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Projeclion verticale du réfrigérant

l"" OS de hauteur. Les grandes chaudières contenaient de 1,053 litres maximum, à 50 litres minimum. Le nombre des marmites qui surmontaient l'appareil variait également suivant la force des équipages. Aux

(Ma,a,fl,«,concI.nls de nammcs et cheminée. - 6, ô, ft, 6, espaces occupés par Icau. -c, c c, c, tuyaux ^ ' seï^aût à faire communiquer entre eux les espaces h,h, h. - m., niveau de l'eau. -XB, ligne su.van(

laquelle est faite la section horizontale représentée a la fig. 19. C*\ c c c c tuyaux servant à faire communiquer entre eux les espaces occupés par 1 eau. 'a,'a,'a, espaces occupés par l'eau froide. - b,b,b, espaces occupés par la vapeur.

BOISSOÎNS.

termes du marché passé le 4 juillet 1848 les appareils devaient fournir 7 kilogrammes d'eau par kilogramme de charbon, et l'Étal payait chaque cuisine distillatoire à raison de 5 fr. le kilogramme.

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Fig. 104 et 105. — Détails et coupes du condenseur (*).

10" Entre les anciens appareils et les appareils nouveaux se placent les chaudières distillatoires séparées des cuisines que j'appellerai chaudières du Vy^Q Bretagne^ du nom du navire auquel elles ont été appliquées, et qui consacraient la séparation définitive des appareils à distiller l'eau et de ceux à cuire les aliments. Les figures ci-contre donnent une idée de la disposition de ces appareils (fig. 101, 102, 103, 104, 105).

11" L'appareil imaginé par M. Perroy, ingénieur de la marine, et employé acluellement sur la plupart des navires de guerre et sur un certain nombre de navires marchands, se compose : 1° d'un aérateur constitué par deux cônes emboîtés l'un dans l'autre ; l'intérieur apporte la vapeur, l'extérieur aboutit au réfrigérant et communique avec l'air par deux robinets. Quand la vapeur entre et que les robinets sont ouverts, il y a appel d'air qui brûle certaines matières empyreumatiques et qui, se mélangeant à l'eau, lui donne une légèreté favorable à sa sapidité et

(*) a, a, a, a, espaces occupés par l'eau froide. — b,b,b, espaces occupés par la vapeur. — c, c, tuyau par lequel l'eau distillée va aux caisses à eau. — ff, prise de vapeur, — dd, tuyau de prise d'eau de mer pour la condensation. — nnnnn, cadre de fer sur lequel sout rivées les tôles qui forratnt les rectangles pleins d'eau froide.

h sa digestibililé ; 2" d'un réfrigérant ou condenseur formé de tubes^de laiton étamé contenus dans une caisse par la partie inférieure de laquelle pénètre l'eau de mer qui circule en sens inverse du mouvement de la vapeur, et s'échappe après avoir produit son effet de condensation.

se

b o oo oo oo oo oo oo oo oo o o o oo oo oo oo oo oo 00 oo o o o oo oo oo oo oo oo oo oo o o o oo oo oo oooo 00 ooooo

Les choses sont réglées de telle façon que l'eau produite n'ait pas une température supérieure à 35"% ce qui a le double avantage de ne pas désaérer l'eau et de ne pas remplir la cale de vapeurs humides. L'eau

(') A aérateur - pr, prise de vapeur. - r.r, robinets de prise d'air extérieur. - R, réfrigérant.- ' cd orTse d eau de mer. - te, -nau d'évacuation. - av, arrivée de la vapeur. - v,v, tub s. iCde ^^r Ls larp.elle'baignen. les tubes.-^ ^ parois dH d'évacuation de l'eau distillée. - F, filtre. A, tuyau d apport de 1 eau distillée.

Boissorfs.

circule dans le récipient par le fait de son échauffement qui l'entraîne de bas en haut; 3° d'un hllre dans lequel l'eau pénètre au sortir du réfrigérant et se purifie au contact du noir de fumée.

L'appareil Perroy fournit, suivant ses dimensions, de 3,500 à 10,000 litres par vingt-quatre heures de marche.

Les figures qui suivent feront comprendre aisément le fonctionnement de cet appareil distillatoire. La première (flg. 106) montre la disposition intérieure de l'appareil; la seconde (fig. 107) le représente en place.

Fig. 107. — Appareil Perroy, vu dans son ensemble et en place.

