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Dcpont, Congrès colonial de

de viande et de thé, qui mangent toujours beaucoup de bœuf, se trouvent bien de ces habitudes. Wurtz1 pense que la nourriture est presque toujours trop azotée; cependant, ajoute-t-il, on ne peut tracer de règle à cet égard. C’est aussi notre avis.

L’usage de la viande et la quantité à conseiller est en rapport avec les facultés digestives du sujet, avec son âge, son genre de travail, plus qu’avec la latitude qu’il habite. La seule chose dont il doit s’abstenir d’une façon absolue c’est l’alcool. Le soldat en campagne a besoin d’un régime riche en albuminoïdes et ne prenant pas trop de place dans l’estomac; il mangera donc de la viande au taux de la ration de guerre, toutes les fois que les circonstances le permettront, sans en faire un usage excessif.

En Angleterre le soldat en campagne aux colonies touche 500 grammes de viande. Au Mexique nos soldats recevaient 5 à 600 grammes de viande fraîche. La part d’albuminoïdes à demander au règne animal ne doit jamais être inférieure au tiers de la ration totale.

Les hydrates de carbone fourniront 60 p. 100 de la ration d’énergie et remplaceront souvent en proportion équivalente une partie de la graisse animale qui est difficilement digérée. Il n’en sera pas de même si on peut utiliser les graisses végétales d’un usage courant à la côte d’Afrique et au Soudan, huile de palme, beurre de kariti, qui sont mieux supportés.

C’est en somme le régime mixte qui doit être le régime type : la preuve en a été faite sur les travailleurs noirs au Congo belge, sur les soldats noirs à Java, sur les coolies annamites en Indo-Chine, sur les Indiens et les Cafres engagés comme travailleurs aux Antilles et à la Guyane.

En prenant pour base les rations distribuées dans les colonies du Soudan, pendant les expéditions du Dahomey et des Ashantis, on a pu établir ainsi la ration type :

Pain

Viande fraîche

On conserve de poisson. . . .

Vin

( riz

Légumes secs < lentilles . . .

( ou julienne

Légumes frais

Graisse

Café

Thé

Sucre (cassonade)

Sel

Paix.

Guerre.

750 gr.

750 gr.

40 gr.

20 gr.

1. Wurtz, Régime colonial, Traité d'hygiène , Brouardel et Mosny, p. 73.

HYGIÈNE DES PAYS CHAUDS

Plutôt que d’augmenter la quantité de légumes secs, il vaut mieux en remplacer une partie par un complément de sucre.

Cette ration alimentaire correspond à :

Albumine 159sr,05

Hydrate de carbone 547 ,05

Graisse 37 ,35

soit 3 240 calories.

L’alcool ne doit avoir aucune part dans l'alimentation du colonial.

L’usage du vin sera modéré, et entre les repas on ne distribuera aux hommes que du thé léger sucré.

Les condiments irritants de la muqueuse gastrique seront également bannis des préparations culinaires. Cependant ils doivent être parfois tolérés.

L’emploi du sucre, au contraire, est un bienfait que ne méconnaissent pas les indigènes ; ils mâchent la canne à sucre en marchant sous les tropiques et cela leur fait supporter les fatigues, diminue la faim sans faire perdre l’appétit et empêche le dépérissement.

La ration type pour la nourriture des indigènes est peu différente de la ration type des soldats européens; on peut seulement remplacer certains aliments par des équivalents; elle comprendra par exemple :

Pain ou riz 750 grammes.

— ou mil 800 —

— ou maïs 500 —

Viande fraîche 400 —

Ou poisson salé, ou viande salée 250 —

Haricots 120 —

Ou riz 300 —

Ou lèves 120 —

Ou mil 250 —

Sel 30 —

Sucre, cassonade 60 —

Café 30 —

Ou thé 15 —

Le pain pourra être remplacé dans certaines circonstances par du riz, du mil, de la farine de manioc. Les gâteaux de manioc, les purées et les gâteaux de maïs des Cafres et des Indiens, les galettes de millet des Arabes, leur couscous peuvent parfaitement se substituer à l’aliment pain.

Les léfjumcs secs forment souvent l’unique nourriture du colonial avec la viande. L’un d’eux, le riz, est fourni par un grand nombre de

colonies et forme la base de la nourriture des Annamites, Chinois, Indiens, Malgaches.

Les légumes frais sont une ressource précieuse pour varier l’alimentation. Malheureusement ils sont rares en expédition. On peut leur substituer des plantes indigènes, jeunes pousses de bambou, d’agouman (raisin d’Amérique), les sommités vertes des patates ou de diverses cucurbitacées, les choux palmistes, les tubercules tels que l’igname, le taro, le manioc, etc. Il faudra avoir soin de bien laver ces légumes à l’eau pure, lorsqu’ils devront être consommés crus, la plupart des indigènes (Chinois, Annamites), comme beaucoup de maraîchers européens d’ailleurs, ayant l’habitude d’arroser leurs jardins potagers avec des matières fécales.

Les fruits abondent dans certains pays chauds et constituent un appoint utile et agréable de l’alimentation. A défaut de fruits frais, on distribuera des confitures, comme le font les Anglais, à la dose de 100 grammes deux fois par semaine.

La viande est fournie par le bétail du pays. On trouve du bœuf presque partout aux colonies. Mais il ne peut subir les longues marches ou la diète prolongée. Traîné à la queue des colonnes il donne un rendement de 20 à 30 p. 100 seulement. Les animaux sont atteints fréquemment d’affections parasitaires (tamia inerme), d’affections viscérales paludiques et de différentes infections parmi lesquelles la tuberculose et le charbon occupent la première place. Au Soudan la tuberculose s’observe souvent dans la proportion de 25 à 40 p. 100 L Le charbon, la peste bovine, affections qui rendent dangereuse la consommation de la viande, régnent parfois à l’état épidémique. Des épidémies de ce genre ont été observées en Annam et au Transvaal en 1807, au Cambodge et au Tonkin en 1899.

Le mouton , abondant en Algérie, où il forme la base de l’alimentation carnée, est assez rare dans nos autres colonies (Madagascar, Soudan, Congo).

La chèvre , qu’on trouve partout, fournit un excellent aliment.

Le porc se rencontre partout. Il est fréquemment envahi par les cysticerques du tænia armé, la trichine et le rouget. Les indigènes en consomment de grandes quantités. Cette viande ne devra être consommée qu’après cuisson prolongée.

La volaille est abondante, mais ne peut guère être consommée en colonne. C’est une ressource précieuse pour les hôpitaux.

Le poisson abonde dans les cours d’eau et les lacs des pays inter-

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