Fayrer, Insolation or sunteckc, A System of méd., t
4. Cramer, Atrophie fibreuse après insolation, Centralblatt Allgemeine, mars 1890.
3. IIyslop, Insolation et Aliénation mentale, Journal of mental science, oct. 1900.
l’insolation comme origine de troubles multiples des divers appareils. Et tout nous porte à penser que bien des lésions définitives de ces organes survenant plus ou moins longtemps après l’accident peuvent lui être attribuées.
Cette notion doit rester gravée dans l’esprit des médecins militaires qui jouent si souvent le rôle d’experts.
V Accidents produits par le froid. — Les accidents locaux ont ici plus d’importance que ceux produits par la chaleur, les engelures des extrémités et des pieds principalement pouvant causer un grand nombre d’indisponibilités.
Ici, comme pour l’insolation, les accidents généraux se sont toujours montrés parallèlement à ceux résultant du surmenage et des privations.
Les circonstances dans lesquelles ils sont observés proviennent, soit d’une modification du milieu extérieur, soit de conditions individuelles.
Il n’est pas nécessaire que la température extérieure soit très basse pour voir se produire les congélations, comme le prouve l’exemple de la retraite de Bou-Thaleb en 1846 . Une colonne forte de 2 800 hommes, déjà frappés par la fièvre et la dysenterie, rentrait à Sétif sous les ordres du général Levasseur après une expédition de trois mois. Arrivée le 2 janvier à 80 kilomètres de Sétif, elle fut surprise par une tempête de neige. Le thermomètre marquait seulement — 2°; mais il fut impossible de faire la soupe; les hommes éreintés, le ventre vide, passèrent la nuit sans abri. La colonne se remit en route le lendemain pour arriver à Sétif le 4. Elle avait semé le long du chemin, en quarante-huit heures : — 208 morts et 1 800 congelés, dont 532 durent être hospitalisés, et fournirent encore 32 décès. Ainsi plus des deux tiers de la colonne avaient été frappés à un degré quelconque, et la mortalité a atteint la proportion de 8 p. 100 de l’effectif.
Le vent et l’humidité augmentent l’action du froid. La neige, qui absorbe une grande quantité de chaleur en fondant, quand elle est en contact avec le corps, est un des éléments météoriques le plus redoutables.
Mais à ces causes extérieures viennent toujours se joindre la fatigue et le surmenage, la dépression morale qui en est la conséquence, puis l’immobilité, l’insuffisance des vêtements et de l’alimentation et enfin l’usage de l’alcool.
Toutes les grandes épidémies de congélation se sont produites avec ce cortège de misère physiologique.
ACCIDENTS LOCAUX ET GÉNÉRAUX DES EXERCICES
Les symptômes consistent en une obnubilation de la vue, de l’affaiblissement musculaire peu en rapport avec le travail fourni, de la raideur des muscles du cou et du tronc, puis surviennent du délire et des attaques épileptiformes.
Racontant les accidents observés au cours de la retraite de Russie, Desgenettes rapporte des cas de mort foudroyante. « Ils tombent, dit-il, avec quelques convulsions et expirent. »
Le pouls devient petit, les mouvements respiratoires paresseux et le malade succombe avec tous les signes d’une asphyxie lente.
Les accidents généraux peuvent survenir sans le moindre accident local, sans même que le sujet ait pour ainsi dire souffert. Ainsi Galzin1 rapporte qu’à la bataille d’Eylau, les nombreux hommes atteints d’accidents à la suite d’une saute de température de — 21° à — 15°, puis à -f- 6°, n’avaient éprouvé aucun phénomène pénible pendant le froid rigoureux qu’ils subirent du 5 au 9 février. Ils ne sentirent quelque chose que lorsque la température commença à remonter.
D’ailleurs Marey, Bolck et Richer ont fait voir que la vitesse de la transmission de l’action nerveuse diminue dans les nerfs moteurs et sensitifs sous l’influence de la fatigue et surtout du froid.
Gomme pour le coup de chaleur, le médecin doit intervenir rapidement. S’il s’agit seulement de lésions locales, mais étendues, il faut éviter de réchauffer brusquement les membres atteints en les exposant à la flamme d’un foyer incandescent, on doit les frictionner avec de la neige et y ramener le sang mécaniquement et progressivement.
On peut employer des liquides excitants lorsque la chaleur tarde trop à reparaître. Si celle-ci ne revient pas, les tissus prennent une couleur livide et il y a pas lieu de pousser le traitement local plus loin. Si la chaleur revient seule sans la sensibilité, on peut espérer pouvoir sauver la région lésée. Mais si la sensibilité n’est pas revenue au bout de vingt-quatre heures, tout espoir est à peu près perdu.
Galzin a vu la sensibilité ne revenir qu’au bout de douze heures pendant lesquelles il avait frictionné doucement et presque constamment les parties atteintes. Il faut avoir soin de laisser nues les parties en réaction et maintenir le sujet dans une atmosphère fraîche.
Pour les accidents généraux, les stimulants doivent être utilisés sur une large échelle, frictions à la surface du corps, injections sous-cutanées d’huile camphrée ou d’éther, puis de sérum artificiel chaud.
I Galzin, Revue de l'Infanterie , 1904.
Lemoine. — Trailo d’hyg. milit.
L’ingestion d’une petite quantité d’alcool à ce moment est d’une bonne pratique : on aura recours à la respiration artificielle et aux tractions rythmées de la langue.
La prophylaxie consistera à bien nourrir les hommes, en insistant sur les aliments développant la chaleur, tels que la graisse et le sucre. On sait que l’inanition abaisse toujours la température du corps. On limitera la durée d’exposition au froid en changeant par exemple la nature des exercices, l’heure d’une marche suivant les variations météorologiques, comme le prescrit d’ailleurs l’instruction du 30 mars 1895 sur l’hygiène des corps de troupes, p. 83.
Le vêtement joue aussi un rôle de première importance et surtout les vêtements des extrémités. On rapporte que, dans les Balkans, l’armée russe présenta un grand nombre de cas de congélation des pieds jusqu’au moment où on fournit des chaussettes aux hommes. Il sera utile de prescrire ou d’autoriser l’usage de chaussures spéciales pour les troupes exposées au froid et à la neige. Les Japonais et les Russes, dans la guerre de 1903, ont utilisé des snowboots, on a conseillé pour nos troupes alpines l’usage de raquettes à neige, destinées à empêcher le pied d’être entouré constamment par la neige.
En route, on devra marcher les rangs serrés, les sentinelles devront être réduites au strict nécessaire en temps de paix. En temps de guerre elles devront être relevées plus fréquemment et recevoir des vêtements et des aliments supplémentaires. Tout homme isolé est un homme perdu et, lors de la retraite de Russie, ce furent les traînards qui donnèrent la plus grande mortalité par le froid.
Il est vrai que ceux-ci faisaient partie des fatigués, des surmenés et on sait combien ce dernier état favorise les accidents dus aux influences météorologiques excessives.
On relate pendant la campagne de Crimée le fait d’une mortalité par le froid plus grande le second hiver que le premier. Or, la température ne fut pas plus rigoureuse, mais les troupes eurent alors à subir plus de fatigues.
De plus, il est hors de doute que le froid, par lui-même, peut, comme la chaleur, provoquer l’apparition des maladies infectieuses.
La célèbre expérience de Pasteur provoquant l’apparition du charbon chez la poule réfractaire à la maladie, par une simple immersion dans l’eau froide, en est une preuve manifeste. Lüde 1 a fait voir aussi son influence sur la prédisposition individuelle.
Le mécanisme des accidents dus au froid varie avec les circon-