‹ Traite d'hygiene navaleChapitre 73 sur 224 · DEUXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION

Après avoir étudié, dans les chapitres qui précèdent, les influences, qui, au degré près, sont communes à tous les navires et que l'on peult considérer comme inhérentes en quelque sorte à l'habitation nautique, il me reste maintenant à faire ressortir les différences que les diverses sortes de bâtiments peuvent offrir sous tous ces rapports à étudier, en d'autres termes, leur salubrité compiiralive.

En abordant cette étude dans la première édition de cet ouvrage, je faisais ressortir, comme excuse pour les lacunes qu'elle devait présenter, tout ce qu'elle avait de nouveau et de difficile. « Nous entreprenons ici, disions-nous, une tâche dont nous ne nous dissimulons en rien l'extrême difficulté, mais nous ne l'éluderons pas pour cela : entrer dans une étude qui est demeurée jusqu'ici tout à fait inexplorée, c'est au moins, dût-on n'y faire que quelques pas, et au hasard, appeler l'attention sur elle et provoquer de nouvelles recherches : c'est toute notre ambition . Rien, en effet, n'a encore été essayé sur ce point : quelques appréciations dont nos propres résultats ont confirmé la justesse ont bien cours à ce sujet, parmi les médecins delà marine, mais elles sont plutôt de sentiment que de démonstration rigoureuse, et les données statistiques nécessaires à i'élucidation des questions variées dont ce sujet se compose sont encore trop nombreuses et trop peu homogènes pour quelles puissent, jusqu'à présent, fournir un secours bien utile. Nous

. du gen e lï^^^ ^«■'P^""^ très-venimeux, avec ceux

Java ou oulav.caro7i, Vacrochorde à bandes, qui habitent les rivières de cette île

nous efforcerons donc de lii-er parti des matériaux dont nous disposons et si, comme cela est inévitable, nous ne parvenons pas à résoudre le problème, nous en aurons du mois formulé les données principales pour les travailleurs qui l'aborderont dans l'avenir (1). » . Notre appel a été entendu, et si ce beau sujet doit rester encore bien incomplet, il n'en dispose pas moins d'éléments nouveaux et dont nous nous efforcerons de tirer parti.

Nous allons donc comparer la salubrité des différents genres (2) des navires différenciés entre eux suivant les particularités suivantes : navires anciens et navires modernes, — navires de guerre et bâtiments de commerce, — grands et petits navires, — voiliers et steamers, — navires

en bois et en fer.

Cela fait, nous envisagerons l'hygiène spéciale des différentes espèces de navires se rattachant à ces catégories diverses, suivant que des particularités d'architecture nautique ou leur affectation à des services spéciaux modifient leur salubrité ou leur créent des nécessités d'hygiène toutes spéciales.

Un mot auparavant sur la méthode qui peut être suivie pour établir

cette comparaison.

Deux procédés différents peuvent conduire à la solution du problème de la salubrité comparative des navires : 1° la statistique ; 2° l'induction.

La première, mettant en parallèle la proportion relative des malades et des décès sur divers types de navire soumis à des conditions extérieures à peu près semblables, établit ainsi avec une rigueur apparente le degré de salubrité de chacun. La seconde, laissant de côté tout résultat numérique parce qu'elle en suspecte la valeur, s'attache de préférence à analyser les conditions hygiéniques essentielles des diverses catégories des navires et apprécie, en les réunissant en faisceau, l'ordre suivant lequel leur degré de salubrité les place.

Si nous avions le libre choix de ces deux méthodes, nous donnerions bien certainement la préférence à la statistique, car, par le fait, rien n a plus de rigueur et de logique que les chiffres bien interprétés, m^us c est un instrument difficile à manier, qui rapproche souvent des éléments hétérogènes, met le spécieux à la place du vrai, et revêt un aird infaillibilité qui dispose à ne pas voir l'erreur où il entraîne.

Que de difficultés, en effet, pour l'application fructueuse de a sU^^^^^^

stique au problème qui nous occupe 1 Ne ^o™P•■^"^^^^"V^. f! t av^^^^ dont la construction remonte à la même époque: qm ont été faits avec

litude d'un caractère n.a'rinc do commerce, etc. Le mot

des matériaux hygiéniquement comparables ; qui sont partis en môme temps de France pour une campagne de môme durée ; dont les équipages sont, sous le rapport de la composition et de la force moyenne, dans des conditions à peu près semblables ; qui naviguent et relâchent ensemble ; dont le régime disciplinaire intérieur est identique; qui observent avec le même scrupule toutes les lois de l'hygiène, etc., voilà toutes les conditions d'une statistique rigoureuse, mais oh les trouver?., les circonstances ordinaires de la navigation n'en fourniront jamais les éléments. Aussi, nous l'avouons, quand il nous â fallu jadis fouiller dans de nombreux rapports de fin de campagne pour y trouver des données comparatives d'aptitudes morbides ou de mortalité, nous ne l'avons fait qu'avec cette répugnance qu'inspire toujours un travail qui n'a pas de base solide, et nous avons pris le parti de n'accorder quelque rigueur à ces résultats numériques qu'autant qu'ils cadreront avec ceux que l'induction nous fournira. Qu'on veuille bien le remarquer, exiger de la statistique qu'elle s'entoure de toutes les précautions que nous venons d'énumérer, c'est dégager, par le fait, les conditions hygiéniques propres au navire lui-même, de celles qui lui sont étrangères ; ainsi, les deux routes nous conduisent au même but, mais la seconde;seule est déblayée pour le moment, et nous la suivrons de préférence. C'est d'ailleurs la seule possible et l'on me permettra ici de faire ressortir tout ce qu'a de choquant l'absence, au centre de l'administration de la marine, d'un bureau de statistique, réunissant, coordonnant et interprétant tous les chiffres relatifs aux intérêts complexes de ce grand département. Il y a Ih une lacune extrêmement regrettable et qui m'a rendu impossible le travail que je voulais entreprendre sur l'invaHdité et la mortalité du personnel maritime. Les documents français me faisaient défaut. Ceux qui écriront après moi sur l'hygiène navale ne se heurteront pas, je l'espère bien, à pareil obstacle.

La salubrité d'un navire dépend de plusieurs éléments qu'il n'est guère permis de dissocier : 1° des conditions matérielles du navire lui-même; 2° des influences auxquelles la navigation le soumet; ,3° du régime hy- : giénique, physique et moral, de son équipage. Nous nous occuperons : surtout de la première catégorie d'influences, et nous les ramènerons iaux chefs suivants, d'après leur ordre d'importance: d" encombreiment; 2° aération; 3" état hygrométrique; 4° pénétration de la lumièire (I). Il est en effet évident que, toutes choses égales par ailleurs, un t navire sera d'autant plus salubre qu'il sera moins encombré, plus aéré, plus sec, plus éclairé. Comparons donc, à tous ces points de vue les di- V verses catégories de bâtiments.

.r.oll-/l "6 prétends pas dire que ce soient là les seuls éléments du nrobl^mp • toii« p particularité, 'âge du navire, par exemple, peut influer singulièrement sur sVsnl .I, i l .. mais je n'ai dù prendre comme bases de cette comparaison que lé é .^p u 1 nateurs, ceux qui se subordonnent tons les autres pa leur impom ce

Page 1