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Linossier, Hygiène du dyspeptique, p. 3, Masson

2. Maurel, Arch. de mëd. navale , 1900, n° 12, et 1901, n° 1 et 2.

Type de ration d’entretien sous forme d’aliments (Linossier).

Éléments

Viande.

Pain.

nécessaires.

CN

Graisse

Albumine. . .

Hydro-carbo-

nés

Haricots.

Pommes de terre.

Graisse.

Sucre.

100sr

28ït

Les matières alimentaires ne sont pas absorbées en totalité durant leur parcours à travers le tube digestif. L’absorption des substances albuminoïdes notamment, n’est pas uniforme. Bien que chimiquement les matières albuminoïdes animales soient analogues aux matières albuminoïdes d’origine végétale, celles-ci, cependant, sont moins bien digérées.

Apport de l’énergie nécessaire an fonctionnement de l’organisme et d’nne réserve de force. — A chaque instant notre organisme, par le fait même de la vie, absorbe et dépense une certaine quantité d’énergie. Les mouvements qui s’effectuent dans les systèmes circulatoire, digestif et respiratoire, les réactions chimiques qui se produisent dans l’intimité de nos tissus, nécessitent de la force.

Celle-ci a été mesurée, elle demande l’emploi de 2 515 calories environ, se répartissant de la façon suivante :

I 700 calories pour satisfaire aux pertes par rayonnement cutané, 190 pour l’évaporation pulmonaire et 370 pour l’évaporation sudorale. L’écliauffement de l’air inspiré et des aliments exigent respectivement 30 et 45 calories. Enfin la production du travail intérieur, utilisé surtout pour la circulation en demande 130.

Donc l’organisme, avant de pouvoir produire un travail extérieur, devra, par le fait seul des lois de la vie, emmagasiner 2 515 calories.

II faut, de plus, calculer 100 calories pour le travail extérieur moyen. Von Norden calcule que 32 à 35 calories par kilogramme d’homme sont dépensées par 24 heures au repos, 38 à 45 pour un travail moyen, de 50 à 70 pour un travail fort. A. Gautier, pour le repos, demande 30 calories par kilogramme, pour le travail moyen 39 calories, pour le travail fort 57 calories.

Les aliments constituent précisément la source de cette énergie. Aussi après avoir cherché dans ceux-ci les éléments de reconstitution de nos tissus, sera-t-il bon de nous renseigner sur leur puissance calorifique.

Pour la calculer, deux méthodes sont en présence :

ALIMENTATION EN GÉNÉRAL

La première et la plus ancienne, dite de Riihner et d’Atwater consiste à mesurer cette puissance par le nombre de calories nécessaires à brûler complètement au calorimètre chacun des genres d’aliments entrant dans le régime de l’homme ou des animaux.

La seconde, due aux belles recherches de Chauveau, n’admet comme origine de force que ce qui, dans l’aliment, peut fournir du glycose par dédoublement intra-organique.

Dans la théorie de Rübner etAtwater les aliments peuvent se remplacer en proportions isodynames, c est- à-dire suivant la chaleur qu’ils dégagent par leur combustion intra-organique . Le nombre de calories employées à obtenir leur combustion complète est regardé comme représentant le nombre de calories dégagées par ces substances. C’est ainsi que :

Rübner.

Atvater.

1 gr. d’albumine dégage

. . 4cal,l

1 gr. amidon ou h.-c. dégage. . . .

1 gr. graisse dégage

Ces derniers chiffres tiennent compte de la fraction moyenne de chacun des aliments qui reste inabsorbée dans l’intestin. Il serait donc indiqué de les substituer aux coefficients de Rübner.

D’après ces chiffres nous voyons que les hydrates de carbone et les albumines peuvent se substituer l’un à l’autre, qu’ils ont en définitive meme poids isodynamique ou isothermique.

Les poids isodynamiques de la graisse sont un peu plus du double que le poids isodynamique des hydro-carbonés et albumines.

1 gramme de graisse équivaut à 2,30 de carbone ou d’albumine.

I gramme d’hydro-carbone ou d’albumine équivaut à 0,42 de graisse.

Si, muni de telles données, nous nous demandons quel est le nombre de calories fournies par les rations d’entretien de Münck, voici les chiffres auxquels nous arrivons :

Albumine.

Graisse.

Hydor-

carbonés.

Calories.

Homme au repos

— au travail moyen. .

— pénible.

Dans la théorie de Chauveau les aliments ne peuvent se substituer les uns aux autres que suivant la proportion de glycose qu’ils peuvent fournir à l’économie.

Pour Chauveau, il n’y a qu’une substance capable de développer de l’énergie, et cette substance est le sucre. Plus un corps sera riche en substance transformable en sucre, plus il développera d’énergie. Deux substances pourront se substituer l’une à l’autre, non plus lorsque les calories dégagées par leur combustion seront égales, mais lorsque leur teneur en matière glycogénique sera en proportions identiques. En un mot, aux poids isodynamiques il faut substituer les poids isoglycosiques.

La valeur des aliments devra être calculée d’après la quantité de glucose qu’ils peuvent produire par leurs dédoublements intra-organiques. Ainsi :

1 gr. de graisse fournit 1,61 de glucose.

