‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 223 sur 252 · CELLULE A FORMOL · texte numérisé non relu

CELLULE A FORMOL

lesquelles sont plongées immédiatement les différentes pièces de linge provenant des contagieux. Après un séjour de 24 heures dans la solution antiseptique le linge est coulé dans une lessive pour laquelle on emploie 18 kilogr. de cristaux de carbonate de soude dissous dans 400 litres d’eau environ pour 400 kilogr. de linge. Après quoi il est versé dans la lessiveuse mécanique. Les linges peu sales, draps, etc., provenant de malades ordinaires, sont dirigés directement dans la lessiveuse, où, après un brassage de 5 minutes dans l’eau simple froide, ils sont portés progressivement à la température de l’ébullition dans un bain de carbonate de soude et de savon au taux de 500 grammes chaque pour 300 litres d’eau environ et pour 50 kilogr. de linge.

La quantité de soude et de savon est d’ailleurs variable suivant le degré de souillure des objets. C’est ainsi que l’opération du coulage peut employer 25 kilogr. de carbonate de soude pour 400 litres d’eau, lorsqu'il s’agit de laver les torchons et les vêtements de corvée des infirmiers et des cuisiniers.

L’opération du coulage, avec la lessiveuse Dehaître, paraît inutile.

Le rinçage se fait également dans la machine, et la seule manipulation consiste à porter le linge dans les essoreuses et à l’étendre ensuite dans des étuves spéciales, ou dans des chambres largement aérées pour le séchage.

Désinfectants. — Le nombre des substances capables d’arrêter la vie des micro -organismes, ou tout au moins d’entraver leur pullulation, est considérable, et chaque jour voit s’accroître la liste déjà longue des antiseptiques. Il semble donc que nous péchions par excès de richesse, mais en réalité, il n’en est rien; beaucoup sont loin d’avoir fait leurs preuves, et ceux même estimés les plus puissants sont loin de répondre à toutes les indications.

Le pouvoir bactéricide est d’ailleurs une propriété essentiellement contingente, variant dans une large mesure suivant l’espèce microbienne, le milieu, le mode d’application, la phase de végétation, l’état de dessiccation ou d’humidité, la température et bien d’autres causes encore plus on moins connues. D’une façon générale, les bactéries non sporulées sont beaucoup plus sensibles à l’action des antiseptiques. Les spores, au contraire, présentent une grande résistance et peuvent survivre à une immersion très prolongée dans les plus puissants désinfectants. Tel microbe qui sera fatalement tué par une substance dans les milieux de culture ordinaires, résistera s’il est fixé et desséché contre une paroi. L’élévation de température, d’autre part, augmente notablement l’action bactéricide.

Le taux de dilution du désinfectant, la durée de son contact avec l’objet infecté, qui doit être d’autant plus longue que la dilution est plus faible et inversement, la nature du support, jouent également un rôle considérable. Otsuki a fait voir quelles différences existaient à cet égard entre les supports à surface lisse ou rugueuse, entre les étoffes de laines, de soie, et les tissus de lin ou de coton.

D’autre part un désinfectant doit, en plus de son action microbicide, posséder certaines qualités qu’il importe de bien connaître. Il ne doit pas être dangereux pour les hommes chargés de l’employer; son maniement doit être facile; il ne doit pas altérer les tissus; enfin son prix devra être peu élevé.

Son action microbicide est cependant la plus importante et il est nécessaire de posséder des moyens de contrôle.

DÉSINFECTANTS

On se sert en général l, à cet effet, de petits carrés de papier buvard stérilisés et imprégnés ensuite soit de cultures de microbes connus, soit de produits naturels. Parmi ces derniers, les plus résistants sont ceux imprégnés de matières fécales. Ces tests sont enfermés dans une enveloppe de papier buvard stérilisée et pouvant être emportée ainsi facilement là où il est nécessaire d’opérer un contrôle.

Désinfectants réglementaires dans ï armée. — La notice 7 du réglement sur le service de santé de 1902 donne la liste suivante des antiseptiques dont il peut être fait usage : le formol, le chlorure de zinc à 5 p. 100, le sulfate de cuivre à 5 p. 100, le chlorure de chaux à 10 p. 100, lebichlorure de mercure à 1 p. 1000, l’acide phénique à 5 p. 100, l’huile lourde de houille, la crésyline, la lessive, l’acide sulfureux.

11 y aurait intérêt à limiter le nombre de ces antiseptiques. Plusieurs d’entre eux sont insuffisamment bactéricides, comme le chlorure de zinc et l’huile lourde de houille. Cette dernière a été déjà remplacée par la crésyline (C. du 24 mars 1903). D’autres sont d'un prix relativement élevé, comme l’acide phénique; enfin le sulfate de cuivre a le grave inconvénient de tacher le linge et le sublimé de fixer les taches.

Il y aurait intérêt à faire entrer dans la liste le mélange des hypochlorites de potasse et de soude connu sous le nom d’eau de Javel, en raison de son prix peu élevé, de sa qualité désinfectante de premier ordre, et de la facilité avec laquelle on peut se le procurer.

Quant à l’acide sulfureux, il ne doit plus être employé que pour la destruction des petits animaux et des insectes, nous en établirons les modes d’application au chapitre de la désinfection.

Le formol est une solution aqueuse d’aldéhyde formique à 35 p. 100 en poids et à 40 p. 100 en volume.

L’aldéhyde formique est un gaz dont la formule chimique est CIPO. La densité est à peine plus forte que celle de l’air.

Il est incolore, doué d’une odeur sui generis piquante, et très irritante pour les muqueuses oculaire et pituitaire. Il se polymérise sous l’influence du refroidissement et dans la pratique presque dès sa naissance en polyoxyméthylène dont les principaux représentants

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