‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 167 sur 224 · RATIONS D'EXCEPTION · texte numérisé non relu

RATIONS D'EXCEPTION

'du reste, introduit, dans l'alimentation de l'iiomnfie de mer, le principe ide ces modifications, et la substitution de la turlutine au café, la concession de thé, de punch, les allocations supplémentaires de spiritueux, ont fourni aux matelots qui naviguent dans le Nord cet excédant d'aliments respiratoires sans lequel ils ne sauraient défendre leur chaleur propre contre les rigueurs d'un climat antivital ; mais cela est insuffisant, i€t il faut de toute nécessité que la ration se compose de trois régimes ; suivant qu'on navigue dans le Nord, dans la zone tempérée ou dans la zone tropicale. Supprimât-on le second régime, les deux autres au moins sont complètement justifiés. Les Anglais ont comme nous, sauf I quelques modifications pour les campagnes dans le Nord, une ration I unique. Les Hollandais, mieux avisés, ont une ration ordinaire et une raition tropicale. Un médecin anglais, le D' Rattray, a insisté également ; pour qu'il y etit deux types de ration : l'un pour les pays chauds, l'autre pour les pays tempérés ou froids (1). Le décret du 16 décembre 1874 n'a pas donné satisfaction à ce vœu. La concession d'une ration de biscuit de 60 grammes (2) pour les navires qui ont dépassé le 50° parallèle •des deux côtés de l'équateur est insuffisante et ne satisfait pas au prinicipe de la diversité de la ration suivant les campagnes. Il y a lieu évidemment de remanier cette partie des règlements.

3° Nature des travaux. — Il importait de ne pas renfermer l'initiative des commandants de navire, conseillés par leurs médecins, dans les liens d'une initiative trop étroite, et le décret sur la ration permet des ■ délivrances supplémentaires dans des conditions professionnelles déterminées. Tels sont les suppléments de 125 grammes de pain par jour, la concession d'un -repas de viande de plus par semaine aux mousses novices et apprentis marins des vaisseaux-écoles spéciaux ; le supplément des 225 grammes de lard salé avec 60 grammes de fayols ou de pois, ou 18 grammes de légumes desséchés, dont jouissent le vendrediles apprentis canonniers du vaisseau-école, en remplacement de fro-

(1) A. ^Mr^y , Du régime des matelots, analyse et traduction par M. Ad. Nicolas {^rch. de méd. navale, t. XIV, 1870, p. 374). Je ne saurais souscrire cependant h la limite de 4- 21»'' qu'il assigne aux deux zones de campagne justifiant l'un ou l'autre de ces deux types de ration. Des pays manifestement chauds ont une moyenne annuelle inférieure à ce chiffre. M. Rattray, indépendamment de la ration tempérée et dé l;i ration Iropicale, admet une ration semi-tropicale, à l'usage des traversées. L'idée est bonne, mais il ne faut pas la compromettre par une précision minutieuse. Il fait froid, il fait chaud, il ne fait ni froid ni chaud, telles sont les trois conditions thermiques qui, lorsqu'elles durent avec une certaine persistance, exigent l'adoption de modifications dans le régime. Il n'est nul besoin de consulter les isothermes de la carte de Hiiraboldt pour savoir si la ration doit ôtre changée. C'est affaire au bon sens et îi la com-

I pétence éclairée et écoutée du médecin, qui fournit à ce sujet les indications les moins

' faillibles.

(2; M. Beaumanoir voudrait que cette augmentation fût d'une galette (IS.'i grammes). 1 II croit, du reste, et je partage son opinion, que ces allocations supplémentaires, au 1 lieu d'être déterminées par une condition géographique, la latitude, le fussent parles besoins de l'équipage, appréciés parle médecin du navire.

mage ou de sardines à l'huile avec fayois ; les distributions supplémentaires faites à la suite des travaux exceptionnels; les délivrances spéciales pour le personnel de la machine sur les bâtiments sous vapeur; l'allocation de jus de citron dans des conditions déterminées de navigation ; les suppléments de boulimiques dont j'ai parlé plus haut, etc.

Disons bien vite que l'élasticité laissée prudemment aux règlements, la possibilité de trouver, dans bon nombre de cas, des substitutifs plus favorables à la santé des équipages et plus économiques pour les deniers de l'État peuvent fournir aux commandants qui comprennent ce grand intérêt et qui y appliquent leur vigilance, des correctifs Irès-efticaces pour les défectuosités inévitables d'un règlement qui ne peut prévoir que la généralité des cas.

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