‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 123 sur 224 · EXPLOSIONS · texte numérisé non relu

EXPLOSIONS

Les explosions des chaudières constituent un des plus graves accidents de la navigation et bon nombre de navires qui ont disparu à la mer ont dû sans doute leur perte à des faits de ce genre. Ces explosions sont déterminées par le défaut d'alimentation des chaudières qui surchauUe les parties à sec, et permet, quand l'eau touche les points surchaufiés, le développement d'une quantité de vapeur dont la force élastique dépasse la résistance des parois (3) ; par le mauvais fonctionnement des soupapes de sûreté ; par des dépôts salins abondants qui permettent à la tôle de s'échauffer et qui, se fendillant, laissent arriver à son contact de l'eau qui engendre une grande quantité de vapeur. Les machines à haute pression, très-rarement employées dans la marine de guerre, sont plus exposées que les autres aux chances d'explosion. Les anciennés canonières à vapeur [Flamme, Grenade, Avalanche Eclair, etc.) étaient dans ce cas, et l'une d'elles a sauté par suite de 1 explosion de ses chaudières. Le Nautical Magazine signalait, il y a un an, une explosion singulière due, sur un bâtiment à hélice, à la déchirure de tubes encroûtés de sels, donnant dans la boîte à feu ; la porte des fou rue aux de bâbord fut arrachée, et projetée dans la cale ; deux hommes furen grièvement blessés. J'ai rappelé P^- (^«^ P^^^ 1^^ 7^^^^^^^^ conséquences de l'explosion des chaudières du Comte-d^Bu ei du Roland Le sinistre le plus récent de ce genre est celui du Jhunderer qui k 14 uiîlet 1876, procédant à ses expériences à Stok's bay, vit éclater l'une de ses chaudières : 15 bommes furent tués sur le coup ; 4 moururent dans le trajet du bord à l'hôpital ; 59 blessés furent portés à terre et ou ntnt encore U décès, et comme la relation de ce sinistre elfroyablo s'arrêtait à un moment où il y avait encore quatre hommes en danger, 1 Lut é aluer à 50 environ le nombre des victimes de ce terrible accident. Comn ur Roland et Comte-d^Fu, la gravité des lésions a été constituée surtout par la brûlure de la muqueuse aérienne par la vapeur

''ïr::;tion: ie 'chaudières ne sont pas le seul accident de ce genre

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Vov liv. II. section deuxième, chap. i, p- U)J. „ ,„„ a on Ao la ti^naritr

(3) On sait aussi que la tôle chauffée au rouge n'a plus que les 0.30 de la lénaciU

qu'elle a h zéro.

(4) The Laucet, july 1876.

qui menace la vie des marins ; les soutes elles-mêmes peuvent se remplir d'un gaz inflammable qui détonne au contact de l'air et d'un corps enflammé. Ce gaz n'est autre chose que le grisou des mines. En 1B74-, une explosion de ce gaz eut lieu dans une des soutes de la frégate cuirassée anglaise Dévastation. Un cuisinier de ce navire fut grièvement brûlé pour avoir introduit une lumière à nu dans la soute oii il venait chercher du charbon (1). La fermeture des soutes est une cause d'accumulation de gaz explosible. Le journal Tlie Engineering relatant l'accident de la Dévastation, se demande s'il ne serait pas rationnel d'établir par des tuyaux d'évent une communication entre l'atmosphère de la soute et l'air libre. Je le crois volontiers.

Je ne dois pas omettre de signaler ici un accident d'explosion survenu à bord du Louis XIV, au moment où l'on procédait à la visite de l'un des réfrigérants, et par suite du voisinage d'une lampe qui servait à éclairer le mécanicien chargé de cette opération. Notre ami, M. Hétet, pharmacien en chef de la marine, recueillant le mélange gazeux dans le réfrigérant du côté opposé, constata qu'il était principalement composé d'hydrogène formant avec l'air un mélange explosible. Cet hydrogène lui a paru provenir de la décomposition de l'eau au contact du fer et du zinc (ces réfrigérants sont en tôle zinguée, reliée par des boulons en fer non galvanisé). Les conclusions de ce travail ont été d'éviter, autant que possible, dans la confection de ces réfrigérants la réunion de métaux d'ordre électro-chimique différent ; de veiller à tenir les réfrigérants entièrement pleins ou complètement vides ; enfin quand les réfrigérants sont restés longtemps sans servir, de les faire traverser par un courant d'eau, par le jeu alternatif de robinets destinés à cet effet (2). J'ajouterai la recommandation de se servir de la lampe de Davy pour des travaux de ce genre.

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