‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 40 sur 252 · Vaillard, Traité de médecine, vol. IX, p · texte numérisé non relu

Vaillard, Traité de médecine, vol. IX, p

3. Régis, Académie de médecine, 1901, et Caducée, 1901, p. 99.

ACCIDENTS LOCAUX ET GÉNÉRAUX DES EXERCICES

et antérograde ou de fixation pouvant se prolonger pendant longtemps. Hyslop avait déjà signalé d’autre part l’analogie de certaines psychoses d’insolation avec celles du traumatisme et la fréquence de la paralysie générale à la suite du sunstrobe (insolation).

L’insolation, d’agrès Regis, agirait sur le cerveau à la façon d’une intoxication, soit par action directe du calorique sur le système nerveux (calorique poison), soit par voie indirecte ou d’auto-intoxication; si l’insolé actif relève très nettement de l’auto-intoxication, il est plus difficile d’expliquer l’influence directe de la chaleur.

O. Ililler 1 a insisté aussi tout particulièrement dans son dernier traité sur les complications récentes ou éloignées du coup de chaleur.

Parmi celles-ci prédominent les atteintes du système nerveux (41 cas), dont les principales manifestations ont consisté en délires hallucinatoires de la vue et de l’ouïe (I cas), délires mélancoliques avec idée de persécution (1 cas), dépression psychique avec phobie (1 cas) et démence (2 cas). D’autres fois, on a vu se produire des pertes de connaissance d’une durée de quatre à cinq jours avec crises épileptiformes au réveil (2 cas), ou bien une tendance constante à la syncope (1 cas), huit fois l’insolation a produit l’épilepsie et deux fois l’hystérie.

Enfin on a observé 23 fois des paralysies diverses, soit sous forme d’hémiplégie survenant dès le lendemain de l'accident, soit sous forme de parésie des membres inférieurs ayant duré de deux jours à trois semaines et s’étant accompagnées dans ce dernier cas de paralysie de la vessie. Viennent ensuite cinq observations de troubles de la parole consistant principalement dans l’impossibilité de finir les mots, d’autres fois la langue était paralysée.

Les troubles des organes des sens se sont manifestés sous forme de ptosis avec nystagmus, d’affaiblissement de la vision, voire d’une amaurose complète, de surdité et d’hallucinations de l’ouïe ayant été assez graves et prolongées pour nécessiter l’internement.

M. le médecin principal Ilublé elle médecin aide-major Pigache 2 viennent de rapporter également des observations analogues à celles de Ililler. Certains auteurs auraient vu la paralysie générale progressive succéder à une insolation (Fayrer3, Cramer 4, Hyslop :i).

Ces faits et l’étude d’IIiller sont du plus haut intérêt au point de vue militaire, car ils nous permettent de juger de la valeur de

1. IIiller, Die Gesundheitspflege des Heeres, Berlin, 11)05, p. 22.

2. Hublé et Pigache, Monographies médico-psychologiques , Bloud. 1909.

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