‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 135 sur 224 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Intoxications méphitiques et asphyxies.

Je ne ferai que rappeler comme se rattachant à cette catégorie d'accidents les faits que j'ai eu l'occasion de signaler déjà dans le cours de cet ouvrage, à savoir, celui survenu à bord de la flûte le Chameau et cité

(1) Dupont, Notes et obsei'v. sur la côle orientale cV Amérique (Thèse de Montpellier, 18G8).

(2) ^"c/'. de mèd. nav., 18G7, t. VIII, p. 10.

;,3) Nad'dUd, Plantes usuelles des Taïtiens (Thèse de Montpellier, ICGi).

(4) J'ai eu entre les mains un sijnanccia ftracchio de Taïti, et que je dois à l'obligeance d'un médecin de la marine. Je regrette de ne pouvoir en reproduire la figure. La tôte est grosse, obtuse, égale en longueur à plus du tiers du corps, recouverte en dessus de plaques dures très-irrégulières constituant dos saillies et des aiifractuosités profondes; le museau est relevé, la bouche grande, garnie de dents. Les nageoires pectorales sont larges, égales en longueur .\ plus de la moitié du corps, figurant des sortes de bras ou moignons que terminent des rayons égaux. Ces nageoires se réunis-

CoO PATHOLOGIE ET ACCIDENTS NAUTIQUES.

par Duhamel du Monceau ; celui observé h bord du Bisson, par M. Bourel-Roncière ; celui cité parGonzalès, etc. J'ai déjà relalé les deux premiers (1). Le dernier observé à bord du vaisseau le Triomphant, sur rade de Carlhagène, est raconté par Gonzalès dans les termes suivants : « Le vaisseau venait de mouiller; depuis longtemps, on n'avait pompé l'eau de la cale, l'ordre est donné de mettre le monde aux pompes, et on commence à vider l'eau. Mais les chaînes sont emmêlées, et il faut tenir bon en attendant que les calfats les aient démêlées. Le calfat qui, le premier, passe la tête par le panneau de la cale est asphyxié du coup et tombe au fond comme un corps inerte ; un second se présente et perd connaissance également, mais il tombe heureusement en travers du panneau, et on peut le retirer de cette bouche pestilentielle. Cinq hommes viennent successivement tenter de porter secours au malheureux calfat; sur ce nombre, quatre sont précipités comme lui à fond de cale ; le cinquième, par un heureux hasard, reste un instant retenu par les pieds sur le bord du panneau, on a le temps de le saisir et de le ramener. Il fallut défendre toute tentative nouvelle dans la crainte de plus grands malheurs. Après plusieurs jours, et moyennant certaines précautions, on peut enfin descendre dans la cale et en retirer quatre cadavres. Quant aux deux hommes qui n'avaient fait qu'à moitié cette terrible épreuve, ils en furent quittes pour quelques mois d'hôpital (2). »

J'ai indiqué plus haut (3) les précautions dont il faut s'entourer pour pénétrer dans des atmosphères suspectes et pour procéder au sauvetage des asphyxiés ou plutôt des empoisonnés qui en ont subi les atteintes.

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