CHAPITRE XXY
PERSONNEL — MATÉRIEL — DÉSINFECTANTS
Désinfection. Personnel et matériel. Appareils à désinfection.
Appareils à vapeur. Étuve Genestc-Herscher. Étuve Vaillard et Besson. Appareils utilisant la lessive bouillante : Appareil Dehaitre. Pulvérisateurs. Appareils utilisant le formol. Station de désinfection.
Désinfectants. Expertise d’un désinfectant. Désinfectants réglementaires. Formol. Chlorure de zinc. Sulfate de cuivre. Chlorure de chaux. Sublimé. Acide phénique. Crésyline. Alcalins : chaux, lessive de soude, solutions de savon, hypochlorites de potasse et de soude (eau de Javel).
Les agents de transmission des maladies contagieuses sont contenus soit dans les produits d’excrétions des malades et convalescents, soit dans les organes des animaux vivants qui nous entourent. Les insectes, moustiques, mouches, puces, punaises, ou les petits animaux, rats et souris, jouent à ce point de vue un rôle que les découvertes modernes étendent tous les jours. Détruire ces agents partout où ils se trouvent est le but de la désinfection . Cependant on réserve plus spécialement ce dernier terme à la stérilisation des produits d’excrétions morbides, tandis que la destruction des animaux et des insectes prend le nom de désinsection. Cette division est d’autant plus légitime que les deux opérations empruntent à l’arsenal hygiénique des procédés différents. Des antiseptiques comme le formol annihilent les microbes et leurs toxines, sans tuer les insectes; l’acide sul-
fureux, au contraire, impuissant contre les éléments microbiens, tue sûrement les rats et les insectes. De là deux chapitres consacrés l’un à la désinfection proprement dite, l’autre à la désinsection. Un troisième sera consacré aux mesures prophylactiques d’isolement et de surveillance applicables aux principales maladies épidémiques observées dans l’armée.
I. Désinfection. — La désinfection a pour but de détruire les agents pathogènes, ou, tout au moins, de rendre inoffensifs les germes Tirulents que le malade répand autour de lui. C’est sur la pratique de l’isolement et de la désinfection que repose, en dehors de la vaccination préventive, toute la prophylaxie des maladies contagieuses.
Toute maladie contagieuse peut être regardée comme une maladie microbienne, c’est-à-dire ayant pour cause un élément vivant que l’homme peut atteindre et détruire.
Comprises ainsi, les maladies contagieuses voient leur cadre s’élargir et on peut dire que nombre d’affections, considérées comme banales : bronchites, angines simples, broncho-pneumonies..., offrent dans certaines circonstances le même danger que la rougeole, la scarlatine, etc.; sans doute elles ne sont pas toujours aussi contagieuses que ces dernières, mais on doit cependant regarder les excrétions provenant des individus atteints comme pouvant propager la maladie, surtout lorsque les produits excrétés sont frais.
On peut conclure de ces quelques considérations au rôle étendu de la désinfection et de l’isolement. Isolement rigoureux du malade et des objets qu’il souille, désinfection au cours de la maladie et après la guérison. Des deux mesures, il faut le dire, la première apparaît comme la plus importante, puisqu’elle met à l’abri des éléments pathogènes fraîchement expulsés par le malade et par cela même des plus virulents.
La seconde est un moyen de lutte complémentaire; elle permet parfois de diminuer la rigueur de la première et, à ce titre, peut être une ressource précieuse pour combattre efficacement la propagation des maladies contagieuses.
Une désinfection scientifique doit être méthodiquement conduite par des agents instruits spécialement et opérée à l’aide de produits ou d’appareils offrant toute garantie.
A. Personnel affecté à la désinfection dans l’armée. — Actuellement on a organisé dans les hôpitaux militaires des cours pratiques de désinfection (emploi des étuves fixes et locomobiles et opérations diverses) auxquels sont admis un certain nombre de militaires des sections d’infirmiers.
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Ces cours sont actuellement faits dans un certain nombre de centres, à savoir :
1° A l’hôpital militaire de Lille pour les infirmiers des lre et 2e sections.
2° A l’hôpital militaire du Val-de-Gràce pour les infirmiers des 22% 24% 5% 3e et 9e sections.
3° A l’hôpital militaire du camp de Châlons pour les infirmiers des 6e et 23e sections.
