‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 42 sur 252 · Lôde, Arch. /. Hyg., 1897; Revue d'hygiène, 1897, p · texte numérisé non relu

Lôde, Arch. /. Hyg., 1897; Revue d'hygiène, 1897, p

ACCIDENTS LOCAUX ET GÉNÉRAUX DES EXERCICES 67

ances qui les ont produits. L’obstacle apporté par le froid à la obilisation des phagocytes défenseurs de l’organisme explique )ur une part la genèse des maladies infectieuses. D’autre part ibaissement progressif de la température centrale, en provoquant le paralysie des systèmes nerveux et musculaire, explique l’asthénie énérale, les délires, l’affaiblissement musculaire.

Il est aisé de comprendre combien, dans ces conditions, l’autotoxication peut être facilitée d’un autre côté par la suppression de émonctoire cutané, surtout lorsque le rein, touché antérieurement, î peut venir compenser par une suractivité fonctionnelle l’i'nsuffijice des moyens d’épuration de l’organisme.

En résumé, qu’il s’agisse d’accident dus au froid ou au chaud, expérience acquise dans l’armée au cours des marches, de anœuvres et en campagne, a toujours démontré qu’ils devaient re attribués, pour la plus grande partie, au surmenage , l'action des étéores venant aggraver la situation d’un organisme en état de échéance, de misère, ou se défendant mal par suite de lésions iciennes ou récentes d’organes importants et principalement du eur et du rein.

Les précautions à prendre ont été bien exposées en détail par le édecin principal Salle1 dans un mémoire récent, qui fait l’applicam des mesures mentionnées plus haut aux différentes circonstances 5 la vie du soldat.

En dehors des accidents dus aux exercices militaires proprement ts, on observe dans l’armée d’autres accidents du travail, en partidier dans les régiments du génie et. des sapeurs-pompiers dont la ■ophylaxie fait partie d’une hygiène professionnelle plus particulière doit être ici l’objet d’une courte mention.

Les travaux de terrassement pendant la saison chaude ont produit plusieurs reprises le paludisme et la fièvre typhoïde. Une circulaire 1 6 septembre 1901 enjoint aux chefs du génie de ne pas faire exéiter de travaux de ce genre dans les casernes pendant la saison îaude, sauf en cas de nécessité absolue, et de prendre, le cas diéant, les mesures nécessaires pour faire désinfecter les terres •ovenant d’un sol plus au moins saturé de matières organiques, ans les pays de paludisme, les mesures à prendre sont celles qui mstituent la prophylaxie de cette affection. (Voir le chapitre consacré la désinfection et à l’hygiène des pays chauds.)

Les accidents de la guerre des mines sont en grande partie impubles à l’intoxication par l’oxyde de carbone. Ils surviennent d’ordi-

1. Salle, Gelures et insolations chez le soldat, Paris, Lavauzelle, 1907.

es

naire à la suite d’un séjour plus ou moins prolongé, quelquefois très court, dans une excavation produite par une explosion, parfois ces accidents s’observent même dans une mine abandonnée depuis quarante-huit heures et plus. Les médecins principaux Zuber1, Rigal2, Rizet3, Favier 4 ont décrit en détail les phénomènes cliniques observés qui sont ceux de l’intoxication par GO. Il en est de même pour les accidents consécutifs à l’inhalation de fumée (Coullaud) 5 6. Cependant parfois il y a eu association d’autres gaz, tels que l’acide carbonique incriminé dans l’accident de Grandenz, ou l'hydrogène sulfuré et carboné qui, d’après Rigal, rendraient plus toxique l’action de CO et CO 2.

Ces accidents sont observés surtout dans le corps du génie. Un des plus célèbres est celui survenu le 8 août 1873 sur des sapeurs mineurs du 12e bataillon du génie saxon. Il y eut 80 cas et 7 décès.

Comme traitement il suffit d’exposer l’homme à l’air pur, de desserrer ses vêtements, de pratiquer des tractions rythmées de la langue et de provoquer une excitation du système nerveux par la flagellation et les injections hypodermiques d’huile camphrée.

Les mesures prophylactiques consistent essentiellement à assurer la ventilation des galeries.

Les intoxications par X hydrogène servant à gonfler les ballons G ont été observées à diverses reprises. Elles sont rares cependant. On sait qu’elles sont dues à l’impureté de ce gaz qui, suivant son mode de préparation, est constitué soit par de l’hydrogène antimonié, de l’hydrogène sélénié et surtout par de l’hydrogène arsénié, suivant la teneur de l’acide sulfurique, toujours impur, qui a servi à la préparation. Les symptômes et les signes observés par Barié et Brissy7, hémoglobinurie, douleurs abdominales avec diarrhée et vomissements porracés, hypertrophie et dégénérescence graisseuse du foie, enfin présence de l’arsenic dans le sang, ainsi que ceux rapportés par Maljean8, Belin et Lecornu 9, Oulmont10, Croue11, semblent ressortir à la même pathogénie.

1. Zuber, Dict. de Dechambre, Art. : Maladie des mines, 2e série, vol. II, p. 353.

2. Rigal, Des accidents de la guerre des mines, Revue de médecine militaire de Delorme , 1*881-82.

3. Rizet, De quelques états généraux observés sur les mineurs du génie après les travaux du polygone , Arras, Î8G8, Gourtin.

4. Favier, Étude sur la maladie de la guerre des mines, Bull, médical.

5. Coullaud, L’intoxication par les fumées, Annales d'hyg., 1909, p. 490.

6. Ciiaignot, De l’intoxication par le gaz des ballons, tli. Paris, 1904.

7. Barié et Brissy, Intoxication suivie de mort par le gaz des ballons, Bull, de la Soc. méd. des hôp., 11 novembre 1904, p. 1059.

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