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Richard, Soc. méd. des hôp

2. G. -H. Lemoine, Contagion de la rougeole à la période de convalescence. Soc. méd. des hôpitaux, 13 mai 1898, et H. Vincent, Soc. méd. des Hôp. 1898. L. Martin, Contagion à l’hôpital Pasteur, Revue d’hyg., 1910, p. 557.

3. G. -H. Lemoine, Contagiosité de la scarlatine, Bull, de la Soc. méd. des hôp., 1895.

MESURES PRISES CONTRE LES MALADIES CONTAGIEUSES

d’isolement réglementaire, bien persuadé cependant que cette période est trop longue dans un grand nombre de cas et qu’on pourrait en raccourcir la rigueur par une antisepsie méthodique de la cavité naso-pharyngienne.

On a fixé la durée de l’isolement pour les oreillons à 8 jours. On n’a déterminé aucune date pour la grippe. Pour la suette , en raison de la longueur de la convalescence signalée par tous les auteurs, même dans les cas légers, il y a lieu d’assigner une durée d’isolement de 35 à 4-0 jours.

On a pu constater, lors de l’épidémie des Charentes, en 1906, le danger des cas légers qui ont été cause sans doute de l’extension rapide de l'affection, par l’intermédiaire des agglomérations : les foires et les marchés.

2° Affections contagieuses à microbe spécifique connu. — Il semble au premier abord que la lutte prophylactique soit ici plus facile et qu’on doive posséder des armes plus puissantes parce que mieux adaptées à la destruction d’un élément pathogène connu.

Pour accepter sans réserve une telle manière de voir, il faudrait que les mots réceptivité et immunité exprimassent des états organiques dont nous possédons d’ores et déjà tous les éléments; il faudrait aussi que nous ayons la connaissance complète de toutes les conditions qui influencent la vitalité et la virulence des germes. Or il s’en faut que ces éléments d’informations soient actuellement à notre disposition. Malgré les belles conquêtes faites dans ce sens, par les recherches nombreuses poursuivies sur le sang et les produits de sécrétion de l’organisme humain, nous ne sommes qu’à l’aube de cette science nouvelle qui viendra un jour compléter les notions fournies par la bactériologie.

Ce second groupe de maladies cependant emprunte aux moyens dont nous disposons pour constater la présence de leurs germes au sein de l’organisme, des éléments d’appréciation plus sûrs. Théoriquement au moins, ces affections semblent justiciables de mesures prophylactiques plus positives.

Puisque le microbe est connu, qu’on peut le voir, l’isoler, le cultiver et le détruire, on n’aura qu’à le rechercher et à isoler tous ceux qui ont le privilège peu inviable de l’béberger dans leurs cavités naturelles. Le problème paraît donc facile à résoudre. Une de ces affections vient-elle à se produire dans une collectivité militaire, on devra procéder aux opérations suivantes :

1" Isolement du malade et de ses objets à usage, vêtements, paquetage, objets de literie comme dans le premier cas.

2° Isoler les porteurs de germes. Telle est la conséquence logique

des faits observés qui nous montrent que ceux-ci malades, souffrants ou même sains peuvent propager la maladie, non seulement dans l’entourage du malade, mais encore au loin. Le fait est prouvé pour la méningite cérébro-spinale par les observations rapportées à l’Académie de médecine par M. le médecin inspecteur général Vaillard et par M. Netter. Un certain nombre de faits du même genre ont été publiés pour la fièvre typhoïde.

Dans ce but on devrait opérer la recherche de l’élément pathogène sur tous les hommes appartenant à la collectivité dont le malade fait partie. On comprend immédiatement les obstacles d’ordre matériel s’opposant à une pareille manière de faire. La méthode ne semble donc applicable que dans des collectivités restreintes.

Heureusement qu’un certain nombre de recherches pratiques sur la diphtérie ont permis de se rendre compte qu’en général le plus grand nombre de porteurs de germes se trouve toujours près du foyer de contagion. Max Kober1 rapporte que les personnes vivant dans l’entourage du diphtéritique ont été trouvées porteurs du bacille dans 18,8 p. 100 des cas, tandis que ce chiffre serait seulement de 7 p. 100 parmi les personnes ne vivant pas habituellement en contact avec les malades; aussi conclut-il que l’apparition de ce germe chez les sujets sains est le plus souvent en rapport avec un contact diphtéritique. Ustvedt2, qui a procédé à une enquête bactériologique sur l’épidémie ayant sévi en 1902-03 sur les écoles de garçons de Christiania, arrive à des conclusions analogues; Netter, en France, soutient la même opinon. Roussel et Job3 émettent un avis semblable.

D’autre part l’expérience tend de plus en plus à démontrer qu’ici, comme pour les contagieux de la première catégorie, les cas frustes ou ambulatoires sont fréquents et que ce sont eux qui le plus souvent propagent la maladie. Ces malades sont si légèrement atteints qu’ils passent inaperçus et continuent à vaquer à leurs occupations journalière au milieu de leurs camarades. C’est donc à les dépister que le médecin devra s’astreindre,

Aussi, pratiquement devra-t-on passer une visite minutieuse des hommes qui entourent le malade, retenir ceux qui présentent la moindre indisposition et opérer chez eux les recherches bactériologiques nécessaires à l’établissement d’un diagnostic précis. En attendant les résultats de ces dernières, les hommes atteints devront être

1. Max Kober, Le bacille de Lœfler dans la gorge des individus sains, Zeilsch. /. Ilyg. u . Inf., Vol. 31.

2. Ustvedt, La prophylaxie de la diphtérie, Norek Magazin foor Laegevvidenskaben, 1904.

3. Roussel et Job, La diphtérie dans les collectivités, Revue de médecine, 1905.

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isolés jusqu’à ce qu’un ou plusieurs ensemencements à résultat négatif permettent de les libérer. Ainsi limitée, la prophylaxie devient plus pratique et plus rationnelle.

