‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 52 sur 252 · TAUX DE · texte numérisé non relu

TAUX DE

LA RATION

Pain

Pain

de munition.

nouveau.

Pain ordinaire : de repas

— : de soupe

Ou pain biscuité : de repas

Pain biscuité : de soupe

Ou pain de guerre : pour le repas. . . .

Pain de guerre : pour la soupe

Viande fraiche

Ou conserves de viande

Ou porc salé

Riz

Ou légumes secs

Ou conserves de légumes

Ou potages condensés

Graisse de saindoux

Ou graisse de bœuf

Sel

Sucre 1

Café torréfié 1

Suppléments extraordinaires.

Vin

Eau de vie : ration ordinaire

— : ration hygiénique

D’après une enquête poursuivie récemment par le contrôle et d’après un travail de Maillard2, il manquerait à cette ration une certaine quantité de graisse.

Mode d’approvisionnement. — Le mode de fourniture des aliments dans l’armée française était assez complexe. Il a été simplifié par le décret présidentiel et le règlement du 22 avril 1905 dont nous résumerons les prescriptions en ce qui concerne uniquement l’alimentation.

Avant 1905, la solde des hommes était de 28 centimes par jour. Sur cette somme, 5 centimes devaient rester à l’homme comme sou de poche, et les 23 centimes restant avaient pour but de comcompléter l’alimentation ; ils servaient en même temps à subvenir aux frais d’entretien et d’éclairage des chambres, au blanchissage du linge, au paiement des cuisiniers, etc. En général, ces der-

1. Pour les troupes disposant de percolateurs ou de cafetières François Vaillant, le taux de la ration entière de sucre et de café est seulement de 10 grammes pour chaque denrée.

Nota. — Des instructions ministérielles spéciales déterminent le taux des rations applicables aux potages condensés.

2. Maillard, Les ordinaires de l’armée française, Revue de la Société d'hygi'ene alimentaire, juin 1909, et Instruction ministérielle du 19 juillet 1909 sur les moyens de donner à l’alimentation dans l’armée un caractère rationnel.

Lemoine. — Traité d'hyg. milit*

nières dépenses étaient couvertes par 0 fr. 0614 par homme et par jour, mais le prélèvement pouvait être plus fort.

Le nouveau décret a eu pour but d’affecter exclusivement à l’alimentation une somme déterminée. On a retranché 23 centimes de la solde du soldat, et on les a transformés en primes normales éventuelles ou spéciales.

Les primes normales comprennent :

1° Une prime de viande basée sur une ration de 320 grammes de viande au lieu de 300.

2° Une prime fixe destinée à subvenir à toutes les autres dépenses normales de l’alimentation. Cette prime est de 0 fr. 22 pour l’intérieur, 0 fr. 26 pour l’Algérie (territoire civil) et la Tunisie et de 0 fr. 28 pour l’Algérie (territoire militaire).

. 3° Un supplément de 1 centime à la prime fixe allouée aux cuirassiers, aux hommes de l’artillerie à pied et du génie, des batteries à cheval et de montagne, et aux subsistants étrangers de ces troupes.

Les primes éventuelles :

Au nombre de quatre, sont allouées dans des circonstances spéciales, pour tenir compte des conditions hygiéniques, des fatigues exceptionnelles ou des dépenses annuelles imposées aux troupes. Le tarif de ces primes est le suivant :

0 fr. 03 à titre d’indemnité hygiénique en temps d’épidémie.

0 fr. 10 à l’occasion des revues ou travaux pénibles.

Ces deux primes sont allouées aux sous-officiers, caporaux et soldats.

0 fr. 13 pendant les marches, manœuvres et exercices techniques.

0 fr. 20 pendant les marches et manœuvres alpines.

Ces deux primes sont allouées aux caporaux et soldats. Elles sont portées à 0 fr. 90 et 0 fr. 93 pour les adjudants et 0 fr. 30 et 0 fr. 33 pour les sous-officiers.

Les sous-officiers rengagés ou commissionnés manœuvrant dans les Alpes perçoivent une double indemnité n° 3 en marches et manœuvres.

Les primes spéciales comprennent :

1° Des indemnités spéciales pour cherté de vivres ou conditions climatériques exceptionnelles.

2° L’indemnité pour la fête nationale.

Cette indemnité se cumule avec la prime éventuelle de 0 fr. 10 pour les troupes comptant a l’effectif présent le 14 juillet.

3° Des indemnités accordées dans certaines places des Alpes, suivant un tarif spécial.

En résumé, sauf le pain que l’on continue à percevoir en nature,

ALIMENTATION EN GÉNÉRAL

les differentes primes remplacent les anciennes prestations en nature ou leurs indemnités représentatives.

