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CALE

§ 1. — Influence de la cale sur la salubrité.

Les parties tout à fait inférieures du navire, celles placées au-dessous des logements habitables dont elles sont séparées par un pont ou cloison horizontale percée de différentes ouvertures et allant d'un bout à l'autre, constituent un emplacement plus ou moins vaste que l'on désigne sous le nom de cale (1). Elle représente pour le bâtiment ces parties souterraines de nos maisons appelées caves, caveaux, celliers, et sert à loger les approvisionnements destinés à l'alimentation de l'équipage, à l'entretien, à la manœuvre et à la défense du navire. L'analogie, eu égard à la position et à la destination, est donc des plus complètes ; elle ne l'est pas moins au point de vue de la salubrité. J'ai pu dire pour exprimer ce rapprochement : « telle cale, tel navire; telle cave, telle maison » (2). Je maintiens cette proposition dans ce qu'elle a d'absolu. Si en effet dans une maison les caves peuvent devenir un foyer d'insalubrité par leur humidité, le croupissement ou l'infiltration d'eaux pluviales ou ménagères par des fuites de tuyaux conducteurs de gaz ou de fosses d'aisances voisines, ou enfin par le dégagement de gaz méphi-

chasse. Sa machine est de 1,700 chevaux nominaux pouvant développer une force de 7,000. Il doit atteindre une vitesse de 18 nœuds cinq sixièmes. (1) Ce mot vient de l'italien c«/a.

(•2) Fonssagrives, La Maison, Étude d'hygiène et de bien-être domestiques. Paris, 1870, p.

tiques provenant des approvisionnements qu'elles renferment, à bord d'un navire également, l'hygiène relève très-directement de l'état de sa cale. Est-elle aménagée et arrimée d'une manière convenable ; l'air y circule-t-il librement ; l'eau d'infiltration qui lui arrive par les porosités du navire ou celle qui lui vient verticalement par les procédés de nettoyage ou les coups de mei*, ne rencontrent-elles pas d'obstacles qui les fassent stagner et les souslrayent à l'action évacuatrice des pompes a-t-on soin par le jeu alternatif des pompes et des robinets de cale, si l'étanchéité du navire n'est pas complète, ou mieux par un système d'assèchement de la cale assidûment pratiqué, de prévenir les miasmes qui se dégagent de la sentine des cales mal tenues, il est impossible ■que l'hygiène ne recueille pas le fruit de conditions aussi heureuses et que son équipage n'y trouve pas un moyen de résister aux influences, souvent agressives, des climats sous lesquels la navigation la conduit.

§2. — Conditions d'une cale salubre.

Des conditions nombreuses sont donc indispensables pour la salubrité d'une cale ; on peut les ramener aux suivantes :

Il faut que son arrimage soit assez méthodiquement combiné pour que tout se trouve en quelque sorte sous la main, et que les remaniements soient partiels et aussi peu étendus que possible ; que l'air y circule librement sous l'influence d'une ventilation naturelle ou artifi- •cielle ménagée méthodiquement à travers des coursives et des panneaux suffisants et convenablement disposés ; que l'eau d'infiltration •n'y stagne pas et ne puisse se cloisonner dans certains points ; que son renouvellement soit facile si l'étanchéité, cet idéal de l'hygiène d'une cale, ne peut être obtenue ; que les approvisionnements et le chargement logés dans la cale soient placés dans de bonnes conditions de conservation ; que la cale du navire ne soit pas plate.

I. Arrimage. — L'arrimage des navires influe d'une façon décisive -sur la salubrité d'un bâtiment. Suivant en effet qu'il est bien ou mal entendu, les parties basses du navire m/jeVenMargement ou sont vouées à une asphyxie permanente et les matériaux de construction du bâtiment, comme ses approvisionnements, comme son chargement, se conservent dans un état d'intégrité ou se putréfient au grand détriment de la santé des équipages qui respirent un air altéré et consomment des aliments avariés.

Cette question de l'arrimage doit être étudiée : T à bord des navires de guerre ; 2° à bord des navires de commerce.

1° Arrimage des navires de guerre. — L'ancien système d'arrimage était, il faut bien l'avouer, essentiellement défectueux au point de vue de la salubrité. Un cloisonnement transversal, allant d'un bord

CALE ET SES DÉPENDANCES. 61 h l'antre du navire, formait depuis l'avant un compartiment constitué ' r le magasin général et la soute aux poudres de l'avant, et circonscrivait une masse d'air confmé dont le renouvellement devenai impossible ; une deuxième cloison transversale, allant d'une soute à charbon à r.utre limitaitla cambuse et ses annexes latérales, et formait un.second obstacle à la circulation de l'air; l'archipompe et les soutes à obus constituaient une troisième cloison transversale; enfin la cale au vin aTt gaiement séparée par une cloison pleine de la soute aux poudres de l'arrière et des soutes à biscuit. Il est manifeste qu'avec une disposition semblable, il n'y avait plus pour l'air de circulation Passible entre les divers compartiments de la cale qui restaient aussi isolés les uns des autres, sous le rapport de l'aération, que le sont les auges d urie pile à la Gruishank. L'arrimage ancien constituait, on le voit une sorte de pêle-mêle dont l'inconvénient capital pour l'hygiène était le défaut d'air réchauffement des approvisionnements alimentaires et la nécessité 'presque journalière, de ces remaniements qui mêlaient l'atmosphère fétide de la cale à celle du faux pont et des batteries.

