Pistache
et fournit à l'alimentation une amande d'un goût suave, une huile comestible et un lait 'sucré très-agréable (1). Lorsque le fruit est jeune, son lait est abondant, et les couches les plus intérieures de l'amande sont molles, gélatineuses et se mangent à la cuiller ; plus tard le lait diminue
(1) Le cocotier est, on peut le dire, une providence réelle pour les peuples qui habitent la zone intertropicale. Avec sa séve ils fabriquent deux boissons fermentées, le vin de palme et le cellou, qui donnent h leur tour : le premier, un alcool, l'arack ; le second, un sucre appelé j'acre; sa noix leur donne une amande et une huile comestibles; ils font des nattes avec ses feuilles ; retirent du brou de ses noix une matière textile d'une grande force, et son bois, très-élastique, est aussi appliqué par eux à divers usages.
(*) Acajou à pommes {Cassuvium pomiferum). — Caractères botaniques .-Arbre à tronc noueux. Vleurs petites en bouquet rose pâle. Feuilles obtuses, à nervure inférieure saillante. Fruit jaune ou rouge, pyriformc, à noyau en forme de rein placé extérieurement. — i, branche florifère et fructifère. — 2, coupe longitudinale du noyau.
{**) Arachide ou pistache (Amc/us hypogea, famille des Légumineuses). — Caractères botaniques : Racine pivotante. Feuilles alternes, ailées, avec impaires, velues. Fleur» papilionacécs, jaunes. Gousse réticulée, étranglée au milieu.
RÉGIME DE l'homme DE MER.
et l'amande devient plus blanche, plus consistante, plus imprégnée d'huile. Les jugements qui ont été portés sur les propriétés hygiéniques du coco sont très-variés ; les uns le considèrent comme incapable de nuire; les autres, au contraire, l'accusent de méfaits dont, si nous en croyons notre expérence personnelle, il est tout à fait innocent. M. Celle va jusqu'à dire que, dans les pays chauds et humides (c'est-à-dire dans les conditions oh. la navigation place d'ordinaire les bâtiments), boire un verre de lait de coco et aller se promener sur le bord d'un marais, c'est un moyen presque assuré de contracter la fièvre intermittente. Lionel Wafer rapporte que, dans une relâche, ses matelots abattirent un grand nombre de cocotiers et burent une quantité prodigieuse de lait de coco, (i Leur sang en fut si glacé et leurs nerfs si engourdis, dit cet « auteur, qu'ils ne pouvaient ni marcher ni se tenir debout ; ils n'eus- « sent même pas pu revenir à bord de leurs vaisseaux si leurs cama- « rades ne les eussent aidés, et ils ne revinrent de cet état qu'au bout de (c quatre ou cinq jours. » Ces accidents nous paraissent difficiles à interpréter. Nous ne donnons certainement pas le coco pour un de ces aliments dont on peut abuser sans danger ; son amande est quelque peu indigeste, comme toutes les substances huileuses; son lait, pris en grande quantité, peut avoir, si Ton n'a eu le soin de l'aiguiser d'eau-de vie, tous les inconvénients des boissons froides dans les pays chauds ; mais c'est, en réalité, tout ce qu'on peut en dire de pis.
Nous venons d'énumérer rapidement ceux des fruits des pays chauds auxquels le navigateur recourt le plus habituellement pour varier la monotonie de son régime ; nous n'avons pas la prétention de trancher la question de la supériorité savoureuse des fruits des tropiques sur ceux -de nos pays : les créoles la résolvent dans un sens, les conversations des carrés, qui reflètent toujours un peu les regrets de l'éloignement, la décident dans un autre sens ; la vérité trouve à se placer entre ces deux opinions antagonistes. Quant à leur valeur hygiénique, nous croyons que, si les fruits des pays chauds exposent, quand on en abuse, à de plus réels inconvénients que ceux de nos climats, il faut en rechercher le motif bien moins dans leur nature que dans l'attrait et l'étrangeté de cette nourriture insolite, et aussi dans l'action d'une température qui ne laisse point impuni un seul écart de régime ou d'hygiène. Les fruits très-aqueux, ceux dont l'acidité n'est pas tempérée par du sucre, sont à éviter; ceux, au contraire, qui sont doux et dont le goût est légèrement acide, qui ont, de plus, une pulpe féculente qui nourrit en même temps qu'elle désaltère (la banane est dans ce cas), sont un auxiliaire trèsutile de ralimentation des équipages. Nous ne disons rien de l'importance qu'il faut attacher à la maturité des fruits; l'insalubrité des fruits incomplètement mûrs est un fait d'hygiène vulgaire. La surveillance de la police du bâtiment, et aussi celle de son médecin doivent formellement interdire l'usage de fruits de cette nature.