Kermorgant et Reynaud, loc. cit., p
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tropicaux. 11 constitue l’alimentation (le millions d’habitants en Afrique, Asie, Amérique, Océanie.
Cette viande devra figurer dans les rations des soldats indigènes et des coolies qui goûtent fort les poissons séchés et salés.
Le lait doit entrer non seulement dans l’alimentation des malades ou des convalescents, mais encore dans celle de l’homme en santé aux colonies. Il constituerait, d’après Kermorgant et Raynaud, le remède souverain des troubles digestifs, et doit leur être appliqué immédiatement dès le début.
Les conserves sont d’un usage constant aux colonies et leur consommation s’impose souvent d’une façon exclusive au cours des colonnes d’opérations. Combien de dyspepsies et de troubles de la nutrition sont consécutifs à une semblable alimentation! Expérimentalement, et à plusieurs reprises, nous avons nourri des chats, animaux carnivores par excellence, avec des conserves de viande ou de la poudre de viande d’une façon exclusive, ceux-ci finissaient par mourir de consomption après avoir présenté une diarrhée incoercible. L’alimentation par les conserves doit donc être regardée, au point de vue hygiénique, comme une alimentation de nécessité et d’exception.
Le vin à la dose journalière de 50 centilitres peut être consommé avec avantage.
L 'alcool, sous forme d’apéritifs, d’eau-de-vie, de tafia, le choumchoum des Annamites, le mabi des Antilles (préparé avec une écorce amère, des copeaux de gaïac, de l’eau et de la mélasse), l’arak des Indiens et des Malais, l’eau-de-vie de manioc doivent être absolument proscrits.
Aux pays chauds, l’action de l’alcool est plus pernicieuse qu’en Europe. « Il frappe à la tête et au ventre. » Les troubles dyspeptiques et les affections du foie en sont tributaires. Les facultés mentales et intellectuelles sont atteintes avec une rapidité qu’on ne soupçonne pas dans nos pays. A la (iuadeloupe, où la consommation de l’alcool est considérable (Ifi litres par habitant et par an, 2 500 000 litres pour 1 50 000 habitants), on a compté jusqu’à 50 p. 1 00 d’aliénés alcooliques. Ees accidents sont la conséquence non seulement de l’abus, mais de l’usage continu et régulier des boissons alcooliques. Comme le font remarquer Kermorgant et Reynaud. les races sémites, qui ont établi leur domination en Afrique, ne buvaient pas d’alcool. Leur sobriété était le fruit des prohibitions mahométanes. (Test, aux chefs qu’il appartient de conseiller leurs hommes, de les éloigner des cabarets en leur créant des occupations, et en prêchant d’exemple. En colonne, il faut chasser impitoyablement cette nuée de mercantiles qui s’abat autour des troupes en campagne.
Approvisionnement en eau potable. — Le choix en est restreint ; on marche on ne peut guère utiliser que l’eau de pluie pauvre en sel, difficile à recueillir et d’une captation aléatoire, et l’eau des rivières, trop souvent l’eau de mare ou d’étang. Il sera presque toujours nécessaire de l épurer. En campagne dans les pays chauds l’appréciation d’une eau de boisson est un problème qui demande toujours une solution rapide, car avant tout la troupe qui marche, sous un ciel de feu, qui arrive fatiguée au cantonnement choisi en général près d’un point d’eau, ne demande que de l’eau pour étancher sa soif, et immédiatement,. Les sources sont rares, il n’y a souvent qu’un puits à l’endroit de la halte, et je doute qu’on puisse retarder pour une troupe le moment de se désaltérer. Le mieux est en pareil cas de recourir aux filtres de poche, à la purification au permanganate, qui fait ses preuves tous les jours au dire de nos camarades des troupes coloniales. Le procédé Lambert et le filtre Hy notamment sont parmi eux d’un usage courant.
Mais avant tout on devra faire un large usage des infusions de thé qui réduisent au minimum l’inconvénient de l’élévation de température de l’eau bouillie. Nous avons d’ailleurs déjà dit nos préférences en traitant des approvisionnements d’eau pour les troupes en campagne, et nous renvoyons le lecteur au chapitre qui leur est consacré.
IV. Choix de l’époque du départ. — Il faut procéder à l’embarquement à une date qui permette d’arriver sur la hase des opérations en pleine saison sèche.
C’est d’ailleurs la période de l’année la plus favorable aux marches et aux travaux, tandis que la saison des pluies, de la chaleur humide, des inondations, outre la perte de temps et les inconvénients matériels qu’elle suscite, est déplorable au point de vue sanitaire. Aussi mauvaise, aussi dangereuse est la période qui suit immédiatement cette saison chaude, par le dénivellement des eaux et les oscillations des nappes souterraines.
C’est l’époque de la fièvre typhoïde et du paludisme.
Au contraire, si les troupes arrivent peu après le début de la saison sèche, elles trouvent une température sujette à des rémissions, des nuits fraîches propices au sommeil, on doit calculer le départ de façon à ce que le débarquement ait lieu :
Dans la zone tropicale nord fin novembre (Tonkin).
— — sud Mai (Madagascar).
— équatoriale nord Décembre (Ashantis).