En 1845 M. Lugeol, alors capitaine de vaisseau, a proposé un mode d'arrimage' qui a inauguré, bien qu'il soit abandonné aujourd'hui comme système, un progrès très-réel sur l'ancien état de choses, et qui satisfaisait assez bien aux conditions multiples du programme que je viens de formuler. Les préoccupations de l'auteur de ce système se rapportaient certainement à l'arrimage méthodique de la cale pour en rendre l'accès et le maniement plus faciles ; à la conservation des approvisionnements de toute nature qu'on y renferme , à l'établissement de lignes d'eau favorables à la marche du navire , elles étaient à coup sur nautiques plutôt qu hygiéniques, mais la salubrité en a singulièrement profité Ici nous pouvons faire remarquer l'heureuse et fréquente alliance des perfectionnements de l'art nautique et du progrès de l'hygiène navale L'arrimage Lugeol, en établissant des coursives non interrompues les unes longitudinales, les autres transversales, a fait respirer la cale.' Sans aucun doute, les détails de cet arrimage n'ont pas été conservés • ils ne pouvaient s'adapter aux types si variés que l'architecture nautique a réalisés depuis trente ans, mais l'idée en a été féconde en résultats heureux pour la salubrité des navires, et je considère, pour mon compte, la brochure de l'amiral Lugeol (1), comme ayant été le signal de l'amélioration la plus considérable qu'ait réalisée l'hygiène navale depuis l'adoption des hublots des faux ponts.

Yoilà en quoi consistait cet arrimage : le magasin général, disposé en fer à cheval', se prolongeait sur les côtés de la soute aux poudres de l'avant et communiquait par là, au moyen de portes à barreaux, avec les coursives latérales de la cambuse. Ces coursives se reliaient à celles

(1) Lugeol, capitaine de vaisseau, I^ouveau système d'arrimarje des bâlimenls de guerre français. Paris, imprimerie royale, 1847.

qui circonscrivaient la soute aux voiles d'un côté, et les armoires pour le gros et le petit filin de l'autre, et venaient aboutir à la grande é coutille. Entre les barriques à salaisons d'une part, l'archipompe, les puits aux chaînes pour ancres de bossoir et de veille, et les soutes à obus de l'autre, régnaient les coursives qui joignaient la grande écoutille à l'écoutille de la cale au vin. Les barils de farine constituaient un cloisonnement transversal, divisé en trois séries par deux couloirs intervallaires, et étaient séparés de la soute à obus par un couloir transversal. Les soutes à biscuit, dont les unes faisaient suite, dans l'axe du bâtiment, aux soutes aux poudres de l'arrière, dont les autres remplissaient latéralement les formes arrière du bâtiment, étaient isolées par une série de coursives. Un couloir étroit, mais non interrompu, suivait de plus les parties latérales de la cale et communiquait : 1" sur l'arrière avec la coursive transversale qui régnait entre les barils de farine et la soute à obus; 2° sur l'avant avec le couloir qui passait entre la cloison arrière des prisons et des étagères de gros filin. Grâce à cette disposition ingénieuse, les barils de farine, les salaisons, les soutes à légumes, les étagères à filin, c'est-à-dire les substances les plus aptes à s'échauffer et à fermenter, étaient entourés de canaux aérifères très-propres à retarder leur altération. Les plans que nous reproduisons ici donnent, d'ailleurs, mieux que toute description, une idée exacte de l'arrimage des cales des anciens navires de combat, d'après le système Lugeol. La figure 1 représente la cale d'un ancien vaisseau à voile de premier rang, et la figure 2 celle du vaisseau mixte la Bretagne (1).

Tel était ce système aératoire, qui rappelle assez bien celui des stigmates et des trachées, par lequel l'air pénètre dans le corps des insectes et s'y distribue pour les besoins de la respiration. Par malheur, les trachées respiratoires de la cale étaient vides, et elles le sont encore, et l'aération restera fictive tant qu'une ventilation bien établie n'y aura pas pourvu. Quand on songe aux facilités inappréciables que donnent les coursives actuelles, pour porter dans les plus petits recoins de la cale les torrents d'air qu'y chasserait un ventilateur bien établi, on se prend à s'étonner qu'une question d'hygiène et d'intérêt maritime aussi capital n'ait point encore trouvé sa solution.

