CHAPITRE PREMIER Maladies d'origine principalement nautique
Le typhus, le scorbut, le béribéri, l'héméralopie, une forme très-opiniâtre de constipation résument, à proprement parler, les maladies qui peuvent sans doute se rencontrer en dehors de ce milieu restreint, mais qui affectent pour lui une prédilection manifeste.
1' J'ai longuement insisté dans une autre partie de ce livre sur les conditions génératrices du typhus à bord des navires, attribuant à l'encombrement le rôle considérable qu'il joue dans la production de cette fièvre des vaisseaux, comme on l'appelait jadis, et j'ai montré que si ce fléau des anciennes navigations était dompté par les ressources actuelles de l'hygiène, il tend toujours à reparaître dès qu'on se relâche d'une vigilance assidue. Je n'ai pas à revenir sur celte question (1).
Sans aucun doute également, le scorbut se rencontre ailleurs qu'à bord des navires, et le scorbut terrestre des prisons et des camps est substantiellement le même que le scorbut nautique, mais il n'en est pas moins vrai que le navire est son terrain de prédilection et que si les progrès de l'hygiène navale ont fait reculer ce fléau, il y est aussi plutôt contenu que dompté et il y manifeste lui aussi tous les jours par sa tendance à reparaître, la permanence des causes qui [lui donnent plus volontiers naissance.
L'étiologie du scorbut maritime a été laborieusement étudiée. Tous les éléments de l'hygiène ont été successivement incriminés à ce propos et la discussion académique soulevée par le travail de M. Villemin (2), qui considère le scorbut comme une maladie infecto-contagieuse voisme du typhus, a remis au jour les controverses nombreuses qu'a suscitées de tout temps l'étiologie de cette grave affection. On sait la façon victorieuse dont M. A. Le Roy de Méricourt a combattu celte doctrine et rattaché le scorbut à sa véritable cause en en faisant une maladie procédant de l'alimentation, une cachexie nutritive, les autres conditions n'agissant que comme prédisposition ou aggravation. Nous avions nousmême soutenu cette opinion, qui était du reste celle de Kéraudren, et le travail, si riche de faits, de notre ami M. Le Roy de Méricourt n'ayant fait que nous afl'ermir dans les idées que nous exposions à ce propos dans la première édition de cet ouvrage il y a vingt ans, nous croyons devoir, comme intérêt historique, reproduire intégralement ce passage.
« Nous avons eu déjà l'occasion de dire que, pour nous, la cause du scorbut ayant ses racines un peu partout : dans un air vicié ou insuffi-
(Ij Voy. livre IV, chap. m, p. 310.
n 'rsm 'VJ'"^'"'"; ^T'' ""'"''^ ^" de méd., 2« série, t. IH,
du 20 et 27 ocîZe 1874''°'"'' ^' Méricourt la môme collection, séance»
sant, dans l'obscurité, dans la privation prolongée des influences telluriques, dans des passions dépressives, comme dans une alimentation incomplète, il n'y a pas, à proprement parler, de médicaments an^îsco?'butiques, comme il y a des médloimenls antisyphilitiques. Le remède du scorbut se trouve dans toutes les influences hygiéniques favorables, comme son origine peut se trouver dans toutes les influences hygiéniques défavorables. Et cela est tellement vrai, que les différents éléments de l'hygiène ont été tour à tour, et à bon droit, accusés dans l'étiologie des diverses épidémies du scorbut nautique. Que de fois n'a-t-on pas vu un navire peu encombré payer son tribut au scorbut parce qu'il manquait depuis longtemps d'une alimentation fraîche! Combien de fois, par contre, n'a-t-on pas vu l'abondance des végétaux frais ne pas conjurer le fléau, si elle coïncidait avec des conditions hygiéniques par ailleurs désavantageuses! Deux bâtiments