Revue d'hygiène
six heures au lieu de treize. Les microbes se multiplient moins vite.
Müller conseille 5 centimètres cubes par litre. Le lait ne doit être consommé que six heures après cette addition. Le Conseil supérieur d’hygiène a accepté cette addition au mois d’août 1909.
Formol (von Behring1). — L’adjonction de 1 p. 5 000 à 1 p. 10 000 de formol conserve l’oxydase du lait cru. Les germes pathogènes sont arrêtés dans leur développement, mais ne sont pas tués. Le formol a donné des résultats brillants dans l’élevage des veaux. Wergde et Aurkel ont constaté l’altération des albuminoïdes. A. Gautier confirme cette opinion. Le formol entraverait les fermentations normales.
Il est d’ailleurs toxique; son emploi doit donc être rejeté d’une façon absolue.
On a encore proposé le fluorure de sodium dont l’emploi est interdit.
La simple filtration du lait par de l’ouate hydrophile suffirait d’ailleurs à lui donner une conservation suffisante. Diffloth 2 aurait gardé ainsi du lait en parfait état pendant 11 jours dans un endroit
frais .
Toutes ces opérations seraient d’ailleurs parfaitement inutiles si la traite du lait était faite avec propreté. Propreté du pis de la bête, propreté des mains, propreté des vases destinés à le recevoir. Malheureusement des habitudes fâcheuses séculaires et invétérées rendront encore longtemps ce breuvage suspect et difficile à conserver.
C. Infection provenant d’une maladie de la vache. — /. Maladies locales. — Les abcès localisés au pis de la vache, les abcès multiples dus au streptocoque, sont une cause d’altération du lait. Celui-ci sera souillé par le pus seul provenant de ces abcès, ou par le pus mêlé à du sang. Gendens 3 fait remarquer que les globules de pus se trouvent parmi les premiers éléments filtrants du lait. On peut considérer comme suspect un lait qui, après centrifugation et frottis de lamelle, laisse voir plus de cinq globules de pus par champ de microscope.
H. Maladies générales. — Parmi les maladies générales qui influencent la qualité du lait, la tuberculose occupe la place la plus importante.
Lait et tuberculose. — Gomme le fait remarquer Bertin-Sans, la tuberculose peut se transmettre plus facilement par le lait que par la viande : il peut en effet renfermer le bacille beaucoup plus fréquemment que les muscles de l’animal.