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Calmette, loc. cit., vol. II, p

LE TOUT A L’ÉGOUT

D’ailleurs on cite constamment aussi les champs d’épandage de Reims comme un exemple démontrant l’absence de colmatage des terrains d’irrigation. Or Reims n’y envoie pas les matières fécales. Toutes ces questions demandent donc de nouvelles études, conduites avec une grande rigueur scientifique, et publiées avec prudence.

Quant aux dangers sanitaires relevés pour les champs d’épandage sur sol naturel, ils subsistent en partie pour les lits bactériens. Si l’absence de culture, qui, d’ailleurs, peut être imposée au sol naturel supprime les craintes d’infections relatives à la consommation des produits agricoles, on peut voir les procédés bactériens provoquer l’infection de la nappe souterraine par des eaux incomplètement épurées, et les mouches ou moustiques fréquentant la surface des sols naturels irrigués, abondent aussi sur les lits aérobies. La fosse septique, d’autre part, répand autour d’elle des odeurs aussi nauséabondes que celles qui proviennent des champs d’épandage.

En somme la combinaison et l’association des deux méthodes paraît rationnelle pour des villes possédant déjà des champs d’épandage; elle peut également être adoptée pour les villes ayant à proximité des terrains irrigables. La méthode bactérienne pure semble indiquée surtout pour les agglomérations urbaines ne possédant pas un sol convenable ou présentant une population moyenne.

La question des boues reste entière pour les systèmes préconisés jusqu’ici. Une visite à la sortie du grand égout collecteur de Paris et aux différentes usines élévatoires suffit à nous édifier à cet égard. Leur enlèvement, leur évacuation ou leur destruction sont pour l’épandage sur le sol comme pour les lits bactériens un problème qui attendra probablement encore longtemps sa solution.

Si enfin l’épandage sur le sol exige l’achat de grandes étendues de terrains, la méthode bactérienne demande, pour être bien appliquée, des appareils perfectionnés et un personnel spécial. La commission royale anglaise, dans son rapport du 7 août 1908, montre qu’au point de Vue financier, l’une et l’autre exigent à peu près les mêmes sacrifices. La Commission d’études1 de la Société de médecine publique se rallie à cette opinion.

1. Beciimann et Le Couppey de La Foiiest, Société de médecine publique et de génie sanitaire, 22 déc. 1909, Revue d’hygiène , janvier 1910, p. 112.

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