1 gr. d’albumine — 0,80 —

Dans ces conditions la chaleur, utilisable pour le travail physiologique, dégagée par les divers aliments serait :

Albumine 3,2

Hydrates de carbone 4,1

Graisse 8,4

Weiss1 vient de faire voir qu’au point de vue calorifique les aliments ne peuvent se substituer les uns aux autres en quantité isodyname. Pour remplacer 100 calories en hydrates de carbone, il faut environ 115 calories en graisse et 140 calories en albumine. Les hydrates de carbone apparaissent donc comme les aliments de la vie cellulaire à rendement le plus élevé, les graisses ne viendraient qu’en seconde ligne, et les albuminoïdes au troisième rang. Les hydrates de carbone, d'autre part, ne nécessitent qu’une faible élaboration, tandis que les albuminoïdes donnent lieu à un déchet de chaleur chimique de plus de 30 p. 100. Les graisses se classent entre les deux, avec un déchet d’environ 13 p. 100. Quant à l’alcool, il ne livrerait à l’organisme que de la chaleur et ne lui rendrait aucun service pour le travail physiologique. Il peut, à basse et moyenne température, suppléer d’autres aliments, mais d’une façon imparfaite et au détriment des véritables combustions physiologiques.

Quelles que soient les théories adoptées, des rations d’entretien et de travail ont été fixées par les auteurs. Les tableaux suivants font voir combien leurs chiffres sont variables.

1. Weiss, Isodynamie alimentaire, Bail. Acad. Med., 1909, p. 236.

ALIMENTATION EN GÉNÉRAL

Rations de l’homme au repos.

Albumine.

Graisse.

Hydro-

carbonés.

Auteurs.

Bourgeois français ne faisant qu’exercice

modéré

A. Gautier.

Moyenne d’un adulte de Paris

Bourgeois anglais (exercice modéré) . .

Fors ter.

Ouvrier allemand au repos

Pettenkofer et

Voit.

Soldat suédois (paix)

Abissen.

Prisonnier ne travaillant pas

Schüster.

Paysan silésien

Meinert.

Rations

de travail.

Albumine.

Graisse.

Hydro-

carbonés.

Auteurs.

Ouvrier français travaillant beaucoup. .

A. Gautier.

A. Gautier.

Forgeron anglais (travail fatigant)

Playfair.

Ouvrier suédois

Hildesheim.

Soldat français (en campagne)

A. Gautier.

Soldat suédois (en campagne)

Almen.

Ouvrier bavarois

Voit.

Ouvrier allemand

Moleschott.

Soldat en campagne

G1 Perrier G

Il semblerait, d’après ces chiffres, qu’on puisse déterminer d’une façon rigoureuse et mathématique les diverses rations et qu’on puisse prévoir par la nature et la quantité des aliments ingérés le nombre de calories dégagées.

Or, il ne suffit pas d’ingérer, il faut digérer, et l’organisme humain n’est pas comparable à un appareil de physique.

Il est soumis à de nombreuses influences et nous ne devons pas prêter aux chiffres précédents plus de valeur qu’ils n’en ont réellement. Ils servent simplement à la fixation théorique et approximative des régimes.

Gomme l’a écrit si judicieusement Linossier 2 : « Il n’existe pas de ration normale d’entretien; ce que les physiologistes déterminent sous ce nom n’est que la ration moyenne, et en réalité les besoins alimentaires sont très variables chez deux individus différents à l’état de santé. »

II. Alimentation dans l’armée. — Dans une collectivité, l’ali—

1. Perrier, Essai de détermination de la ration du soldat en campagne, Revue de la Soc. d'hyg. alimentaire, 1909, n° 9.

2. Linossier, De la variabilité de la ration alimentaire, Bull, de la Soc. de tkérap., 24 déc. 1902.

TRAITÉ DrIIYGIÈNE MILITAIRE

mentation est en général uniforme en raison des difficultés pratiques que rencontrerait l’alimentation individuelle. Celle-ci cependant a été tentée dans l’armée anglaise, comme nous le verrons tout à l’heure.

En face de cette uniformité, il n’est pas sans intérêt d’opposer, au point de vue hygiénique, la variété des organismes appelés à subir un même régime. Gens de la ville, habitués à une alimentation plutôt carnée, hommes de la campagne, se nourrissant en grande partie d’un bout de l’année à l’autre d’aliments végétaux, pain en grande quantité, pommes de terre, choux et un peu de porc salé, tous doivent s’adapter à un régime qui en réalité s’approche plus de celui du paysan que de celui du citadin. Au bout d’un certain temps, il se fait sans doute une accoutumance, un entraînement, mais l’influence de ce brusque changement de nourriture doit se faire sentir au début pour tous et pour un certain nombre pendant toute la durée du service. Certains états dyspeptiques n’ont pas d’autre origine et une expérience déjà longue m’a convaincu qu’il y avait là souvent une cause importante de dépression de l’organisme.

Ne connaît-on pas d’ailleurs les mauvais effets de l’alimentation carnée chez les nourrices qui viennent brusquement de la campagne? et l’exemple des soldats japonais ne nous fait-il pas voir qu’il n’est pas indifférent de changer les habitudes alimentaires d’une collectivité.

Élevés à l’école allemande 1 , les médecins militaires japonais voulurent modifier, pour l’améliorer, l’ordinaire du soldat et ils ont dû rapidement rendre à ce dernier la ration de riz dans laquelle il puisait l’énergie nécessaire à l’exécution d’une campagne (guerre sino-japonaise). Pendant la guerre de Mandchourie 2 cependant, on a donné une plus grande quantité de poisson et de viande aux troupes, tout en leur conservant un taux suffisant de riz 3 (1 200 centimètres cubes de riz ordinaire ou 1 000 de riz étuvé).

Les rations allouées aux soldats varient en temps de paix et en temps de guerre. Les divers tarifs de vivres en temps de paix et en temps de guerre ont été fixés par deux instructions ministérielles, l’une du 14 juin 1900 pour le temps de paix, l’autre du 10 novembre 1908 pour le temps de guerre. Une instruction du 22 avril 1905 a de plus accru le taux de la ration de viande en temps de paix.

Alimentation du soldat en temps de paix. — Nous avons compris dans ce tableau les substitutions les plus usuelles nécessitées par le renouvellement des provisions de guerre.

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