4° A l'hôpital militaire de Rennes pour les infirmiers des 4% 10e et 1 1e sections.
5° A l’hôpital militaire Desgenettes à Lyon pour les infirmiers des 7% 8% 13e et 14e seclions.
6° A l’hôpital militaire de Marseille pour les infirmiers des 15e et 16e sections et les infirmiers coloniaux.
7° A l’hôpital militaire de Bordeaux pour les infirmiers des 12% 17e et 18e sections.
8° A l'hôpital militaire du dey d’Alger pour les infirmiers des 19% 20e et 21e sections.
9° A l’hôpital militaire de Tunis pour les infirmiers de la 25e section.
Ces cours, d’une durée de quinze jours, ont lieu chaque année du 15 au 3 1 mai.
Ils sont professés, en ce qui concerne la conduite des machines, par les mécaniciens chargés, dans les hôpitaux ci-dessus, du fonctionnement de ces appareils, et, pour les opérations de la désinfection proprement dite, par un médecin de l’hôpital, choisi par le médecinchef de l’établissement; le médecin professeur distribue à chaque infirmier une brochure intitulée : De la 'pratique cle la désinfection et qui met à la portée de ceux-ci les connaissances générales nécessaires sur la nature des maladies microbiennes, sur le rôle qu’ils sont appelés à jouer pour lutter contre leur extension. Ils trouvent en outre dans cet opuscule d’une cinquantaine de pages tous les détails pratiques relativement à la conduite des étuves et à la pratique de la désinfection des locaux et des vêtements.
Les hommes sont choisis en général parmi ceux qui exercent la profession de mécanicien ou de chauffeur conducteur de machine; à défaut de candidats exerçant ces professions, ils sont pris parmi les infirmiers qui, par la nature de leur profession et de leurs aptitudes, paraissent se rapprocher le plus des conditions nécessaires pour suivre avec fruit ces cours pratiques.
Les infirmiers désinfecteurs doivent avoir pendant l’exécution de leur travail un vêtement spécial. Au début ils se dépouillent de leurs vêtements habituels pour revêtir une calotte en toile, ou en toile
Lemoine. — Traité d’hyg.’ milit. 41
cirée, enserrant la tête, et des habits en toile. Ces vêtements sont, à la fin des opérations, passés à l’eau bouillante, ou immergés dans une solution antiseptique, ou encore exposés aux vapeurs d’aldéhyde formique. Quand il s’agit de désinfection à l’étuve, ces vêtements sont placés dans l’étuve avec les derniers objets à désinfecter.
Ces hommes doivent avoir les cheveux coupés courts et les ongles ras. Ils éviteront autant que possible d’avoir des écorchures aux mains et au visage, qui constituent des portes d’entrée à l’infection. On a même proposé de leur donner un masque. Pendant tout ce travail, ils s’abstiendront de boire et de manger. Les repas seront pris en dehors. Après chaque séance ils se laveront le visage, la barbe, les cheveux et les mains avec une solution antiseptique, ils se rinceront la bouche. Enfin il leur sera donné un bain par aspersion à la fin de la journée de travail. Ils devront aussi autant que possible ne respirer que par le nez.
On avertira les désinfecteurs des dangers auxquels ils s’exposeraient en s’écartant des instructions et des consignes qui leur sont données.
En somme, être propre constitue pour le désinfecteur la principale règle de conduite.
B. Appareils à désinfection. — Les appareils actuellement utilisés dans l’armée sont : les étuves utilisant la vapeur, les lessiveuses-désinfecteuses mécaniques, utilisant la lessive de soude bouillante, et le pulvérisateur Geneste-Herscher.
Dans ces derniers temps on a cherché à utiliser en outre le dégagement de vapeurs d’aldéhyde formique.
/. Appareils a vapeur. — Les appareils à vapeur sous pression se composent d’un générateur de vapeur et d’une chambre de désinfection. Celle-ci est habituellement de forme cylindrique, et peut être hermétiquement close au moment de l’opération ; ses parois sont assez résistantes pour supporter la pression indiquée par un manomètre.