Sans vouloir donc entrer dans l'énumération des avantages nautiques que l'amiral Lugeol attribuait à son système, avantages du reste assez reconnus, pour que son application se soit promptement généralisée, et tout en réservant une question qu'il ne nous appartient en rien d'apprécier, nous dirons seulement que ce nouvel arrimage a réalisé à plusieurs litres un véritable progrès pour l'hygiène :

(1) J'emprunte ces plans h l'Appendice dont M. J. Rochard, actuellement inspecteur général du service de santé de la marine, a enrichi le Traité de chirurgie navale de M. Saurel (p. 7 et 19, fig. 1 et G).

CALE ET SES DÉPENDANCES. «3 10 Parce que les diverses parties de la cale ont été mises en communication les unes avec les autres par des couloirs aériens (l); 20 Parce que l'équipage s'est trouvé affranchi d'une partie de ces travaux

Fig. i. — Plate- forme delà cale d'un trois -pords à voile (*).

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Fig. 2. — PLote-fcrme de la cale de la Bretagne (**).

considérables de cale qui sont insalubres, et par leur nature, et par les fatigues qu'ils occasionnent.

(1) Lugeol.iVoMyeaw système d'arrimage des bâtiments de guerre français. Imprimerie royale, 1847.

(*) 13. Magasin général. - 14. Soûles aux poudres. - Ib. Soutes diverses. - 16. Cambuse. — lu Soutes aux voiles. — 18. Étagères à Qlln, — 19. Câbles en chanvre. — 20. Quarts de salaison. — 21. Quarts de farine. — 22. Archipompe. — 23. Caissons h obus. — U. Soutes a légumes. — 25. Soutes à biscuits, — A. Poste des chirurgiens.

(**) 1. Magasin général. — 2. Armoires. — 3. Soutes aux poudres. — 4. Cambuse. — S. lilageres a filin avec quarts de farine au-dessous. — 6. Soutes il obus. — 7. Emplacement libre pour les blesses. — 8. Soutes à charbon. — 9. Chaudières. — 10. Parquet de la machine. — U. Soutes à biscuit. — 12. Soutes diverses. — A. Espace libre de la cale arrière.

Nous aurons plus tard l'occasion, quand nous nous occuperons des moyens d'assainissement et d'aération du navire, de montrer que l'hygiène n'a pas encore tiré tout le parti possible des ressources que lui offrent les principes de l'arrimage Lugeol.

Aujourd'hui, je le répète, il n'y a pas, si on l'envisage dans ses détails, d'arrimage uniforme. Les types des navires, en se multipliant, ont multiplié les plans d'arrimage, et pour chacun d'eux l'arrimage est arrêté, avec ou sans modifications, par le Conseil des travaux de la marine, sur les plans de l'ingénieur qui a construit le navire. « Les dispositions les plus communes, m'écrit M. Nielly, sont les suivantes : un deuxième faux pont représente, sur les cuirassés, l'ancienne plateforme de la cale perfectionnée. Une grande coursive médiane va d'un bord à l'autre du bâtiment. Sur l'arrière elle permet de circuler le long de la ligne d'arbre, à fond de cale; elle donne accès, tribord et bâbord, dans le deuxième faux pont à diverses soûles pour les vivres, poudres, projectiles; en avant elle conduit sur la machine. Sur l'avant elle prolonge la chambre de chauffe à tond de cale jusqu'au magasin général; en ce point elle communique avec l'atmosphère du pont par une manche à vent en tôle, qui a le plus souvent de très-bons effets : dans le deuxième faux pont, elle permet aux chauffeurs de fuir rapidement en cas d'explosion, et donne accès aux diverses soutes avant, aux prisons, à la cambuse. Cette dernière, située au milieu du navire, interrompt la coursive médiane; en ce point la circulation de l'air se fait par deux coursives qui sont latérales à la cambuse; elles confinent en arrière à la coursive médiane et se terminent sur l'avant au magasin général par deux portes à claire-voie. Les caisses à eau, les pièces à vin et les chaînes sont à fond de cale sur l'avant et l'arrière. Certains navires ont deux cales à eau, d'autres n'en ont qu'une. La machine et la chambre des chauffeurs interrompent, bien entendu, la coursive médiane. On pourrait dire que les cales actuelles sont partagées en deux étages : 1° la cave ou fond de cale; 2° le rez-de-chaussée ou deuxième faux pont ou ancienne plate-forme de la cale (1).»

M. Bourel-Roncière, dans une étude magistrale qu'il a publiée sur l'hygiène des cuirassés et à laquelle nous aurons à faire de fréquents emprunts, a insisté sur le cloisonnement très-grand des cales actuelles de ces bâtiments, cloisonnement qui ira sans doute se multipliant de plus en plus, pour les besoins de la sécurité de. ces navires menacés par l'éperon de leurs adversaires; c'est ainsi que le type le plus récent, le type Richelieu, a neuf cloisons élanches. Ce médecin distingué a fait ressortir les inconvénients de ce cloisonnement en cellules, que j'ai comparé plus haut aux auges d'une pile galvanique : l'obstacle que l'air trouve à se renouveler dans ces cales; les occasions

(1) Voir pages G5 ctGGles figures 3,4 et 5, représentant les cales du Redoutable et du Lafjnlissonnière.

