Balland, Revue de l’Intendance, septembre
PAIN ET LÉGUMES
Sa saveur est fade et il prend le goût de rance au bout de quelques mois. Balland 1 pense qu’on pourrait atténuer ce dernier inconvénient par l’addition de sucre. Un concours a eu lieu en 1902 dans le but de modifier le pain de guerre. Il n’a pas donné de résultats et le ministre de la Guerre a décidé que le Comité technique de l’Intendance entreprendrait des études pour remplacer le pain de guerre par le pain biscuité de forme oblongue, ayant une durée de conservation plus longue que le pain biscuité actuel, et une forme permettant de le loger plus facilement dans le sac. Des expériences faites en 1905 n’ont pas été favorables. Dans tous les cas, depuis le 26 avril 1902, le ministre de la Guerre a décidé que la consommation du pain de guerre ne serait plus maintenue en temps de paix. Il sera fabriqué au moment de la mobilisation dans des stations-magasins à l’aide de provisions de farine constituées en quantité suffisante dès le temps de paix. Pour le moment il ne sera donné aux troupes qu’à titre d’expérience pour assurer le service des vivres-pain en manœuvres, dans les colonnes d’Algérie, ou dans quelques ciconstances exceptionnelles.
Au point de vue hygiénique, le pain de guerre est aussi mauvais que l’ancien biscuit; il est de digestion difficile, car il irrite l’estomac en absorbant tous les sucs digestifs; il forme corps étranger, et sa présence ne tarde pas à provoquer la diarrhée par irritation de l’intestin.
Son procès semble donc fait, car les soldats s’en montrent peu partisans et le gaspillent.
Le professeur Simonin 2 attribue cette défaveur à ce fait que le pain de guerre ne se présente pas sous l’aspect connu et routinier, en quelque sorte du pain que l'homme mange à son foyer familial. C’est encore, ajoute-t-il, la complication utile, sinon indispensable, mais sûrement longue et assujettissante de le faire tremper avant consommation. C’est enfin et surtout la fréquence des parasites et des larves qu’on y rencontre.
Decaux3 a étudié trois espèces : YEphesta elutella , YEphesta interpunctata, l’ Asopia farinalis , et a montré que ces insectes ne visitaient les caisses à biscuits que de la fin de mai au commencement de septembre, d’où l’indication de mettre les produits en caisse dans la période intermédiaire. Il a fait voir, d’autre part, que la désinfection des caisses était fort difficile. Une température de 130° serait néces-