Une température de 110° à 115° correspondant à une pression de 1/2 à 3/4 d’atmosphère tue en quelques minutes dans un milieu saturé les spores les plus résistantes, et assure la stérilisation presque absolue. De plus les expériences de Grancher, de Yinay, de Nocard, d’A.-J. Martin ont montré que le calorique se répartissait très uniformément dans toutes les parties du récipient, et pénétrait rapidement jusqu'au centre des matelas et des paquets d’effets, à condition de purger d’air toute l’étuve et de ne pas trop presser les objets.
Étuve Geneste-Herscher. — Le type le plus répandu est l’étuve Geneste- Herscher. Elle se compose d’un cylindre métallique assez épais pour
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pouvoir supporter les pressions et de diamètre variable selon le modèle. L’étuve ordinairement employée a 1 m. 30 de diamètre. Ce cylindre, recouvert d’une enveloppe extérieure en bois, est fermé aux deux extrémités par des portes métalliques boulonnées avec des écrous à oreilles, comme un couvercle d’autoclave. A l’intérieur, est un chariot monté sur rails.
Ce chariot est constitué par un bâti métallique avec des claires-voies, permettant de le séparer en plusieurs étages. Toutes les traverses sont recouvertes de toile pour empêcher le fer de se rouiller sous l'influence de la vapeur et de salir le linge à désinfecter. Ce chariot porte des roues latérales qui lui permettent de glisser sur des rails et rendent son maniement plus commode.
A l'intérieur du cylindre sont disposés des tuyaux de chauffe divisés en deux batteries : une à la partie supérieure l’autre en bas, destinées à
Fig. 81. — Etuve Geneste-IIerscher. — E. Cylindre; C. Chariot; VY. Supports.
empêcher la condensation de la vapeur par un chauffage préalable de l’étuve et à sécher les objets après l’opération de la désinfection. La vapeur peut ensuite être dirigée dans le cylindre par un tuyau d’amenée de vapeur.
A la partie inférieure sont le robinet de purge pour l’eau de condensation et le robinet pour évacuation de l’air. La mise en marche comprend : 1° l’envoi de la vapeur dans les tuyaux de chauffe; 2° l’envoi de la vapeur dans le cylindre; 3° les décompressions brusques.
Ces dernières s’obtiennent en donnant brusquement issue au dehors à la vapeur contenue dans la chambre cylindrique. Elles ont pour but d’ouvrir tous les interstices des objets contenus dans l’étuve de façon à les exposer plus intimement à l’action de la vapeur de l’opération suivante. On exécute en général une décompression toutes les dix minutes et ces décompressions sont au nombre de trois.
Un appareil enregistreur en communication avec la partie supérieure du cylindre permet un contrôle facile.
L’étuve peut contenir un des lots d’objets suivants :
1° 3 fournitures complètes de lits militaires; 2° une fourniture complète d’hôpital avec les vêtements des malades; 3° 3 matelas et 3 traversins; 4° GO toiles à paillasse; 5° 30 couvertures; 6° 45
couvre-pieds; 7° 65 pantalons; 8° 45 capotes; 9° 65 tuniques; 10° 75 vestes; 11° 250 flanelles; 12° 20 couvertures des hôpitaux militaires.
Il ne faut pas mettre à l’étuve des objets en cuir, ni chaussures, ni ceinturons, ni képis, ni pantalons basanés, ni objets en bois collé, ni toiles cirées, ni fourrures. Les cuirs qui consolident les pattes des capotes, tuniques et vestes doivent être décousus et enlevés, autrement ils se racorniraient.
Les matelas se placent verticalement, les couvertures et les effets sont pliés et disposés dans les compartiments sans les serrer ni les entasser. Les sacs à désinfection sont mis dans le chariot, malheureusement sans être ouverts.
Etuve Vaillakd et Besson. — A côté des étuves à vapeur sous pression, et plus anciennes que celles-ci, sont les étuves à vapeur circulante, ou fluente sans pression, très employées en Allemagne.
L’emploi de la vapeur fluente est basé sur la constatation suivante :
Quand on place un thermomètre à maxima dans l’intérieur des objets soumis à un courant de vapeur chauffée à la pression normale, on obtient des températures de 105°.
Rübner explique cet excès de température des tissus sur celle de la vapeur par la condensation de la vapeur et sa fixation dans les tissus qui, mettant en liberté une grande quantité de calories (537 calories par gramme de vapeur d’eau condensée), élève la température des objets au-dessus de 100 '.