Pour faire fonctionner l'appareil Perroy, on ouvre le robinet de prise d'eau et celui d'évacuation à la mer, puis le robinet c qui fait communiquer le condenseur avec le filtre; on ouvre les robinets r,r del'aéraleur, le robinet de purge d'air qui se trouve à la partie supérieure du réfrigérant; on règle l'ouverture du robinet par lequel l'air s'échappe en excès. Au repos, on ferme tous les robinets, excepté ceux qui apportent l'air dans l'aérateur et ceux qui permettent la vidange complète de l'appareil.

12*' M, Bourel-Roncière a fait ressortir les avantages d'un a,ppareil

dislillaloire embarqué à bord de la frégate la Circé, système primitivement essayé sur la Diligente qui lui paraît fournir des résultats en-

core plus avantageux que l'appareil Perroy. Les figures ci-jointes, que i-eraorunte au travail de M. Bourel-Roncière, donneront mieux que ne e ferak une description minutieuse une idée du fonctionnement de

cet appareil. Chaque lilre d'eati douce est traversé par 20 litres d'air. L'eau douce parcourant un tube placé à l'extérieur du navire et immergé (1) se refroidit assez pour conserver l'air qu'elle contient et ne pas remplir la cale de vapeur, quand elle arrive aux caisses, elle n'accuse, en effet, jamais plus de 3o°^ Get'appareil peut donner 20 kilolitres par vingt-quatre heures, et chaque tonneau de charbon fournit 3,000 litres d'eau distillée. Le tonneau d'eau douce revient donc à 15 francs environ, et le litre à O^', 015. L'eau, comme dans les autres appareils, traverse des filtres Perroy qui sont placés très-près de l'orifice éjecleur des réfrigérants. L'eau, prise au sortir du distillateur, ne diffère que peu par sa température de celle de l'eau de mer; cette différence varie de 0",^ à 3°, 5. Au mouillage, l'eau qui baigne le tube extérieur se renouvelant avec lenteur, la production est moins abondante. Cette diminution est de 2 litres par minute ou de plus de 3,000 litres par vingtquatre heures. La moyenne de la température de l'eau au sortir des condenseurs a été de 26°'= (2).

On peut reprocher h ce système la vulnérabilité de son tube condenseur placé au dehors, la difficulté de le réparer et de l'étamer, et enfin le peu de pureté de l'air qui entre dans l'aérateur et qui vient du fond du navire.

Je dois dire qu'il n'a pas prévalu et que l'appareil Perroy règne dans notre mariné, et fait son chemin dans les marines étrangères.

§ 3. — Valeur de l'eau distillée.

Il est à peine besoin, aujourd'hui, de défendre l'eau distillée contre les attaques virulentes dont elle a été l'objet. Un enthousiasme véritable entoura le berceau de cette découverte, et les rapports de Cook, de Bougainville, de Phipps, de Baudin, d'Hamelin, de Freycinet, etc.', semblèrent d'abord de nature à assurer son intronisation définitive dans la marine ; mais bientôt à ces louanges succédèrent des récriminations vives dont le résultat fut de jeter quelque discrédit sur l'emploi hygiénique de l'eau distillée : les unes prenaient leur source dans l'imperfection des appareils, les autres dans des préventions chimiques irréfléchies ; les autres, enfin, il faut bien le dire, dans des sentiments de mauvaises passions. Deslandes trouva à l'eau distillée par Gauthier un goût spécial et la vit déposer, par le repos, une sorte de sédiment salin ; d'autres ont accusé ce liquide d'avoir un goût âcre, empyreumalique et d'exercer sur l'estomac une action corrosive; d'autres la trouvèrent lourde et

(1) Ce tube, étaméau dedans et au dehors, est double de cliaque côté - il n ^ mhf.no

FONSSAGRIVES, HïG. NAV.

^90 RÉGIME DE L'HOMME DE MER. j

indigeste. Mais nul n'aLlaqua plus violemmcnl les qualités hygiéniques de ce liquide que Sage : il signala dans l'eau distillée la présence d'un principe âcre, irritant, provenant de la décomposition des matières organiques contenues dans l'eau de mer; il donna à cette substance le nom bizarre et peu chimique de gaz oléaginé neplunien et lui attribua gratuitement les dangers les plus imaginaires. Nous avons vu plus haut comment l'opinion publique s'émut de ce travail, et nous avons dit que le ministre Portai ordonna dans tous les ports une enquête sur les faits annoncés.