— — sud Juin (Gabon),
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Si la région où doivent avoir lieu les opérations est en proie à une épidémie, il faut retarder le départ, de peur que l’apport du contingent nouveau ne réveille l’épidémie si elle sévit encore activement.
V. Transport des troupes et débarquement. — Deux sortes de navires sont en usage pour le transport des hommes : les navires « affrétés » et les « transports ». Les affrétés ne sont que des pisaller, l’encombrement y est à l’extrême, l’aération y est rudimentaire, la distribution intérieure aussi défectueuse que peut l’être un local utilisé pour un usage auquel il n’est pas destiné. Courtois y a constaté, dans les salles adossées à la machine, des températures courantes de 33° quand le temps oblige à fermer les sabords.
Les transports devront présenter des locaux spacieux percés de larges ouvertures ventilées par des manches à vent ou des ventilateurs à refoulement, de façon que l’homme soit assuré d’un renouvellement de 30 mètres cubes par heure. La surface d’aération doit être de 0 m. 50 environ. D’autre part les chartes-parties exigent un espace de 2 m3 373 par homme valide, 3 mètres cubes par convalescent et 6 mètres cubes par malade.
La ventilation 1 2 de chaque compartiment situé au-dessous du pont cuirassé doit être absolument indépendante de celle des compartiments voisins. Les prises d’air neuf doivent toujours partir du pont supérieur et être établies le plus hautpossible; les conduits d’évacuation de l’air vicié doivent aussi déboucher sur le pont supérieur et jamais dans les étages situés au-dessous de ce pont.
La quantité des hommes reçus dans nos transports actuels ne doit pas, pour répondre à ces conditions, excéder le chiffre de 600 passagers.
Le mode de couchage le meilleur est le hamac, qu’on peut facilement aérer et nettoyer; enfin une infirmerie de 15 à 26 couchettes, 2 ou 3 cabines d’isolement, une étuve à désinfection, des appareils à douche compléteront l’aménagement du transport.
.1. Dupuy et A. Yillejean 3 demandent 5 couchettes d’hôpital et d’infirmerie pour 100 passagers. Ces auteurs insistent en même temps sur les perfectionnements à apporter à la construction et à l aména-
1. Chàvkiny, Aménagement des bateaux au point de vue de la salubrité, Congres international d’hygiène , 1900.
2. Itmo, Les progrès de la ventilation des navires et des systèmes de chaudières marines au point de vue hygiénique, et L. Vincent, Ventilation des navires modernes, Congrès international d’hygiène , 1900.
3. J. Dur» y et A. Vii.i.e.iean, Hospitalisation des malades à bord des navires de commerce, Congrès de Buda-Pesth, 1909, Presse médicale, 1er septembre 1909.
Lemoine. — Traité d’hyg. milit. ^
gement de ces locaux. Jusqu’à ces derniers temps, ceux-ci étaient pris sur les cabines ou les chambres du bord; l’instruction ministérielle du 22 mai 1902 a prescrit qu’à l’avenir ces locaux seraient construits spécialement pour l’usage particulier des malades, et après avoir pris l’avis du médecin avant l’établissement des plans du bâtiment.
A tous les points de vue, d’ailleurs, les grands transports de l’État des types Annamite , Mytho , Shamrock , Vinh-long , sont supérieurs aux affrétés. Le médecin chef Bonnafy 1 s’exprime ainsi à leur sujet. « Si, dit-il, on embrasse l’ensemble de nos sept transports-hôpitaux, on est bien forcé de reconnaître que, sous la main et dans la main d’un homme de guerre, ces navires constituent une arme parfaite. Avec eux on peut enlever du coup une brigade avec son matériel et la porter où on veut. Grâce à ces navires on s’assure immédiatement une hospitalisation sur place excellente; enfin, la ligne d’étapes par voie liquide, ce cordon ombilical des corps expéditionnaires coloniaux, est à l’instant même très régulièrement établie; l’écoulement des malades et le ravitaillement en personnel et en matériel fonctionnent méthodiquement, sans à-coups, sans surprises. »
Actuellement, donc, la substitution des affrétés, du commerce aux excellents transports de l’État a été un recul dans la voie du progrès.
La façon dont se fait le transport de nos soldats à bord des navires de commerce est le plus souvent, en effet, fort défectueuse, et le Dr L. Murat2 a énuméré avec un sens critique très judicieux les améliorations à apporter à la nourriture, à l’installation générale, à la propreté et à l’aération de ces bâtiments. Pour la nourriture , le mode des aliments laisse beaucoup à désirer. Il faudrait que les soldats puisssent recevoir leur ration dans le local même où ils doivent la consommer et qu’ils ne soient pas astreints à cette pénible distribution sur le pont, à la porte des cuisines, chacun attendant son tour, debout, obligé, par le mauvais temps, de s’arc-bouter pour ne pas tomber, recevant plus ou moins les embruns et les paquets de mer à chaque coup de tangage; c’est une odyssée si pénible que beaucoup renoncent à leur ration et préfèrent rester à jeun plutôt que d’acheter à ce prix la satisfaction d’un appétit déjà bien compromis par le mal de mer. En outre, les hommes devraient avoir un gobelet qui leur évite la promiscuité du bidon commun.
Pour le repos , il faut donner au militaire passager un espace suffi-