Vallin, Revue d’hygiène
Inutile d’ajouter que tous ces sièges ou récipients devraient être à surface lisse et blanche afin de pouvoir être tenus dans le plus grand état de propreté.
B. Emmagasinage des matières fécales et urines et évacuation. — - L’emmagasinage peut se faire localement, dans la maison d’habitation elle-même; c’est l’emmagasinage local assuré au moyen des :
1° Fosses fixes ; 2° fosses Mouras; 3° fosses mobiles, système diviseur; 4° systèmes à la terre et aux poussières sèches.
Mais, répondant à un principe plus hygiénique, les matières fécales peuvent être entraînées au loin immédiatement. On pratique alors un emmagasinage général, collectif qui se fait *
5° par canalisation spéciale ;
6° par le tout à l’égout.
Emmagasinage local :
1° Fosses fixes. — Les fosses fixes consistent en chambres plus ou moins grandes, creusées dans le sol. Les parois et le fond doivent en être maçonnés et recouverts d’enduits imperméables. En pratique, l’étanchéité de ces fosses est suspecte et on sait que leur perméabilité peut être une source de contamination de la nappe d’eau souterraine et des puits à proximité desquels elles se trouvent le plus souvent.
2° Fosse Mouras. — A l’origine du système diviseur se trouve la fosse Mouras. Elle est sans contredit un perfectionnement considérable, car elle supprime en grande partie les multiples inconvénients que présentent les fosses fixes et on peut la définir « une fosse fixe qui fait de la division des matières ».
La fosse Mouras est essentiellement constituée par un récipient auquel aboutit un tuyau de chute et d’où part un tuyau se rendant à l’égout. Il n’y a pas de tuyau d’aération. La fosse doit être hermétiquement close. Il se forme dans cette fosse trois couches distinctes : une première couche dénommée « chapeau » ou « ciel » et mesurant environ 25 à 30 centimètres est formée par les matières fécales fraîches qui, plus légères que l’eau, se tiennent à la surface; une deuxième couche, liquide, dans laquelle se dissolvent les gaz et l’air que renferment les matières fécales au moment de l’expulsion et qui, par suite de la fermentation postérieure à l’exonération, finissent par être mis en liberté; les matières ainsi désagrégées deviennent plus lourdes et se déposent lentement au fond du réservoir constituant ainsi la troisième couche, couche solide qui demeure presque toujours au même niveau. En effet, dans la couche médiane liquide, complètement à l’abri de l’air, se développent des microbes anaérobies grands destruc-
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teurs de matière organique, et ainsi s’explique la stabilité du niveau de la troisième couche.
Le trop-plein de la fosse s’écoule par un tuyau dans l’égout. Ce modèle de fosse est utilisé en grand par la ville de Bordeaux.
Plusieurs modifications et perfectionnements ont été apportés au schéma que nous venons de décrire.
La modification de Lande et Mauriac consiste à faire déverser le trop-plein liquide dans une seconde fosse à l’aide d’un siphon faisant communiquer les deux réservoirs et constituant ainsi une sorte de bassin de décantation.
Deplanque remplit la fosse Mouras d’un lait de chaux qui vient jouer vis-à-vis des matières fécales le rôle d’un désinfectant.
Dans le système Amoudruz, de Genève, la fosse, construite en métal ou en ciment, contient une grande quantité d’eau où viennent tomber les matières. Le modèle a été utilisé en 1893 aux Magasins du Louvre.
Dans le système Pagliani et Baiselli 1 la fosse, construite en maçonnerie, est située dans la cave. On la remplit de tourbe, dont on utilise le pouvoir purificateur et désodorisant. Les matières organiques sont retenues par la tourbe et la transforment en engrais. Au bout de quelques mois on remplace cette « tourbe-engrais » par de la tourbe fraîche. Comme dans le système primitif, les liquides filtrés par la tourbe s’en vont dans les égouts.
La fosse septique Bezault diffère de la fosse Mouras en ce que la cloison qui sépare les deux compartiments est percée de petites ouvertures longitudinales placées sous la surface du liquide. De plus, pour empêcher qu’un courant d’air s’établisse entre le tuyau de chute et le tuyau de sortie, la première chambre a été partagée en deux par une cloison. Enfin il existe un tube d’échappement pour les gaz dont la conservation dans la fosse nuirait au travail microbien.
3° Fosse mobile. — Elle consiste en un tonneau ou cylindre placé sous la cuvette des cabinets et remplacé, lorsqu’il est plein, par un récipient vide.
Plusieurs modèles ont été proposés pour remplir ce but.
Les tinettes filtrantes, constituant un système diviseur type, répondent à ce principe que le volume des liquides étant beaucoup plus grand que celui des solides, un récipient qui recevra le tout sera trop fréquemment rempli.
Elles se composent donc : 1° d’un réservoir métallique à parois pleines qui, par sa partie inférieure est mis en communication avec