‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 84 sur 252 · Stroscher, Revue d’hygiène · texte numérisé non relu

Stroscher, Revue d’hygiène

Netter et Ribadeau-Dumas 1 ont trouvé ces mêmes éléments microbiens dans le sang de malades empoisonnés par des gâteaux à la crème. Il semble que, dans ces cas, le véhicule de l’agent pathogène (b. enteridis) soit représenté par le lait ou les œufs. Netter et Ribadeau-Dumas pensent qu’il s’agit plutôt d’une infection du lait, contaminé au moment de la traite par les bacilles carnés qui se trouvent dans l’intestin des animaux à l’état normal, comme l’ont démontré les recherches de de Morgan2. Caries3 attribue au contraire les accidents aux œufs ayant subi un commencement d’altération. On sait que certaines personnes sont particulièrement sensibles à l’ingestion de cet aliment. Saquet4 incrimine la gélatine ajoutée souvent à ces gâteaux. A. Gautier, à propos de la communication des auteurs précédents, a rappelé que, dans certains cas d’intoxication de ce genre, le rôle des blancs d’œufs n’est pas douteux, il semble qu’on doive éliminer l'hypothèse d’un poison métallique apporté par les ustensiles dont se servent les pâtissiers comme l’ont démontré les enquêtes diverses poursuivies à ce sujet.

On a encore trouvé le b. enteridis au sein des conserves de haricots dans un lot de boîtes dont une partie avait donné lieu à des empoisonnements chez près de 250 personnes. Rolly5, qui rapporte le fait en 1905, trouva 60 000 à 105 000 colonies de b. enteridis par ose de conserve ensemencée.

Mais la gastro-entérite n’a pas seulement été causée par les produits alimentaires infectés de salmonelloses. D’autres microbes peuvent aussi produire des accidents d’allure clinique identique.

Le b. coli a été trouvé à Y état pur dans certains aliments ayant provoqué de la gastro-entérite. Les observations les plus probantes sont celles deHolst, qui ingéra lui-même volontairement un morceau de fromage accusé d’avoir provoqué des empoisonnements. Il fut atteint d’accidents intestinaux et ne trouva dans l’aliment suspect aucun autre microbe pathogène. Il en est de même pour les recherches de Ladensdorf6 sur le sérum de malades infectés par la viande de veau. Ce sérum agglutinait les cultures du b. coli.

R. Fischer7 ne rencontra encore que ce microbe dans des aliments accusés d’avoir produit des empoisonnements chez 10 personnes à

1. Netter et Ribadeau-Dumas, Origine infectieuse des empoisonnements par les gâteaux à la crème, Bail, médical, 1905, p. 974.

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