‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 221 sur 252 · ÉS 10 FOIS · texte numérisé non relu

ÉS 10 FOIS

A l’étuve de Rock.

Toile de lin

Coutil (de lin)

Cuir-laine

Ceriset (Kirsey)

Flanelle moitié laine

Molleton moitié laine

Molleton tout laine

Futaine serrée

Doulebsais (Dowlas)

Calicot à ramages

Toile à tabliers, ravée

Toile à matelas.

Ce mode de désinfection est de plus une cause d’altération du linge et des tissus lorsque ceux-ci sont imprégnés de certaines substances chimiques, comme cela se présente pour les linges des malades plongés immédiatement dans une solution désinfectante avant d’être envoyés à l’étuve ou à la buanderie. Cette manière de faire est absolument condamnable. Les expériences de Barillé 2 ont permis de se rendre compte de l’influence nocive du chlorure de zinc, du sulfate de zinc et de la chaux. Seule la solution de crésyline ne présente aucun inconvénient à cet égard.

Après l’étuvage, la laine se feutre et devient raide. On peut cependant remédier dans une certaine mesure à ces inconvénients en séchant les objets au moyen de la batterie de chauffe de l’étuve Geneste-Herscher, avant la désinfection.

Un des grands inconvénients de l’étuve est de fixer d’une façon indélébile sur les tissus les taches produites par les liquides organiques, sang, pus, déjections, que ni lavages, ni lessives ne peuvent plus enlever. On a proposé, pour parer à cet inconvénient, d’enlever auparavant ces taches, mais cette opération n’est pas sans danger pour celui qui la pratique. La notice 7 a prescrit une immersion préalable dans le chlorure de zinc ou l'eau de Javel. Nous venons de voir ce qu’il faut penser de cette pratique qui, d’ailleurs, ne sera plus utile. C’est pour remédier à cet inconvénient que MM. Dehaître et Piet ont construit une étuve laveuse désinfecteuse, qui actuellement est mise à l’essai dans plusieurs établissements militaires.

J. J. Arnould, La Désinfection publique, p. 209.

2. Babillé, Considérations diverses sur l’altération des tissus suivant la désinfection, Arch. de méd. milit., 1904.

DÉSINFECTANTS

2 ' Appareils utilisant la lessive bouillante. — L’appareil Dehaître se compose de deux récipients cylindriques d’une capacité moyenne de 300 litres emboîtés l’un dans l’autre. Le premier, à parois pleines, destiné à recevoir les liquides d’essangeage, de lessivage et de rinçage; le second, à parois perforées, reçoit le linge (30 kilogrammes environ). Il subit un mouvement de rotation destiné à faire passer les effets dans les liquides du premier cylindre et à y brasser le linge.

1° Le premier cylindre, en tôle galvanisée, est fermé à ses extrémités par un fond plat monté à boulons. Ce cylindre fixe est muni à la partie supérieure

Fig. Si. — Lavcusc-désinfecteusc Dehaîlrc-Lcrov.

d’une ouverture rectangulaire avec porte fermant hermétiquement par un verrou à bascule sur un joint de coton: cette fermeture à joint permettra d’obtenir dans l’appareil une légère pression correspondant à la température de 102-103°; à droite, à la partie inférieure, est fixée une tubulure pour l’arrivée de l’eau froide; à gauche, un tube de niveau d’eau à grand diamètre avec entonnoir pour introduire l’eau avec un seau si cette opération ne peut se faire autrement.

I ne soupape robuste, réglée à la pression de 500 grammes, limite la pression qu’il est loisible de maintenir dans le cylindre.

I n appareil dit « renifiard » est fixé à la partie supérieure; il est destiné à l'évacuation de l’air dilaté et à la rentrée de l’air extérieur en cas de refroidissement brusque.

Ln clapét permet d’évacuer très rapidement les bains de lessivage; un robinet sert au contraire à limiter la vitesse d’évacuation lors du rincaere.

2° Le cylindre intérieur , contenu dans le cylindre extérieur fixe, est en laiton écroui, perforé de trous emboutis, avec porte à glissière et à verrou, et ne présente que des surfaces lisses et polies.

