Imbeaux, Assainissement des villes, p
LE TOUT A L’ÉGOUT
épurer les eaux-vannes. Celles-ci, après avoir été acidifiées par de l’acide sulfurique, sont portées à une température de 101 à 102°. Elles sont ensuite évaporées, séchées et transformées en poudre. Ce procédé est employé à Trouville où fonctionne l’usine de Touques.
Les procédés de décantation ont eu un succès beaucoup plus grand en Angleterre et en Allemagne où ils ont été surtout essayés.
Auprès de Londres et pour les eaux-vannes de cette ville on a installé le grand bassin de décantation de Barking. Là les eaux-vannes se débarrassent de leurs boues qui sont ensuite aspirées et transportées au large par des bateaux spéciaux.
A Bondy, près de Paris, on utilise ce procédé de décantation, qu’on a appliqué aux matières usées provenant des tinettes, fosses mobiles, fosses fixes, etc.
Les matières extraites des fosses fixes, aspirées de l’habitation au moyen de pompes à vapeur sont transportées par des voitures adaptées à cet usage aux usines de sulfate d’ammoniaque.
Les matières pâteuses qu’on retire du fond des fosses et des tinettes mobiles ou filtrantes sont portées dans des dépotoirs à air libre, sortes de fosses dont les parois sont en terre absorbantes. Là elles se conduisent absolument comme le font les matières fécales et urines reçues dans la fosse Mouras ou dans le Septic-Tank que nous étudierons plus loin.
b) Procédés chimiques. — Les procédés chimiques permettent en somme une épuration mécanique plus parfaite que les procédés purement physiques.
Ils sont basés pour la plupart sur l’emploi de la chaux ou les sels de fer. Ces corps ont la propriété de rendre insolubles et de précipiter certaines substances organiques renfermées dans les eauxvannes, et ce précipité entraîne les autres substances en suspension.
Les procédés assurant l’épuration chimique des eaux-vannes sont très nombreux. Ils di lièrent peu cependant les uns des autres car ils ont tous comme principe l’association de la chaux à des solutions de manganèse, de chlorure de magnésium, de goudron de bouille, de sulfate de fer et de diverses autres compositions tenues secrètes par leurs auteurs. Il nous paraît donc inutile d’entrer dans les détails des opérations.
c) Procédés biologiques. — Les procédés biologiques mettent en jeu la propriété qu’ont l’air, la lumière, les bactéries et autres organismes inférieurs de décomposer la matière organique, de la transformer en une série de corps de plus en plus simples en l’oxydant, pour en faire en dernier lieu des produits gazeux et de la
matière minérale ayant perdu leurs qualités nocives. Sous cette forme les matières organiques peuvent être assimilées par les plantes et rentrer ainsi dans le cycle universel. Telle est l’action provoquée par l’épandage des eaux d’égout sur le sol naturel ou sur un sol artificiellement constitué par la main de l’homme auquel on a donné le nom de lit bactérien.
1. Épandage sur le sol naturel. — L 'épandage sur le sol naturel a été pratiqué depuis la plus haute antiquité, mais les études scientifiques à ce sujet ne datent guère que de la seconde moitié du xixe siècle. Appliqué en France, pour la première fois à Reims en 1847, il fut adopté pour la ville de Paris en 1897, après des essais de Mille et Durand-Claye commencés en 1866, et malgré l’opposition de Pasteur qui, en 1888, protesta contre l’adoption d’un système qui favoriserait la pullulation des germes pathogènes.
Le bon état sanitaire de Gennevilliers qui, en 1884, échappait à l’épidémie de choléra, dissipa ces craintes. Mais, depuis, les incidents de Pierrelaye-Méry et Carrières-Triel vinrent démontrer que, dans certaines circonstances, le système peut présenter un réel danger lorsque, par exemple, le sol est fissuré, comme dans ces localités. Il faut donc faire un choix basé sur la nature du sol et du sous-sol.
De ce fait, bien des villes peuvent se trouver dans l’impossibilité d’adopter le procédé.
Au début, à Paris et à llerlin, l’épandage sur sol naturel fut associé à la culture, et cela non dans un but d’hygiène, mais pour recouvrer en partie les frais d’établissement et d’entretien du système. L’épandage devenu agricole réussit d'ailleurs d’une façon complète. Mais on s’aperçut au bout d’un certain temps des inconvénients matériels de cette association. Des terrains qui pouvaient épurer primitivement 2 à 300 000 mètres cubes d’eaux-vannes par hectare et par an, virent tomber leur rendement à 40 000 mètres cubes, puis à 23 000 et encore au-dessous. Les besoins de l’agriculture étant variables avec les saisons, avec le temps..., il se produit souvent une diminution considérable du taux des irrigations.
Pour obvier à ces inconvénients on a procédé à des irrigations intermittentes (six heures de contact et dix-huit heures de repos) en prairie ou sur des terres en jachère. Le rendement des terrains irrigués ainsi s’est accru dans des proportions considérables, et M. Vincey 1 a fait voir tout le parti qu’on pouvait tirer des pâturages ainsi aménagés.
Des essais faits à Achères dans ces derniers temps ont permis