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I. Revue d’hygiène, 1882, p

l’égout; 2 un réservoir mobile, percé de trous dans toute sa hauteur, concentrique au premier.

Théoriquement les matières solides sont retenues dans le récipient intérieur, tandis que les matières liquides, filtrant à travers les trous, se rendent à l’égout. Mais ces matières liquides entraînent avec elles des particules solides et, de plus, cette filtration ne s’accomplit pas toujours aussi facilement et les tinettes alors ne tardent pas à déborder, elles débordent même toujours (Vallin1).

Malgré ce défaut, la tinette-filtrante a été utilisée en grand à Paris sous le nom de tinette Pranger.

Paris comptait en effet, en 1880, 15 504 tonneaux mobiles (Vallin), en 1899, 26 142 tinettes filtrantes (Proust).

4° Earth-system. — Le système à la terre part de ce principe que la terre est un bon désinfectant des matières fécales qu’elle désodorise entièrement et devient à leur contact un excellent engrais.

C’est tout d’abord un moyen facile à improviser. Un simple tonneau défoncé et placé sous la lunette des cabinets constitue la tinette. Un tas de terre sèche se trouve à proximité et le visiteur n’a qu’à jeter après chaque défécation une pelletée de terre.

L’earth-system est très répandu en Angleterre, en Belgique, en Hollande, aux Indes, les cendres du foyer remplacent l’eau projetée sur les déjections humides dans les fosses fixes ou mobiles.

Ce système, modifié par MM. Goux et Thuasne (1867), est depuis longtemps employédansl’armée2sous lenomde tinette Goux-Thuasne. La tinette est constituée par un récipient cylindrique d’une contenance de 130 litres environ. Elle est garnie de matières absorbantes (paille hachée, poussières, etc.) réparties au fond et contre les parois; pour faciliter cette répartition, un moule cylindrique, d’un diamètre plus petit que celui de la tinette, est placé au milieu de celle-ci pendant le remplissage et retiré lorsque l’opération est terminée. On peut mêler des désinfectants à la matière absorbante.

En 1871, au camp de Satory, les tinettes étaient garnies avec le mélange suivant :

Ghènevotte (paille de chanvre) 2 hectolitres.

Feuilles de chanvre 2 ' —

Déchets de laine 1 —

Gadoue desséchée 1/2 —

Sulfate de fer pulvérisé . 1/4 —

1. Vallin, Rapport à la Commission technique de l’assainissement de Paris , 29 mars 1883.

2. Circulaire du 5 février 1894, prescrivant de transformer les latrines d’anciens types d’après le système des tinettes mobiles.

MATIÈRES USÉES

Les Allemands emploient la poudre de tourbe qui jouit d’un pouvoir absorbant considérable ; Poore recommande la sciure de bois, comme donnant d’excellents résultats.

Les tinettes ainsi préparées sont placées dans des chambres maçonnées à parois et sol imperméables. Lorsqu’elles sont pleines elles sont échangées contre des tinettes vides et conduites au dépotoir ou ù l’usine qui doit en utiliser l’engrais.

Les matières contenues dans ces tinettes constituent en effet un engrais riche en azote et en acide phosphoriquë, à peu près analogue au fumier de ferme.

Ainsi comprises, les tinettes Goux-Thuasne sont un excellent système de vidange qui peut, surtout dans des installations provisoires

Fig. 77. — Coupe d'une tinette Goux.

(camps, hôpitaux temporaires, etc.), rendre de grands services. Mais plusieurs précautions doivent être prises si on veut retirer de ce mode d’emmagasinage tous les avantages qu’il présente.

La garniture du récipient doit être faite avec soin et ne pas consister en de simples bouchons de paille, comme cela se fait le plus souvent. Il ne doit jamais être jeté d’eau dans les tinettes, car, par ce moyen, on détruit l’action des poussières sèches sur les urines et sur les matières fécales, et si la tinette contient trop de liquide les fermentations destructives ne tardent pas à s’arrêter. Gette adjonction de liquide et l’absence de corps absorbants rendent d’autre part le transport et la manutention des récipients excessivement difficiles. Ils laissent échapper une grande partie de leur contenu sur le sol.

La chambre renfermant la tinette comportera des parois imperméables et être badigeonnée souvent au lait de chaux ou au coaltar. Elle devra posséder une fermeture hermétique.

En pratique, le système Goux est appliqué dans nos casernes d’une façon absolument défectueuse. Souvent l’adjudicataire des tinettes Goux est en même temps l’adjudicataire de la paille de couchage, et cet industriel est autorisé à utiliser cette paille pour garnir les tinettes. Cette pratique n’aurait aucun inconvénient si, en même temps, on avait soin d’insérer dans le cahier des charges que la paille doit être hachée menue. On devrait exiger en outre une certaine quantité de terre desséchée ou de sciure de hois ou de paille d’avoine. Nous posséderions ainsi un mode d’emmagasinage excellent, n’exigeant pas la dépense d’eau résultant de l’application du tout à l’égout. Mais étant données les réelles difficultés d’application du système, il ne peut être mis en balance avec le tout à l’égout, toutes les fois que celui-ci peut être appliqué.

Il reste cependant le procédé de fortune le plus pratique d’évacuation et d’emmagasinage des matières fécales dans les camps.

Il sera nécessaire, en temps d’épidémie, de mélanger à la matière absorbante un désinfectant tel que le sulfate de fer1 en solution à 5 p. 100 et au taux de 90 grammes par personne, ou Je lait de chaux à 20 p . 100 au même taux.

Quoi qu’il en soit, la tinette Goux, ainsi que toutes les tinettes mobiles, offre le ‘grave inconvénient de conserver les matières fécales presque à l’état permanent à la caserne. On conçoit tout le danger d’une pareille manière de faire si on songe que dans les régiments un grand nombre de fièvres typhoïdes frustes ou de dysenteries se produisent au cours de l’année. Si la chambre dans laquelle est enfermée la tinette n’est pas bien close, si le sol et les parois ne sont pas tenus en grand état de propreté, les mouches qui foisonnent autour peuvent devenir des vecteurs importants de contagion. La chose est encore plus à craindre dans les camps, où les aménagements sont plus rudimentaires. U y a donc lieu de rechercher, pour ces derniers surtout, un mode d’évacuation des matières fécales moins dangereux.

Nous verrons tout à l’heure, dans l’étude consacrée aux fosses septiques et lits bactériens, les installations relevant de ce système qui pourraient convenir aux petites comme aux grandes collectivités.

Quant au traitement chimique des matières fécales et urines, il présente une sécurité trompeuse.

Les travaux de Vincent2, en France, sur la désinfection chimique des matières fécales normales et pathologiques, ceux de Kayser3, en Allemagne, prouvent qu’il est impossible de désinfecter les matières

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