Quant à l’isolement des convalescents la base des prescriptions à faire à leur sujet nécessite des études nouvelles . On ne peut nier , en effet, que bien des malades parfaitement guéris , ou les sujets n'ayant jamais été atteints d'une de ces maladies contagieuses , portent pendant longtemps , peut-être même à l'état constant , le germe de l'affection dans leurs cavités naturelles sans danger pour ceux qui les approchent 1 .

Dès maintenant cependant, en joignant à la notion du porteur de germes celle du porteur de séquelle , il paraîtrait possible de fournir par la seconde une limite à la première . Les praticiens ne sont-ils pas souvent à même de constater à la suite des maladies infectieuses des modifications de l’organisme qu’un examen clinique méticuleux leur permet de mettre en évidence et de retenir. Ici, ce sera un jetage nasal chronique à la suite d’une diphtérie2; là une diarrhée ou divers troubles intestinaux à la suite d'une dysenterie, d’une fièvre typhoïde, troubles qui demandent à être recherchés, car le malade paraît complètement rétabli. Ne pourrait-on trouver dans ces circonstances, si l’examen bactériologique confirme la nature spécifique de ces troubles, une raison impérieuse de maintenir l’isolement, tandis qu’en leur absence la nécessité d’une telle mesure ne s’impose pas.

Quant aux porteurs sains de germes n’ayant jamais été malades, la notion du milieu d’où ils proviennent acquiert une grosse importance, car les observations qui montrent leur danger indéniable dans la méningite cérébro-spinale ont trait à des sujets provenant de milieux où sévissait une épidémie.

En résumé , pour la catégorie des maladies à microbe connu, les mesures à prendre doivent être d’abord celles prescrites pour la première catégorie. On cherchera surtout à dépister les malades frustes porteurs de bacilles au voisinage du contagieux; on les isolera jusqu’à disparition de la maladie.

Pour les convalescents , on recherchera cliniquement les séquelles qu’aurait pu laisser l’afîection et on maintiendra l’isolement tant que subsisteront des troubles de l’organisme si légers soient-ils, dus à la présence du germe pathogène.

Pour les porteurs de germes qui rC ont jamais été atteints , la mesure de l’isolement ne s’impose que s'ils proviennent d'un milieu épidémique, réserve faite de la découverte d’un moyen qui nous permet-

1. G.-H. Lemoine, Les porteurs de bacille diphtéritique, Soc. méd. des hop., 1910.

2. Id., Note sur la contagion de la diphtérie, Lyon médical, décembre 1892.

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trait de connaître la nocivité de ces sujets en dehors de cette circonstance.

En dehors des mesures d’isolement préventif et après guérison, chacune de ces affections doit être l’objet de mesures spéciales dans le milieu militaire.

Pour la diphtérie on portera une attention particulière dans les régiments de cavalerie sur les exercices de manège pendant lesquels se produit une inhalation considérable de poussières.

Simonin explique ainsi la prédominance de la diphtérie dans les troupes montées1. Les médecins majors Roussel et Job se rallient à cette explication. On portera également son attention sur le lait distribué dans les régiments. Klein a montré que l’on rencontrait parfois sur le pis des vaches laitières des vésicules contenant le bacille de Lœffler. Mais il s'agit le plus souvent de lait provenant de fermes où existent des cas de diphtérie. On est donc amené à poursuivre également une enquête sur l’état sanitaire de la ville où le régiment tient garnison et à consigner à la troupe les maisons et quartiers où sévit la diphtérie; il en est de même pour les régions dans lesquelles se rendent les hommes allant en permission. Enfin, en dernier lieu, on pratiquera des injections préventives de sérum antidiphtéritique aux suspects sains dans le cas de manifestations particulièrement graves de l’affection et lorsque le nombre des individus infectés ne rendra pas la mesure impraticable2.

Pour la méningite cérébro-spinale , en dehors des mesures d’isolement dont nous avons parlé, il y a lieu de prescrire le chauffage des locaux dans lesquels auront été placés les suspects et ceux habitéspar l’unité dans laquelle s’est produit le cas. Cette mesure est d’autant plus importante que le froid a une influence indéniable sur la production des cas3 de méningite cérébro-spinale. J’ai relevé cette influence très nette dans l’épidémie que j’observai en 1886 au 32e régiment d’artillerie à Orléans. Dans le même but, on donnera aux hommes des couvertures supplémentaires et on veillera à ce qu'ils soient vêtus chaudement. Par les jours de grand froid, on supprimera les exercices militaires faits en plein air dans la cour du quartier ainsi que les revues. Dans la cavalerie on fera effectuer le pansage dans les écuries et les exercices équestres se feront autant, que possible dans les manèges. Une autre mesure dont j’ai pu apprécier les bons effets immédiats est le desserrement des hommes par l’envoi en permission de 15 jours d’un très grand nombre d’entre

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