Dans l’armée française on emploie l’étuve Vaillard et Besson, qui répond à ce type et peut fonctionner sous pression et sans pression, par un dispositif spécial de la soupape. Cette étuve a les avantages de l’étuve à vapeur fluente : comme étuve à vapeur sous pression, elle réduit l’outillage et, par suite, le prix de revient au minimum.
Cette étuve se compose d'un fourneau et de l'étuve proprement dite qui repose sur le fourneau.
Le fourneau est situé sous l’étuve. Il peut être alimenté au bois ou au •charbon.
L’étuve en tôle d’acier galvanisée est formée par deux cylindres concentriques, fermés à leur partie inférieure par un fond embouti, et écartés l'un de l’autre, sauf à leur partie supérieure où ils sont réunis par une pièce de fer forgé.
Le cylindre intérieur S limite la chambre de désinfection qui mesure 0 m. 70 de haut sur 0 m. 75 de diamètre; sa capacité est de 350 litres.
Le cylindre extérieur E est écarté de l’intérieur de 2 centimètres et demi et du fond du cylindre intérieur. L’espace contenu entre les deux fonds constitue la chaudière.
La chaudière reçoit l’eau au moyen d’un entonnoir latéral à robinet E.
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Un robinet de niveau N marque la hauteur de l’eau nécessaire à chaque opération.
Le cylindre intérieur peut s’enlever lorsqu'on veut visiter la chaudière.
La vapeur produite au fond de cette chaudière circule dans le manchon qui entoure le cylindre intérieur, arrive à la chambre de désinfection par la partie supérieure et s’échappe ensuite par la partie inférieure. Le cylindre intérieur S est foré, près de son extrémité supérieure, d’une série de trous qui livrent passage à la vapeur. Le fond de ce même cylindre est également perforé à son centre par un trou circulaire de 15 centimètres de diamètre. Ce trou correspond à un canal dans l’àme duquel est vissé un tube de fer galvanisé VD servant à l’échappement de la vapeur. Ce tube parcourt
Fig. 82. — Etuve Vaillard et Besson.
Fig. 83. — Etuve Vaillard et Besson.
Coupe verticale.
le double fond qui constitue la chaudière et se termine en dehors, en D, par une soupape qui sera décrite tout à l’heure.
Le cylindre extérieur porte à sa partie supérieure une forte cornière étanche J, dont la partie horizontale est munie de 10 échancrures portant chacune un boulon à oreille; c’est sur cette pièce que s'applique le couvercle par l’intermédiaire d’un joint en caoutchouc assurant la fermeture hermétique.
La face externe du cylindre E est garnie d’une enveloppe isolante en feutre recouverte elle-même d’une feuille munie de tôle ou de cuivre, maintenue par trois cercles métalliques, serrés au moyen de boulons. Cette paroi porte un manomètre M indiquant la pression à l’intérieur de l’étuve; 2° à la partie supérieure et en communication directe avec la chaudière, une prise de vapeur sur laquelle est branché un T en bronze portant à une de ses extrémités une soupape de grande sûreté et à l’autre un robinet de vapeur R. Ce robinet permet de laisser échapper à volonté la vapeur au dehors, et la soupape de sûreté est destinée à fonctionner pour une pression
supérieure au régime normal de l’appareil. Une claire-voie mobile en toile métallique garnit le fond du cylindre S et supporte les objets à désinfecter.
L’orifice de sortie de la vapeur est fermé par un clapet en cuivre : lorsque ce clapet est soulevé la vapeur s’échappe. Ce clapet porte une boule que l’on déplace à volonté et qui sert à augmenter ou à diminuer la pression de la vapeur dans l'étuve : c’est à la fois un instrument de réglage et une soupape de sûreté.
Fonctionnement de l’étuve. — Les objets à désinfecter sont placés dans l’étuve de manière à ne pas boucher les trous qui sont en T : on les recouvre d’un linge pour les protéger contre l’eau de condensation et on boulonne le couvercle.
On ouvre le robinet de l’entonnoir E ainsi que le robinet de niveau N et on introduit de l’eau jusqu’à ce qu’elle s’écoule par ce dernier robinet : puis on ferme les deux robinets.
Le clapet est fixé dans la position soulevée : le robinet R est fermé. Ôn allume le foyer; dix-huit à vingt minutes après l’allumage, l’eau commence à bouillir, la vapeur monte entre les deux cylindres, redescend à travers les effets à désinfecter et s’échappe par le tube VD, d’abord faiblement puis en jet vigoureux.