Ce cylindre intérieur tourne sur deux axes, au moyen d’une ro,ue dentée engrenant avec un pignon, lequel pignon est solidaire d'un volant mû par des courroies de transmission qui permettent le mouvement rotatif tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre.

Fonctionnement. — Le linge contaminé, mis en paquet dans une enveloppe •spéciale, est apporté à la laveuse-désinfecteuse où il est introduit dans l'intérieur du tambour laveur dont on referme les portes ainsi que celle de l’étuve.

Essangeage. — On introduit alors de l’eau froide de façon à submerger le linge qui est soumis à l’essangeage, le mouvement de rotation du tambour active l'action de l’eau sur les matières solubles à froid et en particulier sur les taches albuminoïdes, gommeuses ou sucrées; cet essangeage peutêtre activé au bout de quelque temps par un chauffage léger de l’eau au moyen d’un barbotage de vapeur.

Le bain d’essangeage est alors évacué au bouilleur de stérilisation où il est porté à 115° centigrades, puis rejeté à l’égout.

Cette opération se fait pendant que les opérations dans la laveuse-désinfecteuse s’effectuent.

Lessivage. — On introduit ensuite dans l’appareil, par un robinet ad hoc, une solution de savon et de cristaux de carbonate de soude (500 gr. de chaque pour 50 kilogrammes de linge) préparée préalablement dans un bac spécial, cette solution, mélangée avec de l’eau, donne un bain convenable que l'on porte progressivement à l’ébullition, puis sous pression à 0 kg. 750 correspondant à la température de 115° centigrades.

On obtient ainsi un lessivage sous pression qui dissout toutes les taches du linge et lui donne une parfaite blancheur.

On évacue directement à l’égout le bain de lavage qui a été stérilisé, puisque l’opération a eu lieu à 115 degrés, et l’on rince le linge.

Rinçage. — Ce rinçage se fait soit à froid, soit avec de l’eau légèrement chauffée comme pour l’essangeage.

Désinfection. — Après le rinçage, afin d’éviter toute recontamination du linge par les eaux qui ont servi à cette opération, ce qui est absolument nécessaire pour les services de chirurgie et d'accouchement, où le linge doit être absolument aseptique, on soumet le linge, avant sa sortie de l’appareil, à une stérilisation par la vapeur sous pression, comme dans une étuve ordinaire; les taches ayant disparu par le lavage, il n’y a aucun danger de fixation de matières colorantes.

Cet appareil a l’avantage de réunir les qualités désinfectantes de l’étuve à vapeur, sans en avoir les inconvénients. Il réduit surtout au minimum les opérations de manipulation du linge, ce qui constitue un profit considérable. Aussi pour le linge doit-il être seul employé dans les établissements qui le possèdent.

Il existe un modèle moyen, avec volant pouvant être actionné à la main, destiné à des collectivités qui n’ont pas de moteur à leur dis-

DÉSINFECTANTS

position. Ce modèle est pourvu d’un fourneau en tôle. On ne peut ici opérer la désinfection finale à la vapeur, mais celle-ci n’est nécessaire que dans certaines circonstances particulières, comme nous venons de le voir.

On peut encore désinfecter les linges, objets de laine et vêtements en les immergeant dans l’eau simple bouillante pendant une demi-

Fig. 85. — Pulvérisateur Gcnostc-IIcrschcr. — P. Corps de pompe aspirante et foulante; S. A. Orifice de sortie do l'air au moment de la pulvérisation ; S. L. Orifice de sortie du liquide C. A. Tube de communication des deux récipients destiné à donner passage à l'air qui doit opérer la compression du liquide antiseptique; E. Entonnoir destiné à verser le liquide; L. Extrémité de la lance; A. Conduito do l’air; Li. Conduite du liquide; C. Tube faisant communiquer les deux conduites-

heure. Cette immersion prolongée ne nuit pas à la solidité des tissus, ni à leur couleur lorsqu’ils sont bon teint. Le médecin inspecteur E. Richard 1 a expérimenté l’action de l’eau bouillante sur les tissus de vêtements de troupes et a pu se rendre ainsi compte que ni

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