Roger, Soc. de biol
Lemoine. — Traité d’hyg. milit.
qui se produit pour les salmonelloses, la toxine du proteus ne résiste que faiblement aux températures élevées.
Ce même organisme semble devoir être incriminé dans une épidémie survenue au camp de Hammelburg à la suite de la consommation de pommes de terre, le nombre des intoxications fut de 180. Les pommes de terre apprêtées en salade fourmillaient de proteus. Selon la remarque de Sacquépée, toujours l’élément microbien se trouve en quantité considérable dans l’élément incriminé. Des expériences de Dieudonné font ressortir le fait curieux que les cultures de cet organisme ne sont douées de virulence que lorsque le milieu est constitué par des pommes de terre ou de la viande. Sur les autres milieux, bouillon et gélose, le proteus perd complètement ses propriétés toxiques.
La souillure des aliments par le proteus semble être le résultat non d’une infection directe de la viande par maladie de l’animal qui l’a fournie, mais bien d’une contamination accidentelle produite par les manipulations auxquelles la viande a été soumise; d’autre part, il est bon de rappeler ce que nous avons dit antérieurement sur les dangers provoqués par la putréfaction en général. Comme l’ont établi Tissier et Martelly les putréfactions n’offrent de danger que lorsqu’elles sont associées à la présence d’un microbe pathogène.
Tout autre cependant semble devoir être la cause d’une épidémie rapportée par Babès1 en 1905, où l’infection, qui revêtit les caractères d’un typhus exanthématique, fut attribuée à une épizootie de poisson due au Proteus piscidus versicolor. Il y eut là une infection spécifique.
Enfin Fonteyne vient de rapporter une épidémie de gastro-entérite survenue à Neirelbeke en juin 1908 chez 40 individus après consommation d’un fromage qui ne présentait qu’un léger goût de rance. Les cultures pratiquées avec un morceau de ce fromage ont permis de déceler l’existence d’un cocco-bacille spécial, résistant à une température de 80° pendant quinze minutes.
Dans V armée, la gastro-entérite, d’origine alimentaire, a été observée à plusieurs reprises, le plus souvent à la suite de consommation de viande de veau cuite, d’autres fois après l’ingestion de conserves.
Polin et Labit2, en 1889, ont rapporté une des premières épidémies de ce genre et les circonstances qui l’ont accompagnée méritent d’être rapportées avec quelques détails, car ce sont celles observées le plus souvent.