On peut laisser le clapet soulevé et laisser la vapeur s’échapper ainsi pendant quarante minutes; au bout de ce temps la désinfection est terminée. Pour sécher on ouvre le robinet R, on enlève le couvercle et le linge qui recouvre les effets et on continue à chauffer pendant dix minutes. Puis on retire les effets, on les secoue et on les expose à l’air.
Si une seconde opération ne doit pas être faite on retourne la grille du foyer et on éloigne le feu pour arrêter l’évaporation de l’eau dans la chaudière.
En général, on désinfecte à la vapeur sous pression. Pour cela, on introduit l’eau dans la chaudière; on ferme les robinets F et N ainsi que l’orifice R. On met le clapet en position soulevée et on allume le foyer.
Lorsque la vapeur s’échappe en jet vigoureux on attend cinq minutes puis on ferme le clapet. On compte vingt minutes à partir de l’instant où l’aiguille du manomètre accuse une pression correspondant à 110° et 112°. Après ce temps, on ouvre lentement, petit à petit le robinet R : lorsque l’aiguille du manomètre est revenue au zéro, on déboulonne et on enlève le couvercle : on enlève le linge qui recouvre les effets et on continue la chauffe pendant cinq à six minutes pour opérer le séchage.
On retourne la grille du foyer et on fait tomber le feu.
Il faut mettre de l’eau à chaque opération jusqu’à la hauteur marquée par le robinet de niveau.
La capacité de la chaudière est de 25 litres; pour une heure la consommation est de 10 litres environ.
Il existe deux modèles : celui que nous venons de décrire, vertical, fixe, est destiné à de petites unités, et peut contenir :
2 matelas roulés ensemble, ou une literie complète avec les vêtements de l’homme, ou 16 couvertures, ou 40 couvre-pieds, ou 60 pantalons, ou 35 capotes, ou 40 tuniques, ou 60 vestes, ou une literie complète des hôpitaux militaires, ou 12 couvertures des hôpitaux militaires.
Les matelas sont roulés dans l’étuve. Les autres objets sont intro-
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duits, renfermés dans leur enveloppe qu’on aura soin de laisser ouverte. Il faut éviter de les tasser.
Une autre étuve du même modèle est horizontale, elle est plus grande d’un tiers environ. Il existe aussi un type locomobile. Une circulaire du 23 février 1905 règle les dépenses effectuées pour frais d’entretien et de réparation des étuves Vaillard et Besson en service dans les garnisons.
A la date du 10 mars 1903, suivant la déclaration faite alors à la Chambre par M. le médecin inspecteur Dieu, en qualité de commissaire du gouvernement, il y avait une étuve fixe par garnison et une étuve locomobile par corps d’armée, destinée à suppléer à l’insuffisance des étuves fixes là où une épidémie en nécessiterait l’emploi.
Cette organisation fut amorcée en 1895 et, par leurs circulaires, l’une du 12 octobre 1895 et l’autre du 16 avril 1896, les directeurs du service de santé furent invités à passer des conventions avec les municipalités qni déjà entretenaient des étuves dans leurs hôpitaux, pour fixer une indemnité pour la désinfection des effets de couchage et d’habillement des militaires. D’autre part le ministère de la Guerre entreprit de fournir, sous certaines conditions, des étuves aux garnisons n’en possédant pas.
Les expériences de Levison, à Copenhague avaient montré que la résistance des tissus n’est pas sensiblement modifiée par leur passage à l’étuve? et que les couleurs bon teint ne sont pas altérées? Mais Kratselmur et Rhœfer 1 démontrèrent au contraire que la résistance des tissus diminuait proportionnellement à la durée de la désinfection.
Il est certain que le passage à l’étuve n’est pas sans inconvénient. On a reproché avec raison aux étuves de déformer et de rétrécir les objets soumis à leur action.
La résistance des tissus est sûrement diminuée, ainsi qu’il ressort des essais au dynamomètre faits par l’Assistance publique avec les étuves Reck et Vaillard :
APRÈS 10 ÉTUVAGES
Avant
Vaillard.
Rcck,
étuvage.
Couvertures blanches neuves chanvre. .
trame . . .
grises chanvre
— trame
vieilles chanvre
— trame