‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 2 sur 252 · Cyropédie, traduction de Charpentier, 1749, p · texte numérisé non relu

Cyropédie, traduction de Charpentier, 1749, p

2. Bard, La mortalité et les maladies dans les milieux militaires, Presse médicale , avril 1904.

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vu

nistes. L’hygiène, d’ailleurs, et la prophylaxie des maladies épidémiques ne connaissaient guère que les quarantaines et les cordons sanitaires et n’étaient pas encore une science. Aussi le corps de santé renfermait-il les notabilités de la chirurgie et on voit au xvnc siècle les chirurgiens militaires tenir la première place dans les Universités et dans les Académies. Mais bientôt les armées deviennent plus nombreuses, on a plus souci de la vie humaine, et les médecins d’armée commencent à étudier les maladies épidémiques qui sévissent sur les troupes en campagne.

C’est, en effet, de la tin duxvn6 siècle1 que datent en France les premiers ouvrages des médecins d’armée sur les maladies épidémiques, et l’étude attentive des moyens propres à les prévenir et à en arrêter la propagation.

Remy-Lefort, en 1681 2, décrit les maladies le plus souvent observées chez le soldat. Dezou 3, médecin ordinaire des hôpitaux et des armées du Roi en Italie, élève de Rœrhaave et de Rivière, étudie plus spécialement les fièvres paludéennes et la dysenterie. Mais l’hygiène militaire proprement dite trouve son premier maître en de Meyserey4, qui attribue un rôle prépondérant à l’air, à l’eau, aux aliments et à l’habitation dans la transmission des germes pathogènes encore hypothétiques, mais reconnaissables sous les termes de miasmes et de vapeurs. Médecin ordinaire du Roi, correspondant de l’Académie royale des sciences, médecin des armées en Ralie et en Allemagne, de Meyserey publia en 1754, sous le titre de Médecine d'année , deux volumes où il rapportait ce qu’il avait observé d’avantageux et de contraire aux « hommes sains, malades ou convalescents ».

Après avoir donné des conseils pour l’établissement des camps et bivouacs, principal objectif et souci des médecins militaires de cette époque où les guerres se succédaient sans

1. J. des Cilleuls, Les études épidémiologiques dans l’armée française au xvne et xviiic siècles, Bull, mèd., 1908, p. 67.

2. Le Médecin d'armée ou les entretiens de Polémiatre et de Léoceste, Paris, 1684.

3. Lettres sur les principales maladies qui ont régné dans les hôpitaux de l'armée du Roy en Italie pendant les années 1734, 1735, 1736, Paris, 1741.

4. Méthode aisée et peu coûteuse de traiter avec succès plusieurs maladies épidémiques, 1758, Bull. 1908, p. 108.

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interruption, de Meyserey passe en revue les principaux desiderata de l’hygiène militaire concernant le casernement, l’eau de boisson, l’alimentation et la propreté.

C’est ainsi qu’il attire l’attention sur l’ouverture des fenêtres à intervalles réguliers, le jour et la nuit, pour purifier l’atmosphère des chambrées, et l’application de « grosse toile un peu usée » à des trous pratiqués dans la muraille pour produire une aération continue. Ne reconnaît-on pas là l’idée qui a fait préconiser les feutres, toiles métalliques, vitres perforées, comme mode de garniture des fenêtres ? Portius 1 et Duhamel de Montceau 2 démontrent également la nécessité de lutter contre le méphitisme de l’air des locaux habités et insistent sur quelques moyens propres à purifier et à renouveler l’air.

Duhamçl de Montceau préconisa le premier les hottes appliquées aux fenêtres. De Meyserey ordonne l’éloignement immédiat des récipients destinés à recevoir les matières fécales et urines, et recommande le badigeonnage des parquets à la chaux.

Les dangers occasionnés par Veau n’échappèrent pas à de Meyserey. 11 décrivait soigneusement les caractères que doit présenter toute eau potable, et donnait les moyens de « corriger » les eaux corrompues. On devait les traiter par le repos, la décantation, le filtrage et l’adjonction, pendant l’ébullition, de plantes acides, d’alun ou de vitriol.

Au point de vue de l’alimentation du soldat, l’auteur signalait les dangers de l’absorption des viandes provenant d’animaux maigres, vieux ou harassés de fatigue, comme aussi ceux qu’occasionnait l’ingestion de pain mal cuit3 4 ou moisi, ou fabriqué avec des farines avariées ou de seigle ergoté. Il donnait, en outre, la description et la composition de tablettes de viande incorruptibles dont il vantait l’usage en campagne.

1. Portius, La Médecine militaire, traduit successivement en 1686, 1701, 1728, 1739, 1744.

2. Duhamel de Montceau (1729-1770), Moyens de renouveler l’air des infirmeries. — Moyens de conserver la santé des équipages de vaisseaux, etc.

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