Cuirassé de l"rang. Échelle de 0,0015 (*}. Cuirassé de l"rang. Échelle de 0,0015 (**).

(*) 1. Soutes aux poudres. — 2. Compartiment -vide. — 3. Cale à -vin, farine, biscuit et salaisons.. — 4. Caissons à obus. — 5. Cale à eau. — 6. Poste des chauU'eurs. — 7. Baignoires. — S. Soûles à charbon. — 9. Chaudières. — 10. Chambre do ciiaufle. — 11. Compartiments étiinchcs recelant de l'eau pour lest. — 12. Emplacement de la machine. — 13. Soutes à charbon suppiémenlaires. — 14. Compartiments étanches destinés à rester -vides. — Ib. Pompe. — 10. Soute aux poudres. — 17. Soûle ;i obus. — 18. Soutes du maître canonnier.

(**) 1. Compartiment -vide. — 2. Caissons à obus. — 3. Puits aux chaînes. — 4. Coursives pour manœuvrer les chaînes. — S. Cambuse. — C. Panneau. — 7. Étagères à filin. — 8. Magasin général. — 9. Soutes aux -voiles. — 10. Prisons. — 11. Coursi-vcs pour l'eau servant de lest, — 12. Coursives. — 13. Coursives pouvant recevoir du charbon en sacs. — 14. Soutes à charbon. — 13. Soutes à obus. — 16. Chaudières. — 17. Cheminée. — 18. ICmplacement de la machine. — 19. Emplacement disponible pour chambres de combat. — 20. Chambre de la barre du gouvernail.

FoNSSAGRivEs. Hyg. nav.

IG

qu'elles offrent à l'eau pour y stagner et s'y putréfier, et il se demande enfin si ces immenses auges en fer ne pourront pas, par une action chimique, désoxyder l'air et engendrer des atmosphères confinées à action toxique, comme il s'en trouve quelquefois dans les caisses à eau (1). L'auteur de ce travail suggère l'idée de zinguer par la galvanoplastie la tôle qui, sur les types nouveaux comme le Richelieu, constitue les parois des chambres du deuxième faux-pont, l'enduit au minium sur des surfaces aussi rapprochées de la machine lui paraissant susceptible d'avoir des inconvénients.

Sur les corvettes cuirassées l'aération des cales coupées par la machine, cloisonnées en plusieurs points, ne se fait pas mieux que sur les frégates, et il y a là dans l'hygiène de ces navires une lacune regrettable. Une bonne ventilation, qui répondrait à tant d'intérêts à la fois, est donc réclamée plus impérieusement encore par les cuirassés que par les anciens types de navire. J'insisterai bientôt sur ce point capital.

2° Arrimage des navires de commerce. — Quant à l'arrimage des navires de commerce, aucune règle n'y préside et le seul but que se proposent les capitaines et les armateurs est d'accumuler dans les flancs de leur navire la plus grande masse possible de marchandises, sans se préoccuper des inconvénients que présente pour la salubrité du bâtiment un chargement surabondant et que l'air ne pourra pénétrer. Cette spéculation, inspirée par le lucre, manque même souvent son but, puisque le défaut d'aération de la cale, le contact de certaines marchandises fermentescibles avec l'humidité, si ce n'est avec l'eau de la cale, sont des causes d'avarie et amènent ainsi une perte quelquefois considérable.

M. Leroy de Méricourt a beaucoup insisté pour qu'on ménageât au-dessous du chargement une chambre à air permettant de purifier les fonds du navire (2). Nul doute que cette

(1) Bourel-Roncière, Contrib. à Vhyg. des cuirassés {Arch. de méd. nav., 1875, C^™'Ro/!i?*Méricourt, De l'influence des transformations des comtruclions navales

n 1. Soute du neutre calfat. - 2. Magasin général. - 3. Cambuse - 4 Soutes - «i Vtaeèrcs à filin - G Prisons. - 7. Soutes aux poudres. - 8. Soutes a obus. - 9; Guéntcs et 5. Etagères a nim. o. insons. chaînes. - U. Cliambre de chauffe. - 12. Soutes a

armoires du maître canonnicr. — 10. 1 uns aux cn.uiits. i cn„|p= du

eharbon. - 13. Chaudières. - 14. Emplaeement de la machine. - lo. « Yabord'et c i. de maître mécanieicn. - 17. Soutes à farine. - 18. Soute du ma, re canonn.er a bâbord et du ma, trc de .... , ,n c! I • K.,= on snute du ma trc charpentier a bâbord et du chct de manœuvre a trdwrd. — 19. Soutes a obus. — l^. tîOUie un l um i roauc-

timonerie à tribord. - 21. Soutes à biscuits. - 22. Soutes a légumes. - 23. Coursive. - 24. Coque ron. — 23. Coursives des arbres des hélices.

