‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 162 sur 224 · CHAPITRE PREMIER Ration de la marine française · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER Ration de la marine française

La ration du matelot est le résultat de la combinaison des divers éléments bromatologiques que nous venons d'étudier, combinaison établie sur la triple base de l'hygiène, de la variété et de la facilité d'arrimage.

L'alimentation des professions terrestres éprouve des variations saisonnières dont la succession est probablement en harmonie providentielle avec les modifications que subit notre organisme aux diverses phases de l'année. Pour l'homme de mer, rien de semblable : qu'il navigue sous les feux de la zone torride, ou qu'il affronte les horreurs des

régions polaires ; qu'une saison succède pour lui à une autre saison, son alimentation, rarement diversifiée par les productions des pays qu'il visite, conserve une monotone uniformité. Il y a plus: forcé d'emporter avec lui ses aliments de plusieurs années, il ne les utilise que modifiés, dans leur apparence comme dans leurs propriétés, par des procédés spéciaux de conservation, et les substances végétales et animales dont il se nourrit sont privées de cette qualité restauratrice qu'on peut, sans aborder une physiologie trop mystique, attribuer aux matières organiques que la vie vient à peine d'abandonner. Que l'on joigne à ces causes de perturbation nutritive l'étrangeté des aliments que le matelot emprunte aux pays qu'il explore, et l'on comprendra combien il faut de soins assidus, de sagacité et de sacrifices d'argent pour neutraliser des conditions aussi désavantageuses. C'est à quoi, du reste, ont tendu tous les règlements qui, depuis le commencement de ce siècle, cherchant à améliorer la ration de l'homme de mer, ont donné à celui-ci tant de preuves de la sollicitude avec laquelle l'État, en retour de ses services, s'efforce d'augmenter son bien-être.

ARTICLE PREMIER

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