‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 18 sur 224 · CHARGEMEINTS INSALUBRES OU SPONTANÉMENT INFLAMMABLES · texte numérisé non relu

CHARGEMEINTS INSALUBRES OU SPONTANÉMENT INFLAMMABLES

§ 1. — Chargements insalubres.

L*insalubrité des chargements des navires doit être considérée sous le double rapport : 4" de leur aptitude à recéler des miasmes puisés dans leurs lieux de provenance; 2° de leur influence propre sur l'état sanitaire du bâtiment.

Les règlements quarantenaires ont classé en catégories fondées sur leur puissance transmissive supposée les diverses cargaisons des bâtiments de commerce, et la laine, le coton, les fourrures, etc., ont, sans des motifs bien plausibles, été considérés comme suspects au premier chef, et ont justifié des rigueurs dont beaucoup d'autres chargements étaient exempts. C'est là, du reste, une question qui intéresse essentiellement l'hygiène publique et que nous ne devons qu'effleurer ici.

Beaucoup de cargaisons sont dangereuses pour la salubrité des navires, non plus par les germes infectieux ou contagieux dont elles sont le véhicule, mais par leur nature propre. C'est ainsi que le mercure métallique, comme le montre le fait partout cité du vaisseau le Triumpkant (2), le guano, qu'une foule de navires nous apportent chaque année des îles de l'océan Pacifique, les peaux de bestiaux, les cuirs verts (3), les graisses animales, etc., constituent des chargements émi-

vent des chevaux, des bœufs, des poules et du fumier, c'est, à coup sûr, ne pas se conformer aux préceptes de l'hygiène et du bon sens. » (Piorry, Des habitations, 1838, p. 116.) Au reste Callisen a cité un fait qui démontre l'inconvénient qu'il y a à parquer des animaux vivants dans la batterie d'un navire; il a vu les matelots qui couchaient dans le voisinage d'un parc de cinquante moutons logés dans la batterie, tomber malades les premiers (Rey, loc. cit., p. 295).

(1) M. Boursin, chirurgien de la marine, a rapporté un fait analogue en 1816 : la frégate anglaise la Surveillante, sur laquelle il était envoyé en Angleterre, captura une goëlette chargée de mercure coulant qu'on transporta dans la cale. Dix jours après un ptyalisme épidémique se déclara et affecta de préférence ceux qui couchaient autour du panneau de la cale {Du scorbut, tlièsc de Montpellier, 1814, t. LXllI, p. 12). M. Lefèvre nous a cité un fait d'intoxication mercurielle qu'il a observé à Rochefort sur des malades placés dans une salle un mois après qu'on y avait pratiqué des fumigations de mercure métallique.

(2) M. Jaccoud, passager sur le paquebot la Gironde, revenant de la Plata, a pu attribuer à la présence de cuirs verts à bord une petite épidémie de typhus qui se déclara pendant la traversée de ce navire (Voy. Bull. Acad. de méd. 1815).

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