d'une même station sont nourris de la même manière : l'équipage de l'un, soumis à un régime disciplinaire doux et paternel, trouve dans sa gaieté un élément efficace de résistance; l'équipage de l'autre languit dans une torpeur nostalgique et le scorbut le décime. Cette comparaison n'est pas une fiction, elle s'^est réellement offerte à nous. Qu'on ne croie pas cependant que nous cherchions à atténuer l'influence, pour la production du scorbut, d'une " alimentation insuffisante ou mal composée ; personne plus que nous ne comprend l'importance de cet élément étiologique, mais nous ne voulons pas qu'on lui attribue, non plus qu'aux autres, un rôle exclusif qui ne lui revient pas. Le scorbut est une grave perversion du travail nutritif; or, la nutrition doit son intégrité ou ses déviations à d'autres causes qu'à la nourriture : toutes les influences extérieures et les influences morales y coopèrent en même temps, il faut donc chercher dans toutes à la fois et la cause et le remède du scorbut; et la ventilaiion, le désencombrement, l'assèchement du navire, la brièveté des traversées, la fréquence des relâches, la douceur du joug disciplinaire, la gaieté, l'arrivée fréquente des nouvelles et des lettres, sont des antiscorhutiques qui, à notre sens, ont plus de valeur curative que le cresson, le cochléaria ou les sels de potasse du docleur Garrod. Nous n'avons à nous occuper ici que de la catégorie des ressources que l'hygiène peut emprunter à la bromatologie pour défendre les équipages contre les atteintes du scorbut.
Il est un fait auquel, nous le croyons, on n'a pas assez réfléchi quand on a édifié l'étiologie de cette afl"eclion, et qui, pour notre compte, nous a toujours vivement frappé. C'est que la nutrition soufl-re toujours, de quelques ressources alimentaires qu'elle dispose par ailleurs, si ces aliments sont soustraits depuis longtemps à Vinjluence de la vie. Il y a dans le sang qui vient de vivre (nous en demandons pardon aux pythagoriciens), comme dans la séve qui vient de circuler, ce sang incolore des végétaux, une puissance analeptique et restauratrice que rien ne remplace. A lan-
des et végétaux récents sont les deux antidotes du scorbut ; son apparilion est imminente toutes les fois qu'ils manquent depuis longtemps. Qu'on le remarque bien, en effet : du moment que la vie a abandonné une substance organique alimentaire, la chimie y a pris sa place ; ses opérations moléculaires s'y font d'une manière sourde, occulte, lente, mais réelle, et produisent des changements que la santé apprécie à merveille bien avant cette grossière limite de la putréfaction commençante qui frappe seule nos sens. Les conserves les plus parfaites sont dans ce cas; leur état chimique n'est pas celui des aliments frais, et la nutrition s'en aperçoit vite. Là est la part qu'il faut faire aux aliments dans la production du scorbut : une nourriture insuffisante, mais fraîche, engendrera l'anémie; une nourriture suffisante, mais envoie de décomposition chimique lente, engendrera le scorbut (1). »
M. Le Roy de Méricourt n'a pas eu de peine à renverser, dans sa pressante argumentation, chacune des propositions éliologiques formulées par M. Villemin et à ramener le froid humide, V encombrement, les passions dépressives, les fatigues, etc., au rôle secondaire qui leur revient dans la genèse du scorbut. La théorie zymotique du scorbut ne se relèvera vraisemblablement pas des coups qui lui ont été portés dans cette remarquable discussion, qui aura eu un autre résultat plus utile encore, c'est de montrer la direction dans laquelle l'hygiène navale doit porter ses efforts pour conserver les positions qu'elle a conquises.
