauffage; en outre elle ne modifie pas Tétât hygrométrique de l’air. Cet appareil a, en revanche, quelques inconvénients : le plus grand de tous, c’est son faible rendement calorique.

b) Modification Perret. — Cette modification cherche à utiliser la chaleur rayonnante et à la réfléchir dans l’intérieur de la pièce à l’aide d’une dalle en terre réfractaire placée au fond du foyer, s’échauffant au contact du feu.

c) Cheminée Belmas, Douglas-Galton. — Le système consiste à entourer le tuyau de la cheminée d’une enveloppe extérieure, dans laquelle l’air venu du dehors entre par la partie inférieure et ressort près du plafond après s’être réchauffé pour se répandre dans la pièce.

d) Cheminée Joly. — La cheminée Joly ne diffère de la précédente que par un coffre extérieur qui reçoit l’air chaud.

é) Appareil F ondet-Cordier . — Cette cheminée est caractérisée par deux rangs de tubes aboutissant en haut à un tuyau unique et en bas à une gaine située au-dessous du foyer : il y a des bouches de chaleur sur les parties latérales. C’est un appareil très précieux qui peut rendre de grands services.

2’ Les poêles. — a) Poêles en fonte simple. — Appareils de chauffage peu avantageux, ils élèvent rapidement la température de la salle où ils brûlent, sans dépenser beaucoup de combustible; mais la température, en revanche, s’abaisse rapidement lorsqu’ils s’éteignent. On leur a reproché de dégager de l’oxyde de carbone; en effet, ce gaz traverse la fonte au rouge; mais la température est telle que ce gaz brûle et se transforme en acide carbonique, ce danger est donc illusoire. Le surchaulfage de l’air au contact du tuyau du poêle a surtout pour effet de donner à cet air une odeur désagréable par suite de la combustion des poussières organiques qu’il tient en suspension. Pour obvier à cet inconvénient il faut éviter de porter le poêle à une température trop élevée.

b) Poêles à combustion lente. — Pour ralentir la combustion on ne laisse pénétrer que juste l’air nécessaire pour empêcher le foyer de s’éteindre, d’où oxygénation insuffisante et production d’oxyde de carbone. On diminue le tirage de ces poêles, soit en limitant l’air qui pénètre jusqu’au foyer, soit en refroidissant l’air au delà du foyer, soit en plaçant un obstacle (une clé) sur la conduite d’évacuation de la fumée et des gaz. On a aussi imaginé de faire une double enveloppe à ces poêles, de sorte que l’air pénètre par la partie inférieure, traverse la colonne de combustible, puis redescend en entraînant les produits de combustion dans l’enveloppe extérieure

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et s’échappe ensuite par le tuyau de fumée : il y a donc tirage ascendant d’abord, puis descendant, ce qui le rend peu actif et ralentit ensuite la combustion. On évacue ainsi le moins de produits de combustion possible qui se répandent dans l’atmosphère ambiante. Si ces poêles dépensent peu c’est que le tirage, comme nous l’avons dit, est réduit à son minimum (4 mètres cubes d’air par kilogramme de charbon au lieu de 9 dans les poêles ordinaires).

Le peu d’activité du tirage est un vice inhérent au système. Le dégagement d’oxyde de carbone qui en résulte est dangereux, non seulement pour les habitants des chambres ainsi chauffées, lorsqu’il se produit des retours de courant aérien, mais encore pour les locataires d’une maison, lorsque ceux-ci utilisent pour leur propre comjDte le même corps de cheminée. Il est impossible, en effet, de construire des gaines de fumée étanches (Vaillant), de sorte que les habitants des étages supérieurs peuvent être intoxiqués par les gaz s’échappant d’un poêle situé à un étage inférieur. Aussi plus de 1 200 propriétaires à Paris ont-ils interdit dans leurs baux l’usage de poêles à combustion lente. (IIIe Congrès de l’assainissement de l’habitation, 1909.)

