‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 89 sur 252 · Vignon, Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Vignon, Thèse de Paris

inconnues, ou à des prédispositions organiques différentes? Il est impossible actuellement de donner une solution quelconque à ces questions.

Quant à la fièvre typhoïde produite par certains aliments elle est indéniable dans les épidémies de Klotten, d’Andelfingen et de Cotta: l’observation de Fornet en est une nouvelle preuve. L’origine de cette infection alimentaire trouvera sans doute en partie son explication dans les faits, mis en évidence par Forster et ses élèves, de contamination par des porteurs de bacilles.

La 'prophylaxie des intoxications alimentaires réside tout entière dans la surveillance des produits consommés dans l’armée.

Mais, tributaires de l’hygiène urbaine en cela comme pour toutes les autres questions d’hygiène, les villes de garnison doivent être pour les municipalités un motif d’améliorer tous les services d’hygiène en se conformant le plus rapidement possible aux prescriptions de la loi du 15 février 1902.

Pour ce qui concerne particulièrement les viandes, l’installation d’abattoirs avec surveillance sanitaire et installation de frigorifiques s’impose de plus en plus à l’attention des pouvoirs publics. De son côté le service de santé militaire a organisé un contrôle de denrées alimentaires en 1906.

Les soumissions des ordinaires sont autorisées à faire analyser, parmi les denrées alimentaires qui leur sont présentées, toutes celles dont la qualité leur paraîtrait suspecte.

Ces analyses ont principalement pour but la vérification des substances telles que le vin, le vinaigre, les graisses, les huiles, le lait, le beurre, le poivre, etc., dont les altérations ou sophistications ne peuvent êtres mises en évidence que par un contrôle scientifique chimique ou bactériologique.

Los examens bactériologiques qui sont plus spécialement destinés à rechercher les altérations que peuvent avoir subies certaines substances alimentaires, ainsi qu’à vérifier leur état de conservation et qu’il est aisé de prévoir comme devant être assez rares, seront effectuées par les médecins militaires chargés des laboratoires d’expertises bactériologiques.

Ces laboratoires sont énumérés, avec l’indication des régions desservies, au Bulletin officiel (E. M., vol 83, p. 304).

Les expertises chimiques qui permettront, dans la plupart des cas, d’identifier ces divers produits et de déceler les falsifications dont ils peuvent être l’objet, seront effectuées par les pharmaciens militaires attachés aux hôpitaux ou aux pharmacies régionales indiquées dans le tableau ci-après :

INTOXICATIONS ET INFECTIONS ALIMENTAIRES

Gouvernement militaire de Paris : École d’application du Val-de- Grâce et hôpital Saint-Martin;

1er et 2e corps : hôpital militaire de Lille; et 4e — — de Versailles ;

Bégin, Saint-Mandé

— — du camp de Châlons;

— — de Belfort;

— — de Bourges;

et 12e corps : pharmacie régionale de Limoges;

— hôpital militaire de Rennes;

— pharmacie régionale de Nantes;

— hôpital thermal de Vichy;

— hôpital Desgenettes et Villemanzy ;

— hôpital militaire de Marseille;

— — Perpignan ;

— — Toulouse;

— — Bordeaux;

— — Nancy.

Division d’Alger : hôpital du Dey à Alger.

Division d’Oran : hôpital militaire d’Oran.

Division de Constantine : hôpital militaire de Constantine.

Division d’occupation de Tunisie : hôpital militaire de Belvédère, à Tunis.

Les corps établiront pour chaque envoi un bordereau indiquant la nature et le nombre des échantillons, ainsi que les raisons sommaires qui motivent la demande d’analyse.

Le colis auquel sera joint le bordereau sera adressé directement au Médecin-Chef de l’hôpital militaire (au Directeur du Service de Santé des 6e, 11e et 12e corps d’armée pour les laboratoires de bactériologie de Chàlons-sur-Marne et les pharmacies régionales de Nantes et de Limoges).

