Bulletin de la Société de biologie, 1904, p
lose, en augmentant par là même celui du lait, si l’on considère que cet aliment est celui de tous les enfants.
D. Infections secondaires du lait. — Elles sont produites par l’adjonction au lait de matières pathogènes spécifiques. Cette cause a surtout été relevée pour la fièvre typhoïde et la scarlatine.
Ces contaminations se manifestent de différentes façons : ou bien directement par la main qui trait la vache et qui a touché auparavant des produits contagieux ou par des récipients lavés dans de l'eau sale, contenant ces germes pathogènes ou encore par le mouillage à l’aide d’eau contaminée.
Spattiswoode a rapporté une épidémie développée dans l’intérieur d’un hôpital par du lait conservé dans une cave où se déversait un égout. Le seul fait d’isoler le lait fit cesser l’épidémie.
Schlegtendal 1 a fait voir des épidémies urbaines consécutives à des cas de fièvre typhoïde survenus dans les fermes des environs des villes.
Comme rapporteur2 d’une commission médicale chargée d’étudier la genèse des retours périodiques de la fièvre typhoïde à Orléans, en 1900, j’ai démontré le rôle important d’une ferme environnante où se trouvait un jeune homme atteint de dothiénentérie. Seize malades de la ville appartenaient à la clientèle de cette ferme.
E. Altérations spontanées. — Ces altérations spontanées consistent d’abord en une fermentation des substances albuminoïdes qui, en formant despeptones, se développent sans donner d’odeur. Cette sorte de putréfaction est le point de départ des diarrhées infantiles : elle est due au bacille fœtidus de Jensen qu’une température de 65° pendant dix minutes ou 70° pendant cinq minutes suffit à tuer.
Le bacille a comme propriété de donner au lait un goût douceâtre et une odeur putride.
F. Falsifications du lait — Les principales falsifications du lait sont l’écrémage et le mouillage.
Prophylaxie. — La prophylaxie consiste, soit dans l’ébullition, soit dans la pasteurisation, soit dans la stérilisation à 112°.
L 'ébullition simple est suffisante en général pour la conservation du lait à court terme. Dans certains cas, elle est insuffisante; la seule montée du lait ne détruit pas le bacille tuberculeux. Beck a prouvé qu’elle doit durer au minimum trois minutes.
Morgenroth pense même que la durée de l’ébullition doit être de cinq minutes.