C’est donc moins à perfectionner ces poêles qu’à les remplacer par des poêles à tirage normal que doivent tendre aujourd’hui les efforts de l’hygiéniste.

c) Poêles en terre. — Les poêles en terre, en maçonnerie et en faïence, c’est-à-dire en matériaux mauvais conducteurs de calorique, ont pour caractère commun de s’échauffer lentement, de fournir par suite moins de chaleur à la pièce dans laquelle ils se trouvent. Mais en revanche ils la conservent bien mieux et sont de véritables réservoirs de calorique même lorsqu’ils sont éteints pendant la nuit. Ne surchauffant pas l’air qui se trouve en contact avec leurs parois, ils fournissent une chaleur plus douce, plus agréable et sont par suite plus salubres.

d) Poêle tubulaire Besson. — Ce poêle est en fonte ordinaire, le foyer est entouré par une enveloppe de tubes ouverts en haut et en bas. L’ouverture inférieure nécessite un espace vide au-dessous du poêle, espace dans lequel va s’accumuler la poussière. De plus les hommes bouchent souvent les ouvertures supérieures des tubes en introduisant dans ceux-ci toutes sortes de débris qui dégagent une mauvaise odeur sous l’influence de la chaleur du poêle. On reproche encore à ce poêle d’avoir un couvercle qui n’est pas toujours hermétique, de mobiliser des poussières, d’être d’un entretien difficile, de consommer 40 kilogrammes d’anthracite en vingtquatre heures et de n’utiliser que 80 p. 100 du combustible.

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B. Chauffage central. — Quand il s’agit d’échauffer de vastes espaces et de fournir du calorique à toutes les parties d’un édifice important, il faut avoir recours au chauffage central, constitué par un seul foyer de combustion et un système d’appareils destinés à transporter la chaleur. Les appareils employés ont reçu le nom de calorifères. On utilise dans l’armée deux sortes de calorifères : à air et à vapeur d’eau.

1° Calorifère à air chaud. — On pourrait les définir : des poêles ventilateurs dont le foyer et le tuyau d’éA^acuation de la fumée sont installés hors du local à chauffer. Du foyer part un système de canaux horizontaux ou verticaux en métal ou en céramique, dans lesquels circulent les produits chauds de la combustion, tandis que l’air pris au dehors vient s’échauffer à leur contact à l’aide d’autres canaux entourant les premiers ou en rapport de contiguïté avec eux. On comprend que, dans ces conditions, les tuyaux où circulent les gaz de combustion doivent posséder une étanchéité parfaite et que le tirage doit être très énergique. Sans cela, les gaz pourraient s’évacuer dans les gaines de chaleur par des fissures toujours à prévoir.

C’est d’ailleurs ce danger qui fait renoncer de plus en plus à ce mode de chauffage. Il présente encore l’inconvénient de lancer dans l’atmosphère de nombreuses poussières. On est parvenu cependant à les supprimer à peu près complètement en plaçant des écrans ouatés au niveau des bouches de chaleur.

Un des systèmes les plus économiques et les meilleurs de ce genre a été installé à la nouvelle caserne de Briançon1, où on n’a noté jusqu’ici aucun accident. On a essayé en meme temps de le combiner avec un procédé de ventilation, dont une partie semble un peu théorique.

2° Chauffage par la vapeur. — La vapeur est l’agent le plus puissant de transport pour la chaleur infiniment supérieur à l’air et à l’eau. Ln effet, tandis que 1 kilogramme d’air porté de 0 à 100° n’emmagasine que 2i calories, et que 1 kilogramme d’eau chauffée dans les mêmes limites n’emmagasine que 100 calories, 1 kilogramme d’eau absorbe pour passer à l’état de vapeur 537 calories qui seront immédiatement disponibles par le seul fait de la condensation delà vapeur. Donc, en employant la vapeur, on chauffe avec la chaleur latente qui est une réserve autrement riche que la chaleur sensible.

