Vallin, Revue d’hygiène, 1893, p. 37G
MATIÈRES USÉES
Les latrines doivent être éclairées largement. En un mot, ainsi que l’a écrit Mangenot 1 : «Plus les cabinets d’aisance seront beaux, nous voudrions dire luxueux même, moins ils seront souillés et plus ils inspireront le goût de la propreté ».
L 'installation des latrines dépend du système de vidange employé, mais on peut appliquer aux latrines considérées en tant que chambre de collectionnement des règles générales.
Une propreté rigoureuse doit être tout d’abord exigée. Or cette propreté ne peut être obtenue que si tout d’abord le constructeur la rend possible.
Les latrines convenablement établies avec un bon éclairage devront être pourvues de papier et on devra veiller à leur bonne tenue. C’est ainsi qu’on pourra donner aux individus appelés à s’en servir des habitudes de propreté, tant il est vrai que la question d’hygiène est d’abord et surtout une question d’éducation.
On aura soin de veiller avec soin à la propreté des parois du cabinet d’aisance et de les badigeonner tous les mois avec du coaltar. Un éclairage suffisant de jour et de nuit est la première condition d’une bonne tenue des latrines. Le médecin principal Lapasset 2 fait voir par un exemple frappant les inconvénients d’une négligence à ce sujet. Par suite de l’obscurité régnant aux latrines d’une caserne, surtout la nuit, les hommes en étaient arrivés progressivement à s’exonérer près de l’entrée. Us sortaient de là véhiculant des parcelles de matières fécales collées à leurs chaussures et les rapportaient ainsi dans la chambrée. Quelques cas de fièvre typhoïde s’étant déjà produits au régiment, Lapasset accusa les poussières fécales d’avoir été cause de l’extension ultérieure de l’épidémie.
Doit-on, dans les latrines des casernes, installer des sièges sur lesquels on est obligé de s’asseoir ou au-dessus desquels on s’accroupit?
Les avis sont très partagés sur cette question, beaucoup d’hygiénistes se sont prononcés pour les sièges assis. Us sont en effet plus commodes et cette commodité devra, dans les hôpitaux, imposer leur installation, du moins pour un certain nombre de latrines, car la défécation accroupie suppose une certaine vigueur et un grand nombre de malades sont obligés de s’asseoir. Mais à côté de cet avantage et d’autres d'ailleurs beaucoup plus théoriques que pratiques se trouvent de nombreux inconvénients. Tout d’abord le siège assis, par la suspicion dont il est l'objet au point de vue de la propreté, est mal accepté par les hommes, qui montent alors sur la cuvette et la trans-