‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 145 sur 224 · BOISSONS ÉCONOMIQUES · texte numérisé non relu

BOISSONS ÉCONOMIQUES

Toutes les substances contenant des matières sucrées et des principes capables de Jouer le rôle de ferments, mises au contact de l'eau et placées dans une température convenable, subissent la fermentation alcoolique et sont susceptibles de fournir des boissons économiques analogues aux cidres et aux bières. Celle propriété pourrait être mise à profit, dans les relâches, pour procurer aux équipages des boissons pour lesquelles, par amour de la nouveauté, ils manifesteraient celte appétence qui est la condition essentielle de la bonne utilisation des aliments. Nous reproduisons ici quelques formules d'une facile application à bord des navires :

1° Mélasse de canne mélangée d'eau, de manière à marquer 6° à V à l'aréomètre de Baumé, additionnée de bourgeons de sapin et de levûre «èche (Chevallier).

2° Eau ordinaire, 1 hectolitre; sucre brut, 3'"\700 ; crème de tartre, 7o0 grammes; eau-de-vie, 1 hectolitre; aromate quelconque, 40 grammes.

3° Eau ordinaire, \ hectobtre ; bière ordinaire, 5 litres ; sucre brut, loO grammes ; vinaigre, 1"',23 ; caramel, 150 grammes.

4° Eau ordinaire, 1 hectolitre ; sucre brut, 8^^\650 ; acide tartrique, 160 grammes ; esprit trois-six, 1 litre ; fleurs de sureau, 120 grammes.

Pour fabriquer toutes ces boissons économiques, on suit identiquement le même procédé. On fait une iafusion des aromates, on dissout le sucre, la crème de tartre, l'acide tartrique, etc. ; on passe à travers un linge, on verse dans un tonneau ; on ajoute le vinaigre, l'eau- •de-vie, puis la levûre, ou la bière, et on laisse fermenter. Au bout de cinq ou six jours, sous une température de + 15 ou 20°, la boisson est faite et peut être consommée. Dix jours de séjour en bouteille la bonifient et la rendent fortement mousseuse (3).

Ces formules peuvent être tiès-avantageusement utilisées, d'une manière accidentelle, à bord des navires de guerre privés de vin pour une cause ou pour une autre ; mais elles rendraient principalement des ser-

(1) Y orgQi, Médecine navale, 1. 1, p. 27G.

(2) Leconiat, Campagne du Rhône.

(3) Girardin, Instructions pour le peuple ; Fabrication du vin et des boisso7is. Paris, 18Î8, p. 2'tU4.

"^l^ RÉGIME DE L'nOMME DE MER.

vices aux bâlimenls du commerce, mieux disposés pour ces sortes de manipulations, et notamment aux baleiniers, qui pourraient ainsi se procurer, dans leurs longues navigations, le bénéfice hygiénique de l'usage de boissons fermentées et lutter avec plus de succès contre le scorbut qui décime leurs équipages.

Page 1