La vapeur est un agent commode de transport pour la chaleur; son emploi permet de placer la chaufferie à une distance pour ainsi dire quelconque des locaux : il y a des installations dans les-

1. Dubois, Chauffage et ventilation des casernes, Revue du Génie , février 1891.

quelles la vapeur destinée au chauffage est portée à 2 000 mètres et ce transport s’effectuerait sans déperdition sensible? La vapeur circule avec la plus grande facilité et une grande rapidité, même sous une très faible pression, dans des conduites de très petit diamètre; pression très peu supérieure à la pression atmosphérique : on ne dépasse jamais 1/2 à 1 atmosphère, de sorte que la température des surfaces de chauffe est au maximum de 100° à 120°. L’air qui circule au contact de ces surfaces n’est donc jamais porté à une température trop élevée; en général il est à 40° et jamais plus qu’à 50°.

De même que le chauffage à eau chaude, le chauffage à vapeur a pour principal avantage de permettre de placer les surfaces chauffantes dans les locaux mêmes à chauffer.

Le chauffage à vapeur à basse pression a été installé à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce. Cette installation, en raison de la grande étendue des bâtiments en surface, a nécessité l’emploi de plusieurs foj^ers. Leur construction, confiée à la maison Pommier et Delaporte, comporte une seule description que nous résumons ici. Elle a été combinée avec un système de ventilation.

L’installation faite à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce permet de donner et d’entretenir par un froid extérieur de 10° des températures de 18° dans les locaux chauffés.

La pression de la vapeur ne dépasse pas 0 kg. 300 et en marche moyenne elle ne s’élève jamais au-dessus de 150 grammes par centimètre carré.

Le principe de l’installation est le suivant :

La vapeur produite dans les chaudières à une très faible pression se rend directement dans les surfaces de chauffage, où elle se condense, et l’eau de condensation revient naturellement par le seul effet de son propre poids et de la pente des tuyaux de retour à la chaudière où elle rentre directement.

La purge de l’air se fait automatiquement à l’air libre par des tuyaux de retour d’eau, sans robinets spéciaux.

Par suite de son fonctionnement absolument automatique l’installation peut être abandonnée à elle-même pendant plusieurs heures sans aucune surveillance.

L'installation comprend deux chaudières, Lune de 30 mètres carrés de puissance, suffisante pour assurer le service du chauffage lorsque la température extérieure se maintient au-dessus de 0°, et l'autre de 16 mètres carrés destinée à fournir le complément de vapeur nécessaire lorsque la température extérieure descend au-dessous de 0°.

Ces chaudières sont à chargement continu. Le chargeur peut contenir la

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quantité de charbon nécessaire à huit heures de marche consécutives sans rechargement.

Le fonctionnement automatique des organes de ces chaudières n’exige aucune surveillance et la tâche du chauffeur se bornant à l'introduction du charbon et au décrassage du feu à intervalles éloignés, la présence permanente d’un homme dans la chaufferie est rendue absolument inutile.

Fig. 74. — Chauffage à vapeur à basse pression. — Chaudière Pommier et Delaporte. — A. Corps cylindrique tibulairc; B. Foyer; C. Trémie de chargement; D. Carneaux de fumée ; E. Tambour de fumée; F. Tampons do ramonnage; G. Entrée d’air dans le cendrier; H. Entrée d’air dans les carneaux; J. Porte du foyer; K. Porte du cendrier; L Levier de fermeture des portes ; M. Manomètre; N. Niveau d’eau; O. Régulateur; P. Tubulure de prise de vapeur; Q. CÎapet de sûreté; R. Tuyau de retour d’eau; S. Tuyau de communication du foyer et du corps; T. Collier de suspension du corps cylindrique.

Les chaudières sont munies de tous les appareils de sûreté exigés par les décrets et règlements et de tous les accessoires nécessaires à leur bon fonctionnement. Elles sont timbrées officiellement à 4 kilogrammes.

Dans le but de maintenir la pression de la vapeur à une allure constante et proportionnée aux besoins de l’installation, chaque chaudière est munie d’un régulateur automatique de pression et de combustion à colonne de mercure.