Le scorbut était jadis l'effroi de la navigation tant à raison de la forme grave qu'il revêtait sur les navires que de son extrême fréquence, et les expéditions militaires, comme les voyages d'exploration, trouvaient dans ce fléau une pierre d'achoppement qui les faisait souvent avorter. L'atténuation du scorbut tel que l'ont connu les Rouppe, les Lind, les Kéraudren, etc., est la meilleure preuve des progrès immenses qu'a réalisés l'hygiène navale depuis l'époque oî!i observaient ces médecins navigateurs ; une meilleure disposition des logements dans les navires; moins d'entassement; plus de propreté; une nourriture meilleure; des traver sées moins longues, etc., sont autant de conditions heureuses qui ont sinon dompté complètement le scorbut, du moins en ont singulièrement atténué la rigueur. Il ne faudrait pas cependant s'endormir dans une sécurité trop grande; le scorbut est chez lui à bord des navires et et s'il y est réfréné par les mesures d'hygiène qu'on lui oppose, il est toujours prêt à reparaître quand, dans certaines mers surtout, on laisse s'établir quelques-unes de ses causes génératrices. C'est ainsi que M. Le Roy de Méricourt nous montre le scorbut en permanence ou en imminence sur les navires de Terre-Neuve. C'est là une des maladies qui' alimentent l'hôpital de Saint-Pierre. La marine de guerre elle-même n'est pas à l'abri des atteintes du scorbut, et cet hygiéniste rappelle, à ce
(1) Fonssagrives, Traité d'hyg. navale, 1856, p. 084.
propos, les épidémies de scorbut de notre escadre de Crimée. La marine de guerre anglaise a vu le scorbut, qui en 1860 était représenté par 80 cas sur iO,OGO matelots, devenir moitié plus rare en 1868. Sur les navires de commerce de celte nation au contraire une enquête spéciale dirigée sur ce point a constaté que de 1852 à 1863 il y avait eu une moyenne de 4,2 scorbutiques sur 100 matelots, ou de 420 sur 10,000, et que des navires ont été quelquefois désarmés par ce fléau. Elle met du reste, à la charge de l'incurie des capitaines qui allongent les traversées, n'embarquent pas de lime-juice ou en embarquent de mauvais, ce déplorable état de choses (1).
Sur nos navires de guerre le scorbut est devenu d'une rareté très-consolante. J'en donnerai pour preuves les chiffres suivants. La frégate le d'Assas montée par un épuipage de 230 hommes ayant eu pendant trois ans de station dans les mers du Sud 1,334 malades n'a compté parmi eux que 5 scorbutiques (2), et la marine anglaise, dans une période de 17 ans, de 1836 à 1872, n'a eu que 311 scorbutiques sur 873,310 hommes, soit en moyenne par an, 18 scorbutiques sur un effectif moyen de 50,194. Dans celte longue période il n'y a eu qu'un seul décès. Quand on compare ce résultat aux calamiteux ravages du scorbut , à 50 ans en arrière, on a la mesure du progrès réalisé en hygiène navale.
Il faut en rapporter l'honneur en grande partie à l'introduction du Ume juice dans l'alimentation nautique sans oublier de réserver à l'ensemble des autres améliorations une part secondaire, il est vrai, mais très-réelle.
Le scorbut sur un navire est une étrangeté ; les lois maritimes anglaises en font presque un délit et prescrivent une enquête ; si elle démontre que les précautions d'usage, en particulier l'emploi du jus de citron, ont été omises, la responsabilité du capitaine se trouve sérieusement engagée.
Le scorbut nautique est donc réfréné dans ce qu'il avait d'excessif et de fatal, mais son éradication n'est que relative, et de temps en temps il apparaît encore, sous une forme atténuée, il est vrai, et comme pour tenir la vigilance en éveil. Je citerai comme exemples récents l'épidémie de VEniily-Flinn en 1876, celles du Sovereign et du Wesùndge, celle de la frégate la Blanca qui, détachée de l'escadre espagnole après le bombardement du Callao, eut, en doublant le cap Horn, dans la mauvaise saison, c'est-à-dire en mai et juin, une épidémie de scorbut qui atteignit 272 hommes et lui en enleva 28; les épidémies du vaisseau le Henri IV en 1834, de V Iphigénie, de Y Orne qui eut à un moment donné 321 scorbutiques, etc. (3).
(1) V. Le Roy de Méricourt, État sanitaire de la marine marchande anglaise {Arch. de méd. navale, 18G7, t. VII, p. 21 G).
(2) C. Girard, Thèxc de Montpellier, 27 mars 1868.
