K bel, Mtinch. Wochenschrift , 12 novembre
5. Von Noorden, Albuminurie beim gesunden Menschen, Deutsch. Arch.f. klinik. Med.., 1890, vol. 38, p. 205.
Le coefficient azoturique, d’autre part, est modifié, il y a rétention d’urée et les produits azotés incomplètement oxydés, l’acide urique surtout, apparaissent alors dans l’urine en grande quantité. Nous avons signalé déjà aussi la présence de l’acide lactique, qui cependant ne semble pas aussi fréquente que l’ont avancé Lagrange et Marcus.
Système nerveux. — L’épuisement nerveux est réel. Tout mouvement commencé par une excitation nerveuse entraîne bientôt la fatigue et le surmenage des cellules nerveuses. Edinger et Helbing1, qui ont soumis des rats à des fatigues prolongées, ont constaté au bout de très peu de temps des altérations de la moelle. Les expériences de Bovoditen ont établi, d’autre part, que l’épuisement épargne les tubes nerveux. Ceux-ci ne se fatigueraient jamais expérimentalement.
Il en serait de même pour les cellules nerveuses de la moelle d’après Pitres et de Fleury, qui ont montré que les trépidations épileptoïdes pouvaient atteindre le chiffre colossal de 12 000 oscillations doubles par heure, indéfiniment, sans fatigue. Quoi qu’il en soit de ces faits contradictoires, tous les auteurs admettent que la fatigue touche plus ou moins profondément les cellules cérébrales. Sans être prépondérante 2 l’influence psychique est évidente et, pour ainsi dire, providentielle, car elle joue le rôle de régulateur. La fatigue centrale précède la fatigue périphérique et agit comme un frein qui empêche l’organisme d’aller trop loin. La fatigue, en dernière analyse, a sa source dans le cerveau et le fonctionnement excessif des cellules cérébrales accélère la désassimilation et accumule en elle des produits toxiques. Cette notion de la coopération du système nerveux cérébral aux conséquences de la fatigue musculaire nous fait très bien comprendre, entre autres choses, le danger des marches de nuit, où l’automatisme normal est aggravé par l’effort, et la tension de l’esprit pour éviter les obstacles de la route, condition favorable à l’épuisement de l’énergie nerveuse. Elle nous fait comprendre certains phénomènes psychiques, certains délires observés au cours de défaites et à la suite de fatigues provoquées par les opérations militaires (épidémies de suicide, d’hallucinations sous l’influence du mirage en Algérie, etc.).
III. Maladies engendrées par le surmenage. — La fatigue est non seulement une cause de troubles fonctionnels du côté des principaux appareils de l’organisme, mais encore elle produit un
1. Edinger et Helbing, Monatschr. f. Psych., vol. III, Brouardel, Gilbert et Girode, Traité de Pathologie interne, vol. 9, p. 769.