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CHAPITRE XXIII

MATIÈRES USÉES. ORDURES MÉNAGÈRES ET MATIÈRES FÉCALES COLLECTIONNEMENT ET ÉVACUATION

Matières usées solides.

Matières fécales et urines.

Collectionnement. Latrines. Installation dans les casernes et les hôpitaux. Emmagasinage. Fosses fixes, mobiles.

Evacuation. Vidange simple, à canalisation spéciale.

Les matières usées sont constituées : par les ordures ménagères, les eaux ménagères et les excrétions humaines. On comprend tout l’intérêt qu’il y a à évacuer en dehors des collectivités humaines ces produits dont la nocivité est évidente. Tous, en effet, contiennent des matières organiques putrescibles et des germes vivants pouvant provenir d’organismes atteints de maladies infectieuses. Ils peuvent donc devenir le point de départ de manifestations épidémiques. Il y a lieu de distinguer parmi ces matières usées : 1° les ordures et eaux ménagères; 2° les matières fécales et urines.

I. Ordures ménagères. — Les gadoues ou les ordures ménagères que l’administration d’une ville doit chaque jour évacuer représentent une masse très volumineuse. Aussi, là, plus que partout ailleurs peutêtre, la question hygiénique se double d’une question financière.

A l’intérieur des casernes et des hôpitaux militaires, l’enlèvement des ordures se fait d’une façon défectueuse, à l’aide de voitures de corvée dont le sol et les parois en bois s’imprègnent de liquides organiques et ne peuvent être nettoyés que très difficilement; il serait

II. Matières fécales et urines. — Latrines. — Frankland évalue à 90 grammes de matières fécales et à 1 200 grammes d’urines la quantité évacuée en moyenne par homme et par vingt-quatre heures. Et Pettenkolfer, se basant sur une moyenne annuelle, donne comme chiffre moyen : 34 kilogrammes de matières fécales et 428 kilogrammes d’urines par homme.

Or ces matières fécales constituent, par leur accumulation, un danger permanent pour les agglomérations humaines. Ces matières peuvent en effet provenir de contagieux et propager la lièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie, la tuberculose même. Les éléments virulents peuvent être véhiculés par l’air des cabinets d’aisance à obturation défectueuse; d’autre part par les éclaboussures fécales qui salissent la cuvette et le cadre des latrines, puis par le sol et l’eau qu’ils souillent.

Il importe donc au plus haut point*d’évacuer rapidement au loin ces matières ou de les détruire sur place.

A. Collectionnement des matières fécales et des urines dans l’armée. — Ce collectionnement comprend des latrines de jour, des latrines de nuit et des urinoirs. En outre, on doit, dans l’armée, se préoccuper des bâtiments spéciaux tels que les locaux disciplinaires où actuellement est en usage un simple baquet, des hôpitaux où, à la disposition des malades doivent se trouver des seaux hygiéniques et des chaises percées, enfin l’installation des latrines dans les camps et cantonnements emprunte une importance particulière aux conditions inférieures d’habitation de la troupe dans ces circonstances.

1° Latrines de jour . — En France on compte dans les casernes un siège pour 70 hommes de l’effectif, soit 10 à 12 par bataillon. Disons cependant que les latrines de l’infirmerie, des cantines, du mess des sous-officiers, des salles de jeux, etc., ne sont pas comprises dans ce nombre. En Allemagne, ce chiffre est beaucoup plus élevé puisque le nombre des sièges a été porté à 20 par bataillon. Dans les hôpitaux ce chiffre doit être encore majoré; on ne doit même pas limiter le nombre des latrines dans les établissements destinés à recevoir des malades ou des convalescents.

Ces latrines doivent être installées, ni trop loin du casernement dans les casernes, ni trop loin des salles de malades dans les hôpitaux.

L’isolement doit être aussi complet que possible.

Il faut exiger pour la construction des latrines des matériaux imperméables, faciles à nettoyer, à désinfecter, de construction simple et ne nécessitant pas de soins particuliers.

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