À li\ll

Fig. 5. — Plateforme et cale du Lagalissonnière.

Cuirassé de 2*= rang. Échelle de 0,0015 (*).

CALE ET SES DÉPENDANCES. (i7

disposition ne fût excellente, et il serait à désirer qu'elle devînt générale. Celte chambre à air existe en réalité sur les cuirassés, mais elle n'en occupe pas toute l'étendue : l'avant en est privé.

IL Égouts. — Il ne suffit pas qu'une cale soit bien disposée, bien arrimée et bien percée, il faut aussi que l'air n'y stagne pas ; en vain ventiîerait-on les compartiments habités d'un navire, si sa cale n'est pas largement mise en communication avec l'air extérieur, c'en est fait de°la salubrité du bâtiment. La ventilation de la cale est donc une question de santé pour l'équipage, une question de bonne conservation des approvisionnements nautiques et alimentaires, et enfin une condition de conservation pour le navire dont le bois ou la tôle ne peuvent trouver dans un air confiné, chaud et humide que des conditions de destruction rapide.

On a essayé, pour préserver les fonds des navires en bois et les empêcber de se'détruire*au contact de l'eau de mer, de les recouvrir d'une couche de ciment hydraulique. Cette pratique à laquelle l'hygiène navale ne saurait demeurer indifférente a été très-diversement jugée, C'est ainsi que M. Béranger-Féraud , médecin du yacht la Reine- Hortense, ne lui a trouvé, comme moyen de prévenir l'infection de la cale, qu'une efficacité médiocre (1). Au contraire M. Debout, médecin du Forfait, se loua beaucoup du cimentage de la cale de son navire; tant qu'il fut intact l'eau de la cale eut peu d'odeur; mais quand il se fendilla, l'eau passa au-dessous et l'on fut obligé de désinfecter la cale au sulfate de fer (2).

Sur les bâtiments cuirassés de l'escadre de la Méditerranée, que j'ai visités récemment, on n'a pas cimenté les cales ; elles sont recouvertes d'un badigeon à la chaux, que l'on renouvelle toutes les fois qu'on a chauffé, et réglementairement chaque semaine. Les cales de ces beaux navires sont, du reste, accessibles dans toute leur étendue, sauf la cale au vin, laquelle ne peut être nettoyée qu'après un désarrimage préalable. Les Anglais paraissent continuer à se servir du cimentage. Les cales des navires hôpitaux employés à l'expédition anglaise d'Abyssinie étaient recouvertes de ciment romain et on se loua beaucoup de cette disposition (3).

« Sur quelques-uns des anciens cuirassés, dit M. Bourel-Roncière, on avait espéré échapper à l'imprégnation des bois et à leur altération

sur la sauté des équipages. Note lue h l'Académie de médecine. Séance du IG octobre

(1) Béranger-Féraud, De l'action comparative de divers agents de désinfection au point de vue de l'assainissement des cales des ?iavirei {Archiv. de méd. nav., t. II, p. lU).

(2) Debout, Essai sur les fièvres inlermitt. simples et pernicieuses observées sur les côtes du Mexique pendant une campagne de 14 mois à bord du Forfait. T/ièse de Montpellier, 1867.

(3) Dhoste, Thèse de Montpellier, 1870.

par l'eau et les corps gras en recouvrant les fonds d'un doublage en cuivre semblable au doublage extérieur. J'ai entendu dire que cette mesure avait rendu de bons services sur quelques navires ; elle en rendrait encore, mais c'est, à cette condition que les feuilles de cuivre fussent exactement soudées entre elles, et non clouées simplement surla carlingue et sur les parties avoisinantes. Sur l'Océan un doublage avait aussi été appliqué dans une zone embrassant la partie la plus déclive de la cale et une certaine étendue de la coursive de l'arbre de l'hélice ; mais les feuilles clouées et non soudées, n'ont pas tardé à laisser entre elles des interstices par lesquels ont pénétré l'eau et les corps gras; elles ont été bientôt corrodées et détruites en partie; il a fallu les enlever par lambeaux, le bois sous-jacent commençant à se désagréger et à répandre de fâcheuses odeurs; de plus, leurs bords retroussés et tranchants étaient un danger permanent et plusieurs lésions du pied et de la jambe en avaient été la conséquence (1). »

Peut-être y aurait-il avantage, comme je l'ai déjà dit, à badigeonner leç fonds du navire avec l'acide pyroligneux impur qui agirait à la fois comme moyen de désinfection et comme moyen de conservation du bois.

