MORTS
Européens. Indigènes.
Expédition du Niger 1841, sur 158 hommes 40 0
— du Sénégal (1857) 10,69 p. 100 3,14 p. 100.
— du Soudan (1887) 7,93 — 2,05 —
— du Tonkin (1889) 6,66 — 2,4
— du Bénin (1890). 4,63 — 1,93 —
— de Madagascar (régiment colonial) .. . 43 — 4,5 —
Il faut encore ne pas employer les indigènes trop loin de leur pays d’origine. C’est ainsi qu’à Madagascar les Hindous ont eu une mortalité de 43 p. 100, les Chinois de 16 p. 100, tandis que les Africains (Sénégalais, Dahoméens, Zanziharistes) ne donnent qu'une mortalité de 4 à 8 p. 100.
On se préoccupe d’ailleurs actuellement d’une façon sérieuse du recrutement de troupes indigènes pour la garde de nos colonies. Déjà les effectifs ont été augmentés d’une façon notable. De 14 000 in-
1. Serez, Annales d'hygiène et de médecine coloniales, vol. II, p. 195.
HYGIÈNE DES PAYS CHAUDS
digènes en 1892, l'armée coloniale1 est arrivée à en comprendre 28 448 en 1903; la proportion de soldats blancs devra être d’environ un quart pour trois quarts de soldats indigènes. Bien que les soldats noirs offrent une résistance plus grande en campagne, il ne faut pas oublier qu’ils ne sont doués d’aucune immunité vis-à-vis de certaines maladies infectieuses (choléra, peste, typhus, etc.) auxquelles ils paient au contraire un lourd tribut. Leur ignorance et leur insouciance relativement à l’observation des prescriptions hygiéniques rend même ces affections encore plus dangereuses pour eux que pour l’Européen. C’est assez dire les soins dont ces hommes doivent être entourés. Il faudra leur éviter les travaux excessifs, les refroidissements par un vêtement approprié, augmenter leur alimentation, proscrire les habitations malsaines et leur imposer les mesures de propreté nécessaires. En somme on devra faire pour eux comme pour les Européensy sélectionner avec soin leur contingent, en éliminer les scrofuleux, syphilitiques, tuberculeux, les faibles, et les entourer de soins hygiéniques. Ce n’est qu’à ces conditions que le recrutement indigène donnera le rendement supérieur qu'on attend de lui. Enlin le choix des chefs aune importance de premier ordre. Ilsdoivent être pourvus d’une force morale exceptionnelle. C’est à eux à renouveler, quand elle s’épuise, la provision de résistance physique et morale, de gaîté et de force (Beynaud). Quand le choix de l’effectif européen est arreté, il faut chercher un point de concentration.
La concentration doit se faire de préférence par groupes restreints dans de petits postes aménagés à cet effet, où le soldat puisse se reposer sans courir risque d’être contaminé : ce fut le procédé employé pour l’expédition de Chine. La réunion du corps expéditionnaire dans un grand camp de concentration parait dangereuse (Exemple du camp du Pas-des-Lanciers). Le médecin procédera, avant le départ, à la vaccination et à la revaccination avec d’autant plus de soin que les pays où les soldats doivent opérer sont infectés de variole.
On aura garde de prendre les contingents dans des corps où existe une maladie infectieuse à l’état endémique. L’exemple de la campagne de Tunisie a fait voir le danger d’importation de la fièvre typhoïde par cette voie.
IL Vêtement et équipement. — Au fur et à mesure de leur arrivée au point de concentration les hommes seront équipés. Longtemps le soldat français dut porter aux colonies le vêtement métropolitain. Il fallut arriver jusqu’au 15 juin 1905 pour qu’on donnât