L'eau distillée sortit, bien entendu, victorieuse de cette épreuve. En même temps que l'analyse chimique entre les mains de Châtelain, Réjou, Vasse, etc., pharmaciens de la marine, démontrait la pureté extrême de cette boisson et l'absence de tout principe ammoniacal, quelques-uns de ces expérimentateurs constataient sur eux-mêmes que cette £au n'exerçait sur la muqueuse buccale, même par un contact prolongé, aucune action irritante; on fit plus, on soumit dans les trois ports 41 forçais à l'usage exclusif de cette boisson. Quelques-uns d'entre eux, notamment ceux de Brest et de Rochefort, accusèrent au début de l'expérience une sorte de pesanteur à l'estomac, mais il ne fut pas difficile de voir que cette souffrance était simulée; une réduction de régime donna bientôt gain de cause à la vérité, et l'état florissant de la santé de tous ces hommes au bout d'un mois vint plaider éloquemment la cause de la distillation^ Un seul eut quelques coliques et de la diarrhée pendant le cours des essais, mais l'eau distillée était si bien étrangère à cette indisposition tout accidentelle, que celle-ci disparut sans qu'on interrompît l'expcrience

■ Le plus'grave reproche qui ait été fait aux appareils distiUatoires est le rôle qu'on leur a attribué dans la production de l'empoisonnement saturnin à bord des navires. Amédée Lefèvre qui a, comme chacun sait, étudié à fond cette question de l'origine du saturnisme à bord des na- -vire^ a démontré que les cuisines de Peyre et Rocher pouvaient devenir dangereuses par les quantités de plomb ou de cuivre qu'elles cédaient à l'eau. Ses expériences, conlirmalives de celles instituées par A. Chevallier en 1859, ont mis hors de doute ce fait de la production delà colique sèche des navires par le plomb contenu dans les cuisines distillaloires V Amazone, VAchéron, dont les cuisines étaient surtout incnminables, se sont signalés par la sévérité avec laquelle ils ont subi les atteintes de la colique sèche (2).

Au reste cette relation est établie maintenant sur des faits nombreux. Je citerai, entre autres, celui relaté par M. Crevaux, médecin-major

(\) Keraudfcn. Expériences faites à Brest. Toulon et Ro^efort sur l'eau de mer âistiuJe employée en boisson et dans la préparation des aliments {Ann. marrt. et colon.,

'^(•2) Am!\Tié\Tc!^ne^c/œi^^^^^^ les cama de la colique sèche, etc. Paris, 1859.

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du Lamothe- Piquet , qui a vu, à bord de la Caldera, du Havre, douze cas de colique de plomb déterminés par un élamage fait avec un alliage ' contenant parties égales de phmb et d'étain. Les officiers de ce navire qui buvaient de l'eau filtrée avaient été épargnés (I). Le remplacement du tuyau d'éjection qui conduit l'eau du filtre dans les caisses par un tuyau en caoutchouc, l'usage d'un filtre à charbon et l'obligation de l'étamage à l'étain pur sont autant de précautions qui éviteront la reproduction de faits de ce genre et affranchiront l'emploi des appareils distillatoires du seul reproche qu'on pourrait faire peser sur lui. Ces mesures, qui ont si bien réussi à bord des navires de l'État, devraient être rendues obligatoires sur les navires marchands et placées sous la garantie d'une surveillance assidue.

Un inconvénient moins grave, il est vrai, mais qui préjudicie à la saveur de l'eau, c'est son mélange avec des acides gras formés dans les conducteurs à surface (2). La vapeur condensée est devenue -une sorte ' d'émulsion qui retourne aux chaudières pour les alimenter. Aussi, la vapeur dirigée vers le condensateur de l'appareil distillatoire a-t-elle un goût très-désagréable que le charbon du filtre ne lui enlève pas et qui la rend souvent impolable. M. Hétet, pharmacien en chef de la marine a cru, trouverdans une solution de chaux au iOOO'^ un moyen de saponifier ces acides gras et de remédier, par suite, à cet inconvénient. Il : y parvint en interposant enire le réfrigérant de l'appareil Perroy et le filtre au charbon de ce même appareil un réservoir d'eau de chaux ; I le débit de l'eau de chaux est réglé à raison d'un litre de cette eau pour !901ilres d'eau à purifier. L'eau dislillée, ainsi mélangéeà l'eau de chaux, :se rend dans un compartiment dit épurateur, et là s'établit pendant 10 (OU 15 minutes, temps que le liquide met à traverser l'épuraleur avant < d'arriver au filtre de charbon, entre l'eau dislillée et Veau de chaux, le (Contact qui doit débarrasser la première des acides gras qu'elle cont lient (3).

Mi Hétet attribue aussi le mauvais goût que prend quelquefois l'eau ^distillée des navires à la présence deVazoti/e de triméty lamine qu'elle rent ferme ; l'eau de chaux décompose ce sel.

Je reproduis ici (fig. 109) la disposition de cette épuration par l'eau de (Chaux telle qu'elle a été conçue par M. Ilclet et réalisée avec succès par .^M. Risbec, ingénieur de la marine, à bord du Beautemps- Beaupré.