Une des conditions qui influent le plus sur la salubrité de la cale d'un navire est, après la libre circulation de l'air dans ses divers compartiments, la libre circulation des eaux qui s'amassent dans les parties basses des navires, et qui se putréfient inévitablement si elles ne parviennent jusqu'au pied des pompes qui sont chargées de les rejeter au dehors. Il ne serait pas difficile de citer des cas où l'eau de la cale, ayant séjourné longtemps dans un de ses compartiments par suite de l'obstruction du canal chargé de la conduire à la sentine, est devenue la source d'émanations infectieuses. M. Collas, dans son excellente thèse surla Dysenterie, rapporte un fait on ne peut plus démonstratif à cet égard. La corvette la Triomphante était au mouillage de Nouka- Hyva, dans un point où il n'existait pas de marécages; il n'y avait pas à terre un seul cas de dysenterie. Peu après, celte maladie commença à sévir à bord ; l'agitation du navire, d'abord par un coup de vent, puis par un ras de marée, fit bientôt surgir de nouveaux cas. On visita la cale et l'on trouva sous la cambuse une mare d'eau infecte qui ne pouvait se rendre dans la sentine, le bâtiment étant sur nez par suite d'un transport d'ancres sur l'avant; on nettoya avec soin ce cloaque, et l'épidémie disparut (2). Ce fait, pris entre mille autres, montre que l'établissement d'un conduit d'eau d'un diamètre sufrisant, non susceptible d'obstruction, est aussi indispensable pour l'assainissement d'une cale qu'un système de coursives aériennes, convenablement disposé,

(1) Bom-cl-Roncièrc, Mém. cité (Arch. de nùd, nav., XXllI, 1G5).

(2) Collas, Tlièse de Paris, p. 10 et 11.

l'est pour sa ventilation. Le système des anguilliers, adopté jusque dans ces derniers temps, ne remplissait qu'incomplètement ce but; ce canal s'obstruait souvent par les sédiments qu'y déposait une eau limoneuse, par le détritus pulvérulent que la carie du bois y accumulait, ou enfin par la précipitation d'une bouillie épaisse de matière ferrugineuse oxydée. A toutes ces causes d'ariôt dans la circulation de l'aqueduc de la cale il fallait joindre enfin les corps variés : morceaux de bois ou de fer, étoupes, cadavres de rats, débris d'aliments altérés qui s'accumulent dans les cales les mieux tenues, et obstruent souvent en divers points le canal des anguilliers. Les importantes modifications apportées par M. Lugeol au système d'arrimage ancien eussent été incomplètes, s'il ne se fût efforcé d'assurer en même temps la circulation des eaux de la cale et de les conduire sans obstacle à leur égout, la sentine (1).

.11 nous paraît avoir heureusement résolu ce problème : attribuant, non sans quelque vraisemblance, la prompte oxydation du fer des gueuses formant le lest et des feuilles de cuivre du doublage à une action voltaïque naissant au contact du lest de fer avec les chevilles de cuivre delà carène, il avait pensé qu'en éloignant les gueuses du vaigrage par une pièce de bois pleine ayant 0™,l l d'épaisseur et Û°^,10 de hauteur.

Fig. 6. — Coupe transversale de La quille et des pièces du fond (*).

on éviterait sûrement la formation de ce limon ferrugineux qui bouche assez ordinairement la lumière des anguilliers (2).

Celte pièce de bois intercepte entre elle et la carlingue un canal de de diamètre, et elle est percée de trous- éloignés de 0°',60, destinés à transmettre dans cet acqueduc ou paraclose les eaux d'inOltration. M. Lugeol faisait remarquer que ces trous sont généralement trop petits et s'obstruent aisément; il proposait, ainsi que cela a été fait

(1) Lugeol, loc. op. cit., p. 26.

(2) Il n'y a pas cranguillicrs sur les navires cuirassés.

(*) a. Anguilliers. — h. Carlingue. — c. Vaigrc de fond. — d, Boriiago d'aiiguillicrs, — c. Quille. — f. Gabord. — g. Fausse quille. — /i. Demi- varangue.

depuis à bord de V Andromède et de la Belle-Poule, de leur donner une forme carrée de O'^.IO de côté, c'est-à-dire des dimensions égales à celles de la paraclose elle-même. Nous croyons qu'une modiGcalion non moins avantageuse consisterait à laisser à demeure dans la cavité des paracloses une chaîne de fer galvanisée dont les maillons auraient 0'°,04 de diamètre ; les chaînes des paracloses de l'avant pénétreraient dans leurs canaux au niveau de la soute aux poudres de l'avant et sortiraient dans l'archipompe ; celles des paracloses de l'arrière partiraient des soutes a poudre arrière et iraient également aboutir à l'archipompe. En laissant à ces chaînes {Umbes-ropes) une longueur assez grande, on pourrait leur imprimer de temps en temps un mouvement de va-et-vient, et cette sorte de ramonage des anguilliers les maintiendrait constamment libres (1). On pourrait, bien entendu, les maintenir dans les dimensions de 0™,11 de capacité intérieure que lui assigne M. Lugeol, en ajoutant à cette dimension les 0™,04 de diamètre de la chaîne. Quant aux trous carrés verticaux dont sont percés les cabrions, il y aurait sans doute avantage à les garnir de métal, aQn que le poli de leur pourtour fût un obstacle à l'arrêt des matières qui tendent toujours à les obstruer, et l'introduction fréquente de tiges de fer servirait à les maintenir constamment libres.

