‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 239 sur 252 · G. -H. Lemoine, Congrès d'hygiène, Bruxelles · texte numérisé non relu

G. -H. Lemoine, Congrès d'hygiène, Bruxelles

3. Id., Une épidémie de méningite cérébro-spinale, Arch. de Méd. et de Plxarm. militaire, 1892.

MESURES PRISES CONTRE LES MALADIES CONTAGIEUSES

eux. L’épidémie de 1886 dont je viens de parler fut arrêtée complètement par cette mesure. Il est évident qu’aujourd’hui une telle prescription ne devrait être faite qu’après examen bactériologique de la gorge des permissionnaires, ou, du moins, devrait-en distraire des permissionnaires les hommes de l’unité qui a été atteinte. Cette restriction serait sans doute suffisante. En tous cas, les appels de réservistes ou de territoriaux devront être supprimés dans les régiments présentant des cas de méningite cérébro-spinale. On devra également prendre les mêmes mesures que pour la diphtérie concernant les maisons ou quartiers de la ville et les régions territoriales dans lesquelles sévirait cette maladie. (Circulaire du 9 avril 1910.)

La fièvre typhoïde et le choléra i. — Maladies d’origine hydrique 90 fois sur 100 (Brouardel et Thoinot), elles nécessiteront l’application des mesures communes prescrites plus haut lorsque l’épidémie aura créé des cas frustes et des convalescents porteurs de germes virulents2. La contagion interhumaine directe est en général limitée aux sujets entourant le malade qui manipulent ses linges et les objets dont il fait usage, sans prendre aucun soin de propreté. Sur plusieurs centaines de cas de fièvre typhoïde observés au cours de ma carrière, je n’ai observé en dehors des faits de contagion parmi le personnel infirmier que 4 cas intérieurs 3 de cette affection provoqués chez des rhumatisants par le séjour sur un vase à déjection ayant servi à des typhoïdiques. Or j'avais à l’état constant dans mon service un ou deux cas de fièvre typhoïde en évolution dans une salle de 45 lits. La rareté de la contagion interhumaine s’explique d’ailleurs non pas tant par l’absence de virulence des germes portés par le malade que parleur habitat ordinaire : les matières fécales, qui les mettent peu à la portée des personnes qui sont simplement en contact avec le malade.

Mais le danger des porteurs de germefè n’est pas là et les précautions à prendre contre eux ne doivent guère viser la contagion interhumaine proprement dite. Elles doivent avoir surtout pour but de protéger les latrines et les eaux par la protection du sol, contre la dissémination de leurs déjections. C’est à ce titre qu’il importe de veiller aux cas frustes et aux convalescents porteurs de séquelles à germe spécifique. Les cas frustes signalés depuis longtemps sous la rubrique d’embarras gastrique fébrile devront être l’objet de recherches sur le

1. Delormi: et Vaillard, Kelscii, Ciiantemesse, Widal, Thoinot, Linossier, Bull, de l'Acad. de méd., décembre 1909, janvier et février 1910, et II. Vincent, Les porteurs latents de microbe pathogène dans l’armée. Congrès de médecine de Budapestli, 1909; Bull, de l'Acad. de mcd., 13 janvier et 22 février 1910.

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