(3) Voy. Le Roy de Mcricourt, loc. cit. Cette épidémie de l'Onîe ne fournit que deux décès; preuve manifeste de l'atténuation de gravité du scorbut actuel.
Entre les campagnes celles des liaules latitudes semblent prédisposer au scorbut (1). Endémique dans les mers du Nord, il y atteint les équipages dès que la longueur des traversées ou des croisières les condamne ù la privation de végétaux frais. C'est ainsi que les escadres française et anglaise, croisant en 1854 dans la mer Blancbe, ont payé à celle maladie un tribut qui a été visiblement allégé par l'emploi du jus de citron (2). Et enfin, pour invoquer un exemple tout récent, VAlert el la Discovery, dans la dernière expédition anglaise au pôle Nord, ont dû, en partie, l'insuccès de leur entreprise à l'invasion du scorbut (3). Nous verrons bientôt en traitant de l'alimentation du marin comment il faut la diriger pour mettre autant que possible les équipages à l'abri des atteintes du scorbut.
2° Le béribéri est encore une de ces maladies que l'on peut rencontrer à terre, M. Le Roy de Méricourt l'a démontré surabondamment dans un intéressant travail sur cette maladie exotique (4), mais il n'en est pas moins bien établi qu'il se plaît sur les bâtiments plus qu'ailleurs et que, quand des passagers de race jaune sont entassés sur des navires pour y faire de longues traversées, l'explosion de cette redoutable maladie est toujours à craindre. Les nombreux écrits des médecins de la marine qui ont navigué sur les bâtiments affectés à l'émigration indo-chinoise sont unanimes pour faire ressortir l'influence de l'habitat nautique sur la production fréquente du béribéri. Je dois, au reste, renvoyer le lecteur à un autre endroit de ce livre oîi j'ai déjà traité de l'étiologie de cette maladie, laquelle me paraît avoir plus que des analogies avec le scorbut (voy. p. 394).
3° Vhéméralopie ou cécité nocturne n'est certainement pas non plus une maladie exclusivement maritime, mais on ne saurait cependant douter de sa fréquence beaucoup plus grande à bord des bâtiments que dans d'autres conditions. Est-elle due, comme le croyait Audouy, à l'action successive et habituelle d'une radiation lumineuse trop vive et d'une grande humidité, deux conditions que réalise la vie sur les navires (5) ? Faut-il, comme je l'ai fait jadis (6), faire jouer dans sa production un
(1) Voy. Swarz, Relut, méd. du voyage de la Novarra, trad. van Lier [Arch. méd. nav., t. II, p. 561). Ce médecin a émis cette opinion singulière, que le scorbut est plus fréquent et plus grave dans les traversées en latitude que dans celles en longitude. Si ce fait est vrai, il met en relief l'influence du froid sur la production du scorbut.
(2) Gallerand, Rnpp. sur la croisière de la Cléopâtre dans la mer Blanche, 1854 (collect. de Brest).
(3) Nicolas, le Scorbut de l'expédition anglaise au pôle nord {Gaz. hebd. de méd., 1877, 5 janvier, p. 7 et suiv.).
(4) Le Roy de Méricourt, Dicl. encycl. de sciences médicales^ V série, 186 , art.
BERIBEni.
(5) Audouit, De l'héméralopie. Thèse de Paris, 1855. — Du môme, De l'héméralopie observée dans les voyages de circumnavigation, in Ai-ch. d'ophthalmologie, 1855, t. IV,
(6) Fonssagrives, Hyg. nav., l^" éd., p. 355. M. Lacroix, qui a soutenu, après moi, la doctrine étiologique de l'influence de la lumière réfléchie sur la production de l'hé-
rôle important à l'action de la lumière réfléchie sur la rétine? Doit-on enfin avec Grenial, Guenau de Mussy, Dulroulau (1) admettre que l'héméralopie n'est que la conséquence d'une perversion nutritive générale et établir entre le scorbut et cette névrose visuelle une relation constan te?