III. Robinet de cales. — De même que dans nos villes tout système d'égouts dans lequel le parcours d'une eau abondante et animée d'une certaine force de propulsion n'est pas assuré, est vicieux, parce que des matières putrides y stagnent forcément; de même aussi, à bord des navires qui ne sont pas complètement étanches, l'introduction de l'eau de mer, pour opérer le lavage des paracloses et de la sentine, at-elleété considérée longtemps comme le complément indispensable de l'assainissement de la cale (2).

L'usage de robinets destinés à laisser pénétrer l'eau de la mer pour les besoins du lavage intérieur de la cale est une pratique hardie à laquelle l'exclamation admirative du poète latin: « JSs triplex circa pectusl » peut justement s'appliquer. Elle a été du reste prompleraent suivie d'applications analogues, et les robinets des différenciomètres,. ceux des soutes à poudres, sont des hardiesses du môme genre.

Nos voisins les Anglais, qui ont longtemps été nos maîtres en matière de progrès maritime, semblent avoir adopté avant nous l'usage des robinets de cale, comme le prouve ce passage de l'ouvrage de Duhamel

(1) M. Barreiros, traducteur portugais de la première édition de cet ouvrage, nous apprend que cette pratique que nous indiquions est usuelle dans la marine de son pays (Fonssagrivos, TratufJo de hygiène naval vertido em porlugnez j)or Jaô Francisco Barreiros, Lisboa, I8C2, p. 42).

(2) Le médecin américain Wilson fait remarquer avec raison que l'idéal est moins d'user de cet artifice, que de disposer les choses de façon îi ce quil soil inutile; certainement oui, mais l'idéal peut ne pas être atteint et il faut savoir y suppléer.

du Monceau : « Il faut introduire de l'eau dans la sentine et la pomper iu3qu'.\ ce qu'elle sorte sans odeur ; la pompe qu'on pratique quelquelo s à l'avant des vaisseaux servirait utilement à y faire entrerl eau de mer mlis il serait encore bien plus commode d'élabhr, comme font es Anolais, un robinet de cuivre sur un membre dans la cale, à 4 ou 5 pieds sous l'eau, vers le milieu du vaisseau. Il est singulier qu une in- ' .t on aussi simple et aussi utile n'ait point été adoptée sur les vaisseaux français. On croit qu'il est toujours dangereux de perce un membre; mais ne le perce-t-on pas pour placer un gournable, et le trou que l'on ferait ne serait-il pas aussi exactement fermé par un robinet de cuivre que par un clou ou une cheville ? Un cadenas mis au robinet préviendrait tous les accidents quel'on pourrait craindre de cette

^'LeTœi de Duhamel du Monceau ne tarda guère à être exaucé, car l'article 1045 de l'ordonnance du 25 mars 1765, rendue par le ministre Choiseul (2), parle d'un robinet de cale et de la nécessité de 1 ouvrir, ce Toutes fois et quantes il sera nécessaire, délaver et nettoyer la cale.» Depuis cette époque, tous les navires de guerre sont munis d un double robinet percé par le travers de la grande êcoutille, et renfermé dans des armoires surveillées avec soin. Nous verrons plus tard, quand nous nous occuperons de l'assainissement du navire, comment ces robinets \ doivent être manœuvrés pour arriver à un nettoyage efficace de la cale.

IV Pompes. — La sentine, confluent des divers égouts de la cale, est le point de rendez-vous des eaux qu'ils charrient; c'est là que les pompes d'épuisement les aspirent pour les rejeter au dehors pari extrémité de manches de cuir. Ces pompes, dites pompes de cale, sont renfermées dans la caisse rectangulaire que constitue l'archipompe, et leur fonctionnement régulier importe non-seulement à la sécurité, mais encore à la salubrité du navire. Elles sont de bois sur la plupart des bâtiments de commerce, et de cuivre à bord des bâtiments de guerre. Les pompes le Testu qui peuvent fonctionner sans s'engager dans des eaux très-boueuses, seraient hygiéniquement préférables aux pompes,

(1) Duhamel du Monceau, loc. cit., p. 78. - Suivant M. Lefèvre, /^"«^f * P^J^^^S^^ entre Bigot de Morogues, et Duhamel du Monceau, le mérite du système du lavage de la cale au moyen d'un robinet, si mérite il y a. Il ne paraît 'P^\^\ZT\ZZ^nv maintenu cette pratique, puisque d'après l'auteur que je viens de ^ ^"gf"^^^^

Sané refusa d'autoriser ce mode d'assainissement, en vendémiaire, an II pour des navires qui présentaient une épidémie sur la rade de Brest (Lefèvre, Hist. du serv. de santé de la marine (Arch. méd. nav., t. V, p- 325). , ■

n) Cette ordonnance de 1765 a marqué dans l'hygiène navale par une séné d améliorations notables, en particulier : l'obligation imposée aux matelots d avoir un équipement déterminé; l'installation d'un vaisseau-hôpital îi la suite des escadres de dix vaisseaux ; la fixation du personnel médical sur les navires ; la détermination des attributions et des prérogatives de ce personnel (Am. Lefèvre, Hist. du service de santé ae lu marine, chap. viii).

ordinaires, si la possibilité de délayer les boues de la sentine par l'introduction d'eau de mer ne permettait facilement de se passer de cet avantage.

