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Dépêche coloniale, 15 septembre

aux hommes, aux ports d’embarquement, un paletot de molleton, un pantalon de flanelle, une ceinture de laine et un casque en liège. Seuls les zouaves et les tirailleurs ont été autorisés à garder leur ancien uniforme. On devrait ajouter à cette tenue un capuchon en tissu imperméable dont on a doté nos troupes indigènes en Indo- Chiné.

Aux colonies, le vêtement doit protéger contre la chaleur, l’humidité et les souillures extérieures. Il doit être flottant autour du corps pour permettre l’émission de la chaleur naturelle; pendant le jour il doit favoriser l’absorption et l’évaporation de la sueur; pendant la nuit protéger contre le refroidissement. Pendant le jour il faut des vêtements minces, mauvais conducteurs de la chaleur solaire ; le fait de superposer deux couches d’étoffe avec un matelas d’air protecteur interposé porte au maximum la non-conductibilité. Les tissus de laine répondent à cette condition; ils sont lâches et contiennent de l’air, mais ils sont par contre très hygroscopiques, mauvais par conséquent dans les climats humides comme au Tonkin, meilleurs dans les régions sèches comme au Soudan. D’une façon générale on reproche aux vêtements de laine d’irriter la peau déjà si susceptible et de causer un prurigo gênant, la gale bédouine, l’eczéma, etc.

Les tissus de coton s’imbibent rapidement de sueur et la laissent trop vite évaporer; appliqués immédiatement sur la peau ils occasionnent un dangereux refroidissement, médiatement ils sont excellentsî, d’autant plus que par leur texture serrée ils protègent fort bien contre les poussières.

Ces étoffes seront choisies de couleurs claire, blanche, jaune, grise ou cachou, couleurs réfractant la lumière; la couleur cachou est préférable pour l’armée, surtout celle qu’on obtient avec une teinture mixte de sel de fer et de noix d’arec et qui offre l’avantage très appréciable aux colonies de résister parfaitement au lavage.

La tenue du jour comprendra une veste cachou, ou blanche en temps de paix, un pantalon de toile flottant, un caleçon serré à la jambe, lâche à la ceinture; pas de cravate, ni de chemise.

Pendant la nuit il y a parfois des variations thermiques considérables; c’est ainsi qu’au Soudan la différence atteint parfois 30°; aussi le pantalon et la veste de flanelle bleue sont indiqués. Tous ces vêtements seront en double et seront portés avec les bagages. A la suite d’une journée de pluie le vêtement devra être changé.

La ceinture de flanelle est réglementaire.

La coiffure est constituée par un casque en liège ou en moelle de sureau avec orifices d’aération au sommet et au pourtour de la coiffe. Les bords doivent être suffisamment larges ; il doit être recouvert d’une

HYGIÈNE DES PAYS CHAUDS

eoiiïe, blanche en garnison, cachou pendant les expéditions. Le couvre-nuque est un peu lourd et immobilise souvent une épaisse couche d’air au niveau de la nuque. En tissu léger son action sera bienfaisante.

Le képi, ou mieux le béret, ainsi qu’on en fit usage en Chine, sont réservés aux régions froides ou aux marches de nuit.

Les chaussures seront résistantes et souples, et doivent remplir quelques conditions supplémentaires; protéger le pied contre les piqûres d’insectes et les morsures de serpents; afin d’étendre cette protection à la jambe, l’emploi des jambières est indispensable. On fait également usage de chaussures de repos : ce sont des brodequins lacés en toile avec semelle de cuir.

Le sac doit être banni; il sera remplacé par deux étuis-musettes en toile imperméabilisée, portés en bandoulière, et contenant des brosses, un quart et une gamelle. Un poids de 15 kilogrammes doit être regardé comme le maximum qu’on puisse imposer à un soldat européen. La couverture de laine, la pèlerine imperméabilisée, s’il y a lieu, la moustiquaire et les vêtements de rechange seront portés par les coolies attachés en nombre suffisant à chaque corps de troupes.

L’Européen doit autant que possible ne porter que ses armes. Aux pays chauds le blanc est le cerveau qui pense, et l’indigène le porteur qui marche.

Le nombre des coolies doit être au moins égal à celui des soldats. Au Dahomey on a compté I porteur pour 2 soldats et 1 abri pour 3 soldats; les Anglais en Abyssinie dotèrent les soldats européens de 478 mulets et de 400 porteurs pour 600 hommes; et les 600 indigènes de 270 mulets et de 500 porteurs. Pendant la première expédition des Ashantis, un bataillon européen fut doté de 650 porteurs et le bataillon indigène de 206 porteurs. Le premier groupe était composé de 217 coolies, 1 pour 3 soldats, 240 porteurs de cadres, 193 cuisiniers, domestiques d’officiers, porteurs de tentes.

III. Alimentation. — L’hygiène alimentaire aux colonies n’a rien de très spécial. Certains auteurs ont prétendu imposer le régime végétarien aux indigènes. C’est là une erreur; l’indigène se contente de sa maigre nourriture parce qu’il ne fait rien. Mais celui qui travaille doit recourir à la nourriture azotée. Il doit en être de même pour l’Européen (Dupont1). Celui-ci gardera aux colonies ses habitudes alimentaires. Les Anglais, qui aux colonies continuent leur régime

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