Ultérieurement les rapports relatant succinctement les analyses seront établis en double expédition et adressés par les Médecins- Chefs d’une part directement aux corps intéressés, et, d’autre part, au Directeur du Service de santé du corps d’armée où se font les analyses.

Des rapports annuels résumant le fonctionnement des laboratoires, en ce qui concerne les expertises demandées par les corps de troupe, seront établis par les médecins et pharmaciens-chefs de laboratoire et transmis par la voie hiérarchique au Ministre de la Guerre (7e direction, 2e bureau).

Les colis contenant les substances à analyser devront être expédiés par grande vitesse.

Lorsque l’autorité militaire, désirant sé renseigner sur la valeur ou la qualité de certaines denrées fournies ou approvisionnées, prélève ou envoie des échantillons à l’analyse, et sans qu’il y ait litige, les frais d’envoi des échantillons, ainsi que le montant de leur A7aleur, restent à la charge des ordinaires.

Au contraire, si le prélèvement a lieu à l’occasion d’un litige, les frais de transport ou autres sont à la charge de la partie condamnée.

Il nous a semblé utile de rapprocher de cette organisation celle qui est en usage en Allemagne .

Chaque hôpital de garnison des chefs-lieux de corps d’armée comporte une station de recherches hygiéniques et chimiques, qui comprend deux sections : une de recherches microscopiques et bactériologiques; une de recherches chimiques.

La lre section est dirigée par un médecin militaire. Elle est chargée des recherches demandées par les hôpitaux du corps d’armée ou qui lui sont prescrites par l’office sanitaire (direction du Service de santé).

La 2e section est dirigée par le Ivorpsstabsapotheker (pharmacien militaire attaché à la direction du Service de santé du Corps d’armée). Elle est placée sous la direction du médecin-chef du lazareth de garnison.

Toutes les demandes de recherches microscopiques, bactériologiques ou chimiques, d’eaux, d’aliments, boissons, denrées, etc., doivent être adressées par l’intermédiaire de l’office sanitaire.

Les sections de chimie des stations de recherches ne sont outillées que pour des recherches simples ; pour l’exécution des analyses plus difficiles, il existe un certain nombre de laboratoires d’analyses hygiéniques et chimiques. Ils dépendent de l’office sanitaire du corps d’armée; sous la direction du Korpsstabsapotheker auquel est adjoint un pharmacien volontaire d’un an, pour le service spécial du laboratoire.

Ce sont les laboratoires :

1° Pour la Prusse , le Grand-Duché de Bade et V Alsace-Lorraine :

a) De l’office sanitaire du corps de la Garde à Berlin, desservant la Garde, les 3e et 4 e corps;

b) De l’office sanitaire du 6e corps à Breslau, desservant les 5e et 6e corps;

c) De l’office sanitaire du 7e corps, à Münster, desservant les 7e, 10e et 11e corps ;

d) De l’office sanitaire du 9e corps, à Altona, desservant les 1er, 2% 9e et 17e corps;

e) De l’office sanitaire du 14e corps, à Karlsruhe, desservant les 8e, 14e, 15e et 16e corps;

INTOXICATIONS ET INFECTIONS ALIMENTAIRES

2° Pour la Bavière :

f) Du cours d’opérations des médecins militaires à Munich, desservant les trois corps d’armée bavarois ;

3° Pour la Saxe :

g) De l’office sanitaire du 12e corps, à Dresde, desservant les 12e et 19e corps (1er et 2e corps saxons).

4° Pour le Wurtemberg :

h) De l’office sanitaire du 13e corps à Stuttgard, pour le corps d’armée wurtembergeois.

En plus des laboratoires ci-dessus, il existe encore celui :

i) De l’académie Kaiser-Vilhelm à Berlin, pour le service de l’enseignement et les besoins du Ministère de la Guerre.

Ce dernier laboratoire est dirigé par un Korpsstabsapotheker, qui est en même temps le professeur de chimie de l’académie et est secondé par cinq pharmaciens volontaires d’un an l.

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