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Lapasset, IIIe Congrès de Vhabilation

forment en un trou à la turque, rapidement malpropre. Nous avons pu voir de nombreuses installations semblables dans plusieurs casernes ou hôpitaux de Belgique et en Hollande: l’appréciation qui en est faite par les officiers et médecins est nettement défavorable au système.

De plus, les sièges sont, par leur construction elle-même, une cause de danger. Dans la défécation assise, la verge, la peau de la partie postérieure des cuisses et des fesses touchent le rebord de la cuvette, d’où la possibilité de la transmission de maladies vénériennes, en particulier h Ces multiples inconvénients, sans doute, n’existent pas dans les maisons particulières, aussi y a t-on adopté ajuste titre le système avec siège; mais dans les collectivités il n’en est plus de même, et dans les établissements contenant des agglomérations humaines, exception faite des hôpitaux dont nous avons parlé plus haut, doit-on adopter les trous à la turque :

« Si, dit A. Laveran1 2, les hygiénistes qui préconisent les sièges étaient obligés de fréquenter une latrine de caserne, nous pensons qu’ils aimeraient mieux s’accroupir que de s’asseoir sur un siège souvent malpropre, toujours suspect, et que, s’ils se trouvaient en présence d’un siège, beaucoup s’efforceraient de monter dessus; pour notre part nous n’hésiterions pas. Comme nous ne devons pas faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qui nous fût fait, nous nous prononcerons en faveur des sièges sur lesquels on peut s’accroupir. »

La position accroupie est d’ailleurs plus favorable à l’exonération.

On doit distinguer parmi les sièges utilisables pour la position accroupie ceux qui possèdent une cuvette et ceux qui n’en ont pas.

Les premiers ont l’inconvénient de nécessiter des nettoyages fréquents ; ils ne sont donc guère indiqués dans les casernes, à moins de disposer de chasses automatiques abondantes.

Les dispositions actuelles dans un grand nombre de casernes sont celles du « trou à la turque ». Il consiste en une sorte de plateforme en maçonnerie ou en métal au milieu de laquelle est ménagé un orifice de 20 à 25 centimètres de diamètre. Les matières sont projetées directement dans le récipient, fosses fixes ou mobiles. L’adjonction à l’orifice d’un tuyau de descente est mauvaise, car les matières ne tardent pas à tapisser l’intérieur, à s’y dessécher et à répandre dans l’atmosphère une odeur nauséabonde.

Les urines émises par l’homme accroupi étant projetées en avant on a adjoint à ces plates-formes ou coquilles des urinoirs afin d’assurer

1. M. T. Brennau, dans la Revue médicale du Canada , publie une observation où la blennorragie fut transmise par le siège des latrines.

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l’écoulement des urines dans l’orifice qui donne passage aux matières fécales. Cet écoulement est obtenu au moyen de caniveaux recouverts de grilles en cuivre ou en fer, le sol étant en plomb ou en grès cérame ; les grilles doivent être nettoyées avec beaucoup de soin; sans cela, elles s’incrustent de sels et donnent ainsi lieu à des dégagements de gaz ammoniacaux. On pourra les badigeonner tous les huit jours, avec un lait chaux à 20 p. 100, après nettoyage avec une solution d’acide chlorhydrique à 20 p. 100.

Bien préférables sont les modèles de sièges en grès vitrifié, constitués par une cuvette profonde à bords inclinés de haut en has et de dehors en dedans, présentant de chaque côté de l’orifice ménagé au niveau du tiers postérieur, des blocs allongés, surélevés destinés à l’emplacement des pieds. La paroi postérieure est presque verticale de façon à ne pas arrêter des débris de matières fécales; la paroi antérieure, qui forme un plan incliné, est assez vaste pour que le jet d’urine n’en dépasse pas l’extrémité antérieure. Cette cuvette, qui représente en somme une modification du trou à la turque, devrait être adoptée pour toutes les casernes. Un modèle dû au colonel du génie de Prémesnil a été installé au Val-de-Grâce, et donne toute satisfaction.

Cependant les surfaces exposées à être souillées sont encore trop étendues. Pour nous, l’orifice au lieu de présenter une forme arrondie, devrait constituer une véritable tranchée à grand axe antéro-postérieur, analogue à celle des feuillées, sur les côtés de laquelle s’élèveraient les emplacements des pieds.

Ces cuvettes, dans les installations du tout à l’égout, donnent en général sur un récipient demi-cylindrique rempli d’eau au travers duquel passe d’heure en heure une chasse réglée automatiquement. Ce récipient est en général trop rapproché de la cuvette et salit le visiteur de ses éclaboussures, au moment de la chute du bol fécal. Il devrait être placé plus bas.

Les latrines de nuit des casernes sont constituées par des tinettes ou baquets métalliques disposés à chaque étage, selon les prescriptions de l’instruction ministérielle du 30 mars 1895. Elles ne doivent recevoir que les urines. Ces récipients sont enlevés et désinfectés au réveil et replacés après l’appel du soir. L’ instruction prévoit l’imperméabilisation du sol au niveau de ces emplacements. Malgré toutes les précautions prises, ces tinettes dégagent de telles odeurs qu’il vaudrait mieux les supprimer. La construction de latrines en encorbellement s’impose d’une façon urgente.