4° Je ne dirai rien de la calenture, le travail critique remarquable de M. Le Roy de Méricourt ayant démontré, d'une manière inattaquable à mon avis, que cette entité avait été édifiée à l'aide d'éléments divers empruntés à la pathologie commune des pays chauds (2).
5° Je signalerai en terminant comme une maladie de toutes les conditions et de tous les lieux, mais revêtant à bord une ténacité insolite, cette constipation souvent invincible à laquelle sont sujets les marins, comme Ramazzini l'avait remarqué et comme tous les médecins navigateurs ont eu l'occasion de le constater.
C'est l'un des fléaux de la vie maritime. Sans méconnaître l'influence des autres causes qui la produisent, on peut se demander si celte constipation quelquefois si opiniâtre (3) ne dépend pas en partie de la contraction du sphincter anal à chaque efl'ort d'équilibration, si les hypertrophies du foie et les maladies intestinales, si fréquentes à bord des navires qui naviguent dans les pays chauds, n'ont pas une de leurs causes prédisposantes dans les chocs et dans les ébranlements qui ne peuvent manquer de congestionner tout le système de la veine porte ; si, d'un autre côté, la fréquence des hémorrhoïdes et des varices, des ulcères atoniques des jambes chez les matelots, ne se rattache pas également pour quelque chose au mode spécial de station et de locomotion auquel la mobilité du navire les soumet? Quelque cas que l'on fasse de ces hypothèses, on ne saurait au moins disconvenir que la persistance des contractions musculaires, l'entraînement, pour ainsi dire, de tout le système nerveux qui les exécute, doivent exercer sur l'ensemble des fonctions une influence, sans doute inappréciée jusqu'ici, mais cependant très-réelle.
méralopie, a invoqué en sa faveur ce fait que, îi bord de la Thisbâ, il a vu l'héméralopie disparaître quand le ciel se couvrait et reparaître quand il était brillant (Lacroix, Jour- 7ialdu voyage de la Thisbé, Thèse de Pans, 1861, n° 63).
(1) Dutroulau, Étude sur les malad. marit. {Gaz. méd. de Parts, 1850).
(2) Le Roy de Méricourt, Existe-t-il une individualité morbide qui puisse justifier le maintien de la calenture dans le cadre nosologique? {Arcli. gén. de méd., 1857, 5« série,
(3) Ce n'est pas là évidemment la seule cause de la constipation nautique, le peu d'exercice que font les marins contribue aussi à la produire; de plus dans les pays chauds, il faut tenir compte également de la diminution des sécrétions intestinales sous l'influence antagoniste des sueurs abondantes ; Gonzalès qui a beaucoup insiste sur cette incommodité si commune îi bord des navires a cité le fait d'un aumônier maritime qui passait quinze et vingt jours sans aller Ji la selle et qui se débarrassait de cette constipation dès qu'il séjournait h terre. (Rey, Les médecins navigateurs; Gonzalès, in ^rc/< de méd. nav., 1871, t. XV, p. 170.) Toute l'ancienne marme a connu le fait de cet ofncier qui succomba à une constipation qui s'était prolongée pendant toute une traversée de France aux Antilles et dont l intestin eflVoyablement distendu est conservé dans les collections anatomiques du Musée de Rochcfort.
M.Rey, qui a insisté sur la fréquence de la constipation à bord des navires, recommande de les combattre par les lavements froids et prescrit le soir, avant de se mettre au lit, une ou deux cuillerées à café de mélange d'Hufeland (2 parties de crème de tartre soluble et une partie de soufre sublimé). On prend ensuite un verre d'eau froide. La belladone, le podophyllin, sont des moyens plus sûrs, mais encore faut-il seconder leur effet par des conditions autant que possible opposées à celles dans lesquelles la constipation s'est produite.
Sans avoir la prétention d'expliquer l'influence hygiénique de ces séries de mouvements, de cette gymnastique en permanence, nous pouvons nous demander si la constipation (1) que produisent si ordinairement les oscillations du navire ne dépend pas en partie de la contraction habituelle du sphincter anal.