On se préoccupait beaucoup, au début de la distillation de l'eau de

pp ^930) ^''^^^"''' ^'^^^^ '^'^"^P'^^'^onnemenl par le plomb {Gaz. des hôpitaux, 1874,

(2) Dans ces condenseurs, l'eau de réfrigération et la vapeur ne sont pas en contact At'iir'u"; ^""^^^ '■«'■'"^^ immergés dans l'eau qui la condense.

■ (3) M. Hétet fait remarquer que l'oxyde de fer des caisses h eau est susceptible en formant un margarate de fer, de débarrasser l'eau distillée du goût et de l'odeur de g a ss"

mer, de lui donner l'air qui lui faisait défaiiL et sans lequel elle manquait, en effet, de sapidité et par suite de digestibilité. J'avais proposé d'aérer l'eau au moyen d'un vanneur dont j'ai indiqué la disposition sommaire. La disposition nouvelle des appareils de distillation munis d'un aérateur rend celte pratique inutile, mais peut-être pourrait-on

Fig. 109. — Épuration par l'eau de chaux.

V recourir sur les bâtiments marchands qui en sont encore aux cuismes distillatoires du système Peyre et Rocher. Un cylindre muni d'un vanneur à aubes serait mis en mouvement par une roue à main ; sa paroi supérieure serait traversée par trois tubes dont l'un s'adapterait à la douille d'un récipient d'eau, les deux autres, évasés en entonnoir à leur extrémité, serviraient à l'introduction de l'air. Un robinet, percé dans un point rapproché de la base et d'un diamètre égal à celui qui amène

l'eau clans le tarare aérateur, servirait à la conduire dans les caisses. Le mouvement rapide des ailes du vanneur agiterait l'eau comme le fait la roue d'un moulin, et la mélangerait fortement à l'air qui serait appelé par les deux tubes inspirateurs. Les dimensions du ventilateur Brindejonc seraient plus que suffisantes pour notre appareil, et l'inconvénient d'encombrement ne saurait conséquerament lui être adressé.

Un seul reproche peut être fait à l'eau distillée : elle est trop pure; elle reste muette à tous les réactifs : teinture de tournesol, sirop de violette, chlorure d'or, nitrate d'argent, oxalate d'ammoniaque, etc. Or nous avons vu que l'eau, pour devenir un bon aliment, doit renfermer €t de l'air et des substances salines. Qu'on rende à l'eau distillée ces deux éléments, et elle deviendra la plus salubre de toutes.

Je viens d'indiquer les moyens de rendre à l'eau distillée l'air dont elle a besoin. Un peut aussi lui rendre les sels qui lui manquent et qui doivent entrer dans la composition d'une bonne eau. En ISoO dans un rapport sur le service médical de la croisière des côtes occidentales d'Afrique, je signalais la facilité avec laquelle on pourrait amender l'eau distillée en y dissolvant certains sels. J'ignorais alors que M. Louyet, professeur de chimie au Musée de l'industrie de Bruxelles, avait proposé dès 1845 d'ajouter à l'eau produite par l'appareil Scheidtweiler, une petite quantité de bicarbonate de chaux afin de la rendre tout à fait potable. Plus tard, revenant sur celte idée, en 1856, j'ai indiqué, en prenant pour type une eau de rivière considérée comme excellente, d'ajouter à i'eau distillée et par kilolitre un paquet de sels assortis contenant chactm de chlorure de sodium; 3s',4 de suifate de soude ; 48 grammes de bicarbonate de chaux (l) et 14 grammes de carbonate de soude.

J'ai insisté et j'insiste encore sur la nécessité de cette addition dont rimportance ne semble pas avoir été appréciée chez nous, mais que la marine russe a rendue obligatoire sur ses navires. Cette amélioration est aussi simple qu'elle est utile, et nous la croyons de nature à rendre l'eau distillée préférable à toute autre, puisque, contenant les mêmes éléments utiles que les eaux potables les plus estimées, elle renfermera, de moins qu'elles, certains éléments nuisibles, les matières organiques en particulier. Tout prétexte de récrimination sera ainsi enlevé aux quelques esprits chagrins qui voient avec peine cette innovation prendre pied dans la marine, et qui attribuent encore à l'eau distillée, dont un usage exclusif pendant plusieurs années nous a démontré, pour notre compte, la parfaite innocuité, des inconvénients illusoires et des périls imaginaires.

(1) Le carbonate de chaux n'étant soluble que dans do l'eau chargée d'acide carbonique, on pourrait le remplacer par du chlorure de calcium ou du nitrate de chaux.

(2) Fonssagrives, Hyg.nav., 185G, p. '4*3.

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