Ce régulateur est en communication directe avec la vapeur de la chaudière.

Il subit par suite le contre-coup de toutes les variations de pression et, en agissant simultanément sur le tirage et sur l’arrivée d’air sous le cendrier soit pour modérer la combustion, soit pour l’activer, il ramène automatiquement la pression au minimum nécessaire.

La conduite d’alimentation d’eau des générateurs a un diamètre intérieur de 20 millimètres.

La quantité d’eau nécessaire par vingt-quatre heures, en tenant compte de l’utilisation des eauxde condensation, peut être évaluée à environ 15 litres.

Le combustible le plus convenable est de la houille en gailletins, quart grasse, type Mambourg, dont le prix actuel est de 44 francs la tonne environ.

Ce combustible est préférable à l’anthracite dont le prix est trop élevé par rapport à sa puissance calorifique.

Les deux chaudières sont placées dans une chaufferie installée dans une des cours de l’hôpital.

Le sol de cette chaufferie est au minimum à 2 m. 50 en contre-bas du sol du rez-de-chaussée des bâtiments.

Les chaudières e'iles-mêmes sont placées dans une fosse située à 1 mètre en contre-bas du sol de la chaufferie, afin de faciliter le chargement.

Enfin on a prévu un dépôt de charbon pouvant contenir environ 30 à 35 tonnes de combustible, et un dépôt de cendres et scories.

Le service du charbon et des cendres se fait par des trappes placées dans le plafond de la chaufferie et donnant accès dans la cour. Le chauffage est assuré dans tous les locaux par des radiateurs lisses ou à ailettes. Par suite de l’absence de cave dans toutes les parties des bâtiments la tuyauterie de distribution de vapeur est placée tout entière dans les locaux à chauffer et au plafond de ces locaux. De cette tuyauterie principale, partent des branchements secondaires que viennent alimenter les radiateurs de un ou de plusieurs étages.

La tuyauterie de retour d’eau de condensation circule le long des plinthes. Au rez-de-chaussée, elle est placée en partie dans des caniveaux sous parquet pour laisser libre le passage des portes.

Les radiateurs à ailettes sont constitués par des poêles formés d’éléments horizontaux en fonte.

Les radiateurs lisses en fonte sont composés d’éléments verticaux lisses en fonte.

Chaque surface de chauffage est rendue complètement indépendante au moyen d’un robinet spécial en bronze placé sur le tuyau d’arrivée de vapeur et permettant non seulement de l’isoler complètement et par suite d’interrompre le chauffage dans n’importe quel local, mais aussi de faire varier la quantité de vapeur admise dans l’appareil, de façon à limiter l'introduction de la vapeur à la quantité strictement nécessaire et capable d’être condensée. Ces robinets sont munis soit d’un volant en bois, dans les chambres d’officiers, soit disposés de façon à être manœuvrés par une clef spéciale dans les locaux occupés par les soldats malades. La clef est en dépôt chez l’infirmier major.

On a prévu en outre pour chaque local le renouvellement de l’atmosphère intérieure par afflux d’air à la température extérieure.

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L’expérience de deux années permet de conclure à la supériorité incontestable de ce mode de chauffage sur le chauffage local utilisé jusqu’alors, non seulement au point de vue d’une répartition uniforme d’une chaleur suffisante, mais aussi au point de vue de la propreté générale et de la fatigue imposée jadis au personnel par le transport continuel du combustible.

3° Chauffacje à Veau chaude à hase pression. — Le chauffage à l’eau

Fig. 75 — Chauffage à vapeur à basse pression. — Radiateur lisse en fonte.

chaude sans pression, se fait à l’aide d’une chaudière placée en soussol, d’où part un circuit qui conduit d’abord l’eau chaude au point le plus élevé du bâtiment d’où elle redescend à la chaudière après avoir traversé les surfaces chauffantes auxquelles elle abandonne une partie de son calorique. A la partie la plus déclive du circuit est disposé un robinet de vidange.