On a recommandé pour les bâtiments très-longs d'avoir, indépendamment de la maîtresse-pompe, deux pompes secondaires, Tune à l'avant, l'autre à l'arrière servant à épuiser l'eau qui se localise dans ces points, suivant que le navire est sur l'arrière ou sur nez. Les cuirassés étant toujours sur le derrière n'ont pas de pompes d'assèchement à l'avant. De petites pompes à main, indépendamment des pompes fixes, permettent sur ces navires d'assécher complètement la cale. Tous les navires devraient être munis de ces pompes à m'ain.

A bord des navires à vapeur il existe des pompes de cale ou d'épuisement qui sont, à la fois aspirantes et foulantes, et qui sont mises en action par le jeu de la machine, toutes les fois qu'il y a nécessité de les faire fonctionner ; le tuyau de refoulement de ces pompes perce indirectement les murailles du navire et verse au dehors l'eau élevée par le tuyau d'aspiration. C'est là une force d'épuisement accessoire que l'hygiène peut utiliser avec d'autant plus de fruit pour un nettoyage plus complet et plus fréquent de la cale des navires, qu'il ne cause aucune fatigue à l'équipage. Les pompes rotatives commencent à prévaloir sur les autres.

Pour que des pompes de cale soient avantageuses à l'hygiène des navires, il faut qu'elles réunissent les qualités suivantes:

1° Fonctionner sans un déploiement considérable de force, ou mieux sous l'action de la machine ; ,

2° N'être point susceptibles d'engorgement ;

3° Avoir leur pied recouvert d'une toile métallique à mailles assez larges pour que l'eau, boueuse jusqu'à un certain degré, puisse s'y introduire, car autrement on laisserait dans la sentine, un limon délétère. Sur les navires américains le pied de la pompe est garni d'un tissu à mailles larges pour éviter le passage des corps solides qui arriveraient à l'obstruer.

4'' Descendre très-près du fonds de la sentine pour que l'épuisement soit aussi parfait que possible. Les installations de nos bâtiments de guerre réunissent assez complètement ces avantages.

Il ne faudrait p;is croire, du reste, que l'idée de pomper les eaux delà cale fût d'origine moderne ; elle a dû naître avec la navigation, et M. Deslandes nous apprend que les anciens avaient, comme nous, dans leurs navires, des appareils pour vider les eaux croupies que contient toujours cette partie de la cale qu'ils nommaient aussi sentine (1).

Il est au moins présumable que cette installation cbez eux était toute relative à la sécurité du navire, et que l'hygiène navale n'a dû Tuliliser qu'à une époque trôs-rapprochée de nous.

(1) Deslandos, Essai sur la marine îles anciens, parliculièrement sur leurs vaisseaux de guerre. Paris, HGS, p. G8.

Le nettoyage des cales partage \(îs hygiénistes en deux camps; les uns sont partisans du lavage de la cale par les robinets, les autres considèrent comme une absurdité d'introduire de l'eau dans un navire et d'y créer ainsi un foyer d'humidité permanent. Voilà, à mon sens, comment cette question pratique peut être jugée. L' élanchéité d'une cale est un idéal qu'il faut poursuivre. On l'atteint sur les navires cuirassés, et j'ai pu m'assurer en visitant la cale de VOcéan, que la description que fait M. Bourel-Roncière de son exquise propreté, de sa siccité, de son aspect réjouissant pour l'œil, de son absence d'odeur, n'a rien d'exagéré. Ce serait un contre-sens que d'introduire de l'eau dans une cale semblable. Mais quand un navire fait de l'eau, quand celle-ci y entre en quantité suffisante pour amener dans ses bas-fonds un travail de fermentation putride, comme les pompes ne peuvent l'extraire complètement, j'estime qu'il faut délayer ces eaux putrides, de telle façon que leur reliquat qui échappe à l'action épuisante des pompes, soit aussi peu concentré que possible.

Y. Il faut enfin que la cale du navire ne soit pas plate, c'est-à-dire que les formes du navire aient une certaine finesse. M. Wilson insiste sur les inconvénients de ce mode de construction qui donne à certains navires dont on veut élargir les flancs outre mesure une forme telle que chaque couple y figure une sorte de parenthèse horizontale ; sur ces bâtiments l'eau stagnant dans les parties évasées, ne peut se réunir, forme des stagnations latérales, et devient inaccessible aux pompes. Il fait remarquer, du reste, et l'hygiène navale s'en félicite, que ces navires plats ont de si mauvaises qualités nautiques qu'il n'est guère à craindre qu'ils se multiplient beaucoup (1).

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