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Chassevant, Précis de chimie physiologique, Alcan

2. Linossieh, Hygiène du dyspeptique, p. 5, et Traité de diététique de Munk et Ewald, p. 218.

Or cette alimentation exclusivement azotée est dangereuse.

Ignatowski1, dans un travail du laboratoire du professeur Roger, a démontré expérimentalement la toxicité de la viande. Son usage longtemps continué chez le lapin finit par produire des lésions cirrhotiques du foie et de la néphrite parenchymateuse. Il semblerait qu’il existe un foie carné analogue au foie alcoolique et au foie syphilitique. La toxicité des muscles avait déjà été relevée par Roger2 luimême en 1891. Nous avons fait voir d’autre part avec Linossier3 l’action néphrotoxique de la viande.

L’insuffisance et les dangers de l’alimentation azotée exclusive a donc pour conséquence de rendre nécessaire une combinaison de ces mêmes aliments avec les graisses et les hydro-carbonés.

En effet, les graisses et les hydrocarbonés sont des aliments d’épargne pour les albuminoïdes et nous permettent ainsi de restreindre la quantité des aliments azotés. La graisse est en effet un principe constitutif important de l’organisme, puisque celui-ci en contient de 9 à 23 p. 100 du poids du corps, de plus elle permet de donner plus de sapidité à l’alimentation. Sa quantité maxima est cependant limitée par la difficulté de sa digestion à doses élevées. On ne peut dépasser 100 grammes à 150 grammes par jour sans s’exposer à voir survenir des troubles gastriques.

Les hydrates de carbone ont une valeur nutritive égale à celle de la graisse. Théoriquement, ils pourraient la remplacer, en réalité la chose est impossible en raison du volume considérable des aliments qu’il faudrait ingérer pour qu'ils soient représentés dans l’alimentation d’une façon suffisante, aussi les hydrates de carbone et la graisse doivent être associés en tenant compte des facultés digestives individuelles.

Les hydro-carbonés sont cependant plus utiles que les graisses, comme agents d’épargne de l’albumine.

En somme ces différentes sortes d’aliments peuvent se suppléer. On peut en alterner l’usage et avoir ainsi un régime mixte dont les éléments ont été fixés sous forme de ration dite ration d’entretien.

4° Fixation de la ration d’entretien. — La ration d’entretien est la quantité minima de principes nutritifs permettant à un individu de force et de poids moyens, de conserver pendant plusieurs jours l’équilibre entre l’azote absorbé et l’azote éliminé.

1. Ignatowski, Arch. de méd. expér. et d'anat. pathologique , 1908, n° 1, p. 1, et Romme, La toxicité de la viande, Presse méd., 1908, n° 32.

2. Roger, Toxicité des extraits de tissus animaux, Soc. de biol., 3 oct. 1891.

3. Linossier et G.-H. Lemoine, Toxicité normale des aliments, Arch. des maladies de l'appareil digestif, avril 1910.

ALIMENTATION EN GÉNÉRAL

« L’alimentation, pour être suffisante, dit Linossier1, doit permettre à l’homme d’équilibrer ses recettes et ses dépenses, en maintenant son poids normal, s’il s’agit d’un adulte, en accroissant normalement son poids s’il s’agit d’un enfant. »

Ces rations varient naturellement avec chaque organisme, mais on a établi des moyennes.

Voici quelques-unes d’entre elles :

Types de rations d’entretien.

Munck et Ewald.

Voit.

A. Gautier.

Linossier.

Albumine

Hydro-carbonés. . .

Graisse

Rations de

travail.

Albumine

Hydro-carbonés. . .

Graisse

Pour Maurel 2 on devrait calculer 1 gr. 50 de substances azotées par kilogramme de poids et 6 grammes d’aliments ternaires, ce qui, pour un homme de 70 kilogrammes, donne : 105 d’albumine, 420 d'hydrocarbonés.

Lors d’un travail moyen la ration doit se composer de la ration d’entretien plus un sixième de celle-ci, et deux sixièmes lors d’un travail fort. De plus les pertes dues au travail étant couvertes surtout par les aliments ternaires, ceux-ci seront augmentés d’un cinquième tandis que les azotés ne le seront que d’un dixième.

La quantité d’albuminoïde donnée par Maurel doit être regardée comme un minimum indispensable pour réparer l’usure de l’organisme. L'albumine ne peut pour cette œuvre être suppléée par rien.

Des tableaux ont été dressés donnant pour les divers aliments leur richesse en albumine, hydro-carbonés et graisse; nous en extrayons ce qui a trait aux aliments entrant dans la composition de la ration du soldat.

Contenance. Viande. Pain. Pommes Haricots. Sucre.

de terre.

Albumine 21 6,8 1,2 23 0

Graisse 9 0 0,015 1,9 0

Hydro-carbonés.... » 52,3 17,3 55,6 100

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