‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 70 sur 224 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Parasitisme nautique.

Les parasites qui pullulent normalement à bord ou qui s'y introduisent accidentellement peuvent, suivant leur nature, avoir des inconvénients par eux-mêmes ou préjudicier indirectement à la salubrité de 1 équipage en devenant une cause de violation aérienne. C'est à cela que se réduit à bord le rôle des mollusques xylophages : des tarets, des pho-

ades qui se creusent des galeries dans le bois des vieux navires, et dont les débris et les larves, sans cesse, au contact de l'humidité et d'une température chaude, ne peuvent manquer de se putréfier et d'apporter leur contingent à l'infection des cales; les infusoires que le jeu des robinets mtroduit dans les fonds du navire, qui y meurent et s'y corrompent agissent évidemment dans le même sens.

Mais il est un autre parasitisme, plus apparent, s'il est moins dangereux, et contre lequel les équipages ont à se défendre.

La pullulalion des rats à bord de certains navires atteint parfois une

imile incroyable. On sait avec quelle prodigieuse fécondité ce rongeur

vant Parent-Duchatelet, jusqu'à cinq ou six portées par an, et dans plu- (1) Bulletin officiel de lu marine, |8G3, n" AO,

318 INFLUENCES DU NÀYIRE.

sieurs d'enlre elles on a trouvé souvent 14, 16 et môme 18 petits. Il suffit, dans le clos d'équarrissnge de Monlfaucon, de fouir légèrement la terre pour trouver des nichées aussi nombreuses ; les rats ont tellement criblé de leurs terriers les fondations des murailles de cet établissement qu'on est obligé de les garnir de tessons de bouteilles. A bord des navires ces rongeurs pullulent quelquefois à tel point que leurs cadavres donnent à l'eau de la sentine une odeur putride qui rappelle celle de certains égouts et infecte l'atmosphère de la cale. Ainsi à bord de la frégate la Thétis qui servait d'école aux mousses de la rade de Brest, il ne se passait guère de jour que l'on ne retirât de la sentine, au moment où l'on pompait, un certain nombre de ces animaux à demi putréfiés. Cette eau était bourbeuse, noirâtre, ne dégageant que médiocrement l'odeur sulfhydrique, mais rappelant plutôt celle des baquets où ont macéré des pièces anatomiques. Mais là ne s'arrêtent pas les sévices de ces rongeurs,dont la dent dévastatrice s'attaque, du reste, à tout ce qu'elle rencontre. On peut trouver leurs cadavres ailleurs que dans la cale : dans les mailles des navires d'où se dégage souvent une odeur putride contre laquelle il n'y a pas de recours; dans les pièces de gros tuyautage, etc. M Quémar a constaté que les manches en tôle ou trompes qui servent à l'aéraiion des cuirassés sont souvent le refuge de rats qui y meurent, s'y putréfient et envoient dans l'intérieur du navire des bouffées d'air méphitique. Il a constaté plusieurs fois ce fait à bord du Solfenno (1). M Clavier a signalé des accidents dus à l'usage d'eau provenant des caisses en fer dans lesquelles des rats s'étaient noyés (2). Il faut donc faire à ces parasites une guerre acharnée. Les chats et les pièges sont les seuls moyens qu'on puisse leur opposer; il y a tant de recoins à bord des navires que l'usage des appâts toxiques expose sûrement aux inconvénients d'infection putride que je viens de signaler. Les chats jouissent à bord de la considération due à leurs services ; leur présence dans la raie Y est nécessaire autant que traditionnelle et le calier professe pour eux un culte en quelque sorte égyptien; par malheur ce carnassier bien nourri, engourdi par « une molle et douce oisiveté, » y perd souvent ses instincts de chasseur et ne remplit qu'imparfaitement sa mission (3).

^n:!:{J'^,raéX yprâuques d'k.g, navale. Thèse de Montp. 1S74, p. 2G.

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