Dans les locaux disciplinaires il existe, notamment dans les salles de police, des baquets, ce qui constitue un simple collectionnement,

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non une évacuation. Aussi doit-on demander la suppression des baquets et construire des édicules spèciaux analogues à ceux qui existent dans les cellules.

• Dans les hôpitaux les latrines doivent être munies d’un certain nombre de sièges ci position assise. Les cuvettes avec ou sans retenues d’eau sont recouvertes généralement d’un « abattant », siège en bois qu’un ressort maintient appuyé contre le mur dans l’intervalle des visites. Chaque visiteur l’abaisse pour s’asseoir. Cette disposition présente l’avantage qu’on ne peut monter que difficilement sur la cuvette, mais avec un peu d’adresse on peut monter sur l’abattant luimême. D’autre part ce siège se souille facilement, et lorsque par suite du relâchement du ressort l’abattant reste sur la cuvette, ce qui arrive souvent, il se produit entre sa face inférieure et le bord supérieur de la cuvette une accumulation de matières difficile à surveiller. Aussi doit-on abandonner complètement ce dispositif et installer des cuvettes à bord larges et arrondis, en faïence ou en grès vitrifié, dont la propreté peut être contrôlée facilement, et dont le nettoyage est aisé. Ces cuvettes devront être ovales, allongées dans le sens antéro-postérieur, de façon que la verge trouve sa place sans frotter contre le rebord de la cuvette. Les parois devront avoir une pente se rapprochant autant que possible de la verticalité.

Les urinoirs employés dans les casernes peuvent se ramener à deux types principaux : les urinoirs à retenue d’eau et à auges, et les urinoirs à paroi verticale.

Les urinoirs à retenue d'eau sont constitués soit par des réservoirs fixés au mur, soit par de longs caniveaux ayant la forme d’auges.

Les premiers doivent toujours contenir une certaine quantité d’eau afin d’assurer une fermeture hydraulique.

Les seconds sont maintenus remplis d’eau au moyen d’un écoulement continu ou au moyen de chasses automatiques intermittentes. Ces urinoirs, pour demeurer propres, doivent être fréquentés par des personnes soigneuses, veillant à ce que l’urine tombe bien dans l’auge ou dans le pot applique.

Les urinoirs à paroi verticale sont préférables pour les hôpitaux et casernes. Ils se composent d’une surface verticale imperméable au bas de laquelle se trouve une rigole qui reçoit burine et l’eau de lavage.

L’ardoise en raison de sa facilité de travail et de son prix peu élevé est la matière la plus généralement adoptée. Elle est d’ailleurs peu perméable, qualité première et qu’on doit avant tout rechercher.

Le verre est une excellente substance, absolument imperméable et facilement désinfectable et devrait être préféré à l’ardoise si sa fragilité ne devait le faire rejeter des casernes. Le verre armé dont on

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commence à faire usage mériterait d’être essayé, à cause de sa solidité.

Enfin, plus récemment, on a créé des urinoirs en opaline laminée, sorte de verre opaque moins fragile que le verre et se laissant plus facilement travailler.

Le lavage de l’urinoir peut être assuré, soit par un écoulement d’eau continu ou intermittent, soit par un graissage avec l’huile lourde de houille1. M. le médecin inspecteur Vallin2 conseille encore un badigeonnage avec une dissolution de paraffine dans l’essence de pétrole.

Le lavage à l’eau a l’inconvénient de nécessiter une grande quantité d’eau.

Le graissage est un excellent moyen à condition d’être précédé d’un décapage soigneux de la surface à l’aide d'une brosse en chiendent trempée dans une solution d’acide chlorhydrique à 1 p. 100.

Seaux hygiéniques, chaises percées dans les hôpitaux. — Dans les hôpitaux, les malades souvent ne peuvent se rendre aux latrines. On se sert encore de chaises percées en bois, mais cet appareil doit être, rejeté, car le bois s’imprègne facilement et, malgré tous les soins dont on peut les entourer, ces chaises deviennent rapidement une source d’odeurs infectes.

Elles ont d’ailleurs, dans la plupart des hôpitaux militaires, été remplacées par des seaux dits hygiéniques. Ces derniers ont sur les chaises percées l’avantage d’être en métal : mais le mode de construction est à rejeter. Ils portent en effet une soupape, tout à fait illusoire, car les matières fécales, papiers, etc., empêchent son fonctionnement.

Ils doivent être remplacés par de simples seaux en fer galvanisé ou mieux en faïence, ou même en verre, sur lesquels on pourrait placer un rond d’ébonite. Chaque malade pourrait avoir un rond particulier. Ces appareils, facilement désinfeetables, permettraient d’éviter tout danger de contagion ou d’infection. L’orifice doit affecter la forme ovale à grand axe antéro-postérieur.

Cependant, pour certains malades très affaiblis, ces seaux hygié^ niques ont l’inconvénient de ne pas posséder de point d’appui pour le dos et pour les bras. On supplée au premier en plaçant le seau près d’un lit, d’un mur de la chambre. Mais le malade n’est pas soutenu latéralement. On pourrait se servir du simple cadre d’un fauteuil dont le siège serait remplacé par le seau hygiénique sur lequel le malade s’assiérait directement.

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