‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 51 sur 224 · COUCHAGE DES OFFICIERS · texte numérisé non relu

COUCHAGE DES OFFICIERS

Les officiers réalisent à bord pour leur couchage tout le bien-être dont leurs habitudes leur font un besoin. Rien de mieux sans doute que ces sommiers élastiques, ces oreillers confortables, ces draps de toile souvent renouvelés, mais nous sommes cependant d'avis que dans les pays chauds il faut, dans l'intérêt de sa santé, rompre un peu avec ce sybaritisme, et le lit le plus dur et le plus simple, c'est-à-dire une natte en paille sur un matelas, le tout recouvert d'un drap de toile, est aussi

( J) Nous verrons bientôt que par carré spécifique d^aération il faut entendre la prise <1 air qui, dans un compartiment habité, revient h chaque homme.

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le pins hygiénique (1). J'ai, pendant plusieurs années, réduit ma literie celte sinrpiicité et je m'en suis trouvé à merveille. L'exposition fréquente de ces objets à l'air est facile et l'humidité ne saurait y stagner comme lorsque plusieurs plans de matelas sonlélagés les uns sur les autres. En parlant de l'installation des chambres d'officiers, j'ai dit ma prédilection pour le cadre amovible qui vaut certainement mieux que la couchette surmontant des tiroirs. Si l'on lient au lit, et si les dimensions de la chambre le permettent, qu'on préfère au moins un lit en fer aux couchettes de bois placées en abord.

COUCUAGE DES MALADES.

. Le couchage des malades a certainement encore des progrès à réaliser. Un médecin de la marine, M. Beaumanoir, a proposé récemment pour les hôpitaux de navire un lit suspendu ou à roulis constitué par un cadre en fer muni à chacune de ses exirémités d'une tige verticale coudée à angle droit et reposant sur la fourchette, garnie de cuir, de deux supports verticaux de 95 centimètres de hauteur fixés solidement au pont par une patte en croix dont les branches perforées sont destinées à être maintenues par des vis. Le fond de la couchette est en toile ou bien il constitue un sommier élastique formé de petites planchettes de 0'",06 à 0'",07 de largeur et de 0^^,015 d'épaisseur reposant sur les extrémités du cadre. La couchette est munie, à ses deux extrémités, de planchettes minces hautes de 0»,20 et amovibles. A la tête du lit et à angle droit se trouve une planchette à roulis percée de trous pour le gobefet, le pot à tisane, la fiole, et deux crochets placés aux extrémités du Ut se fixent dans des pitons adaptés aux montants verticaux pour immobiliser le cadre au besoin. Ce modèleme paraît remplir ù peu près toutes les conditions d'un lit destiné aux hôpitaux de navire.

Je dois signaler aussi le lit suspendu imaginé par le commandant Guépratte, essayé à bord de quelques navires en particulier de la Magicienne, et qu'une dépêche ministérielle du ^21 avril i874a prescrit d'employer dans les hôpitaux des bâtiments. Des épontiUes munies de crochets à vis de pression, de manière à régler à volonté la hauteur, supportent ce lit et sont fixées dans le pont par des sabots ; des supports à roulis embrassent ces crochets. Le lit est en toile légère, le fond en feuillard ; l'ensemble ne pèse que 30 kilogr.

La literie des malades exige des soins assidus de nettoyage, de rcpa-

n) J'ai plaicU- plus liaut la cause de la simplification do l'ameublement dans les cl ambr d of iers Elle est loin d'6trc .a.n^-e partout et la manne -tnch.enne s s Z\r .n parliculier par une libéralité à cet égard qu» est proi.table au coupd œ.l mtis préjuiictable au bien-ûire réel et à la santé ^Voy. Rev. man:. et colomalc, 1874,

p. 8ai).

ration et d'aération. Les matelas et les traversins qu'on fournit aux hôpitaux de nos navires sont d'une fâcheuse exiguiLé. Raoul en faisait la remarque et se plaignait de ce que, dans quelques cas de paralysie, de fracture, d'amputation, il lui fallait rapprocher deux lits pour que le malade pût s'y maintenir. Signaler cet inconvénient, c'est demander en môme temps qu'on y obvie. Autrefois on embarquait pour les malades des matelas d'étoupes ; Delivet a fait ressortir la supériorité des matelas de crin qui, à raison de leur élasticité, s'affaissent moins vite, sont bien plus frais et s'imprègnent moins aisément de miasmes et d'odeurs. Le mélange de crin et de laine est habituellement employé aujourd'hui. Les traversins et les oreillers laissent beaucoup à désirer; les premiers sont convertis, au bout de peu de temps, en une planche durcie; les seconds sont d'un nettoyage difficile. Il conviendrait que tous les navires fussent munis d'un ou deux luater-maltress ou matelas d'eau destinés aux malades qui subissent les rigueurs d'un alitement prolongé (1).

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