CONSERVES DE FRUITS
L'absence de fruits acides laisse dans l'alimenlalion de l'homme de mer une lacune qu'il faut s'empresser de combler, en cours de campagne, par des distributions fréquentes de fruits sains et convenablement mûrs empruntés à la Pomone exotique. La ration des malades est complétée, sous ce rapport, par la concession qui leur est faite d'un certain nombre de repas en pruneaux, raisiné, gelées de pomme ou de coing. Le raisiné est un bon aliment quand il est frais; les acides végétaux qu'il renferme sont tempérés par les principes raucilagineux et sucrés du moût de raisin et des fruits divers, pommes ou poires, qui en-
I trent habituellement dans sa composition. Ses qualités tempérantes et i légèrement laxatives sont parfaitement adaptées à l'hygiène des pays (Chauds. Nous en dirons autant des prunes. La préparation de ces fruits pour une longue conservation est une des industries productives de la Touraine ; les pruneaux de Tours sont habituellement fournis par des prunes Sainte-Catherine ; les pruneaux deBrignoUes, plus estimés encore que ceux de Tours, se retirent de la prune de Brignolles, voisine du perdrigon blanc. Au reste, toutes les prunes de bonne quahté peuvent être utilisées pour la fabrication. La ration de pruneaux pour malades varie de 100 à 70 grammes. La gelée de pomme et la gelée de coing complètent enfin la série des aliments sucrés et acides à la fois mis à la disposition des convalescents. Nous reconnaissons si bien l'opportunité de ces conserves, que nous voudrions voir la ration de l'équipage s'augmenter de l'adjonction de quelques fruits secs. Nous avons proposé plus haut de donner aux équipages bretons un repas de pudding par dimanche ; des pruneaux de qualité inférieure ou des raisins secs feraient de ce mets un aliment plus complet et mieux goûté des matelots. Les pommes tapées, fruits mucilagineux et sucrés en même temps, sont d'une conservation facile et d'un goût très-agréable. En 1856, je demandais que ces fruits entrassent dans la ration des malades. C'est ce qui se fait aujourd'hui. Ils y figurent pour 50 grammes par repas.
Qaunt aux tables privilégiées, elles utilisent des fruits conservés dans l'eau-de-vie, le sucre, etc., mais ce sont des aliments de luxe et qui n'apparaissent qu'accidentellement sur les tables.
SECTION TROISIÈME