Dans ce système, on est conduit à mettre en circulation de grands

volumes d’eau pour deux raisons. D’abord le nombre de calories que l’eau peut emmagasiner et abandonner entre 20° et 100° n’est que de 80 par litre; il faut par conséquent un fort volume d’eau pour mettre en liberté un nombre un peu considérable de calories. Puis l’eau circule dans les canalisations avec une très grande lenteur, le mouvement dans les appareils à eau chaude en général est obtenu grâce à la différence de poids d’une colonne d’eau chaude et d’une colonne d’eau relativement froide; plus cette différence sera grande et plus la vitesse de la circulation sera considérable et réciproquement.

Or, dans le chauffage à basse pression, cette différence reste toujours forcément maintenue entre des limites très étroites, d’où il résulte que l’eau progresse dans les tuyaux avec une très grande lenteur qui ne dépasse pas 3 ou 4 centimètres à la seconde et qui souvent n’est que de I centimètre. C’est là le vice capital du système, car du moment qu’on ne peut faire passer l’eau rapidement, il faut en faire passer beaucoup à la fois, ce qui a pour conséquence l’exagération des sections des conduites.

Celles-ci sont encombrantes, difficiles à placer et à dissimuler et nécessitent de larges orifices pour traverser les murs dont la solidité est amoindrie par là-même.

On a essayé de réduire la section des canalisations en activant la circulation de l’eau au moyen d’un jet de vapeur surchauffée injectée dans un point quelconque du circuit avec un injecteur Giffard.

Quand on a le soin de réduire au minimum compatible avec un bon fonctionnement la masse d’eau mise en mouvement, on obtient des résultats assez bons.

Une disposition ingénieuse consiste à introduire dans le circuit un réservoir qui emmagasine la majeure partie de l’eau et qu’on peut isoler du circuit général par un système de robinets. Lorsque cet isolement est effectué, la quantité d’eau à échauffer est assez restreinte, attendu que la chaudière a elle-même une faible capacité.

De la sorte, on arrive plus rapidement à chauffer l’eau des pièces et on n’admet l’eau du réservoir dans le circuit général que progressivement et lorsque le chauffage est déjà bien en train. Quelle que soit la combinaison adoptée pour le chauffage de l’eau à moyen volume, les tuyaux réduits à un strict minimum peuvent passer à peu près partout. Si l’on tient compte de la grande simplicité de fonctionnement de ces appareils, de la sécurité absolue qu’ils présentent (pourvu que les canalisations soient bien étanches, condition qu’on est toujours sûr de remplir en faisant usage des tuyaux en fer et non en fonte), on doit reconnaître qu’ils présentent de sérieux avantages. Ils peuvent être employés avec un certain avantage dans les hôpitaux

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et d’une manière générale dans les locaux occupés d’une façon sinon permanente, du moins très prolongée.

Ils conviennent pour le chauffage des maisons particulières, auquel cas il est très économique de faire servir le foyer de la cuisine au chauffage de l’eau.

La limitation de la pression est faite au moyen d’un mécanisme, consistant en une double soupape faisant communiquer le circuit avec le vase d’expansion. L’une de ces soupapes s’ouvre dès que la pression atteint 8 ou 10 kilogrammes (il y en a même qui sont réglées à 3 atmosphères) et permet l’issue d’une certaine quantité d’eau. Au moment du refroidissement, l’autre soupape favorise l’entrée de l’eau dans le circuit.

La température de l’eau oscille par conséquent entre 158° et 100° qui correspondent à une pression de 10 kilogrammes.

A part cela, il n’y a aucune différence essentielle entre les systèmes à haute et à moyenne pression. La circulation de l’eau dans les tuyaux se fait comme dans les thermosiphons, seulement avec une vitesse bien plus grande, qui peut être évaluée en moyenne à 0 m. 80 à la seconde.

Lorsque ces appareils ont été bien construits, et ils ne peuvent l’être que par des maisons spéciales, il n’y a aucune espèce de perte à redouter.