Quant aux bonis, en principe, il n’est pas fait de répartition; cependant, si, dans certaines circonstances exceptionnelles, une unité a fait un boni élevé; le chef de corps peut prescrire la répartition. de ce boni sur le corps entier. (Décret du 28 mars 1908.)

Préparation des aliments. — L’alimentation de l’armée absorbe en temps de paix une somme de 141 millions \ dont 90 millions sont dépensés par les ordinaires des corps de troupes. Il est donc indispensable de veiller à l’emploi de ces ressources, pour leur faire rendre le maximum d’utilité qu’on est en droit d’en attendre. Or, parmi les moyens à utiliser, la préparation des aliments joue le rôle le plus important.

Donner aux hommes la quantité de matériaux nécessaires à leur équilibre nutritif est indispensable, mais ce n’est pas suffisant.

Il faut pouvoir favoriser l’absorption et la digestion de ces matériaux et, à ce point de vue, la variété des aliments joue un rôle des plus importants.

« Un régime aura beau satisfaire, disent llouget et Dopter \ à toutes les exigences de la chimie, s’il ne renferme que des aliments peu appétissants, difficiles à digérer, il sera peut-être suffisant au point de vue théorique, mais en pratique il sera franchement détestable. Une nourriture grossière, monotone, sans cesse pareille, entraîne forcément à la longue de la répugnance et du dégoût, elle n’est plus, dès lors, consommée en totalité, et sa richesse nutritive se trouve diminuée de la valeur des résidus et des déchets. »

Schindler1 2 3, en 1885, fut le véritable promoteur de l’alimentation variée en l’organisant à la 10e compagnie d’ouvriers d’artillerie de Yernon.

« Il n’est pas absolument nécessaire, dit-il, pour juger le système d’alimentation variée, de savoir combien la ration journalière contient d’albumine, de graisse et d’hydro-carbone.

« Il importe davantage de connaître la nature des aliments consommés et sous quelle forme de préparation ces aliments ont été distribués. La ration habituelle du soldat français serait suffisante si elle était mangée, mais souvent les hommes, rebutés par l’uniformité des aliments, en rejettent une partie. »

Les déchets vont remplir le tonneau d’eaux grasses. Schindler a

1. Balland, Citassevant, Hygiène alimentaire dans l’armée, Société scientifique d’ Hygiène alimentaire, 1904.

2. Rouget et Dopter, Hygiène militaire, Traité d'hygiène de Brouardel et Mosny.

3. Schindler, L'alimentation du soldat en campagne, Paris, Lavauzelle, 1887.

constaté que le poids de ces résidus pouvait atteindre 210 grammes par jour et par homme avec le régime monotone ancien, tandis qu’il n’était plus que de 50 grammes lorsqu’on variait l’alimentation.

Il faudra donc varier les denrées et la viande principalement, varier aussi le mode de préparation.

Il ne faudra pas faire usage constamment de viande de bœuf, mais la remplacer par delà viande de porc ou de mouton; la graisse sera un aliment d’une grande utilité. D’abord, elle accroîtra le taux des aliments d’énergie et elle servira à mieux préparer la viande. Les légumes seront également variés ; enfin, l’usage fréquent de fromage sera recommandé.

La circulaire du 29 mai 1908 exclut de l’alimentation les saucisses, boudins, chipolatas, andouillettes, gras doubles, etc., à moins que la préparation de ces produits ait lieu dans les cuisines régimentaires, ou lorsqu’ils proviendront de boucheries militaires.

On utilisera et on surveillera les bonis pour nourrir les hommes et non pas pour leur donner du vin ou de l’alcool. Les denrées seront achetées en gros et de bonne qualité, et on utilisera dans la plus large mesure les jardins potagers dont l’organisation est prévue par l'instruction du 22 avril 1905. L’achat de denrées autres que la viande donnera également lieu à l’ouverture d’un registre de visite. (Circulaire ministérielle du 1er juin 1908 et Notice du 20 mai 1908.)

Les gamelles individuelles seront supprimées; elles devront être remplacées par des assiettes, des plats; on établira un menu commun à un bataillon.

La préparation des aliments joue un rôle des plus importants. Depuis les premiers travaux de Schindler, l’alimentation variée est entrée peu à peu dans les habitudes et le nombre des publications faites à ce sujet par les médecins et les officiers, témoigne du souci de tous pour cette importante question.

Le livre de cuisine militaire en garnison du 22 novembre 1908 donne enfin une consécration officielle au principe de ralimentation variée.

En Angleterre 1 on a fait dans ces derniers temps des essais intéressants de repas à la carte au dépôt des fusiliers de Winchester. Le cuisinier* chef sous-officier avait sous ses ordres 2 caporaux et 16 hommes pour préparer la cuisine nécessaire pour 600 hommes. Le menu était soumis chaque jour à l’approbation du quartier-maître; l’un d’eux comprend jusqu’à 18 mets différents : chaque homme

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