Le chauffage à eau chaude présente sur le chauffage à vapeur l’avantage d’être plus constant. Les radiateurs se refroidissent moins rapidement. Enfin le réglage du débit de chaleur est plus facile. On tend à revenir aujourd'hui à ce mode de chauffage, depuis que, grâce à la rapidité de circulation de l’eau, la pression sur les parois des appareils est moins forte.

IL Eclairage. — A. Considérations générales. — Nous définirons tout d’abord les diverses qualités que doit présenter un bon éclairage au point de vue hygiénique. A ce point de vue il faut tenir compte de trois facteurs importants : l’intensité lumineuse, la chaleur dégagée par le foyer d’éclairage, la viciation de l’atmosphère intérieure de la pièce.

1° Intensité lumineuse. — L’intensité lumineuse doit être subordonnée à l’occupation et au genre de travail et aussi à la couleur des objets. Elle pêche plutôt par défaut que par excès; car aucun foyer artificiel ne peut donner une luminosité comparable à celle du soleil. La myopie, que l’on observe chez les enfants, a, le plus souvent, sinon toujours, comme étiologie l’éclairage défectueux des salles d’études. Pour diffuser uniformément la lumière on place des verres dépolis autour des foyers et, au contraire, pour concentrer la lumière sur l’objet de travail, on se sert d’abat-jour.

2° Chaleur émise par les foyers lumineux. — Cette chaleur peut produire une irritation des paupières, de la conjonctive et de la cornée. C’est un réel avantage de la lumière électrique de ne donner que fort peu de chaleur. Il n’en est pas de même avec le gaz dont un bec de 17 bougies émet par heure 908 calories.

3° Altération de l’air par les produits de l’éclairage. — C’est surtout de l’acide carbonique que produit une source de lumière; ce gaz est peu toxique et la ventilation amenée par le foyer de lumière peut être assez active pour pallier aux inconvénients de cet excès de CO2. Mais le danger de viciation de l’air réside dans la possibilité de diffusion du gaz d’éclairage dans l’atmosphère d’une pièce habitée. Nous dirons simplement que ces accidents présentent une grande analogie avec ceux de l’asphyxie par le charbon; c’est en effet une intoxication par l’oxyde de carbone.

B. Substances employées pour l’éclairage.

1° Le pétrole. — L’usage du pétrole, s’il est permis dans les casernes, est par contre interdit dans les magasins d’habillement et les hôpitaux.

2° Le gaz d’éclairage. — Le gaz d’éclairage est un produit de la distillation de la houille; il est autorisé dans les hôpitaux et peut même concourir à la ventilation en plaçant le bec dans une gaine de ventilation ou au-dessous d’elle. On a plusieurs modèles de becs de gaz : le bec papillon, le bec Argand, mais le plus éclairant et aussi le plus économique est incontestablement le bec Auer. Il donne sa lumière par incandescence d’un cône creux de coton trempé dans une solution d’oxyde de zirconium, de lanthane et d’autres éléments. Ce dispositif donne 4 fois plus de lumière en brûlant la moitié moins de gaz. Le manchon dure 800 à 1 000 heures, il faut ouvrir graduellement le bec de gaz et chauffer au préalable le manchon par le bas. Le bec Auer a l’inconvénient d’être très fragile, de s’user vite et de ne pas se prêter aux déplacements de la source lumineuse.

3° L’électricité. — On a peu essayé l’électricité dans l’armée. Elle n’a été employée comme moyen d’éclairage que dans quelques forts, des casemates, les casernes de Briançon. Elle a l’avantage de diminuer les chances d’incendie, à moins que, par suite d’une altération des fils, ils s’établisse ce qu’on appelle un court-circuit, produisant une incandescence de ces fils.

Il est à désirer, au point de vue hygiénique, que partout où cela sera possible, cet éclairage se substitue à tout autre procédé.

L’éclairage dans nos établissements militaires est tout à fait rudimentaire. Il serait à désirer que, au moins dans nos hôpitaux, on empruntât aux milieux urbains dans lesquels ils sont situés leurs moyens d’éclairage, gaz ou électricité.

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