PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION
Dans k préface de la première édition de cet ouYrage, j'accusais les Traités d'hygiène navale qui avaient devancé le mien d'avoir vieilli et de ne plus être au courant de l'état de l'art nautique, non plus que de l'hygiène générale. 11 m'a été donné aussi de voir vieillir mon livre et bien plus rapidement encore que ne l'avaient fait ses devanciers. Écrit à une époque de transition ou, pour parler plus exactement, à la veille de la révolution d'oia devait sortir l'architecture nautique qui s'essaye sous nos yeux en types dispendieux et parfois fantaisistes qu'on adopte aujourd'hui pour les changer demain, ce livre a marqué assez exactement (on a paru le croire du moins) l'état de l'hygiène navale à l'époque où il a été publié. Je n'ai négligé aucun effort ni aucun soin pour que cette réimpression, ou plutôt ce nouveau livre, marquât sans trop de lacunes l'état de l'hygiène navale à l'époque actuelle.
Plus heureux que mes prédécesseurs dans la carrière, il m'a été permis de refaire mon livre sous la double lumière de la maturité et du progrès considérable qui s'est accompli dans les choses dont il traite. J'ai éprouvé, en me livrant à cette lâche, à vingt ans de distance de ma première édition, ce double sentiment d'un rajeunissement de la pensée revenant avec amour à ce qui l'a captivée jadis et de l'émotion dont on ne peut se défendre quand on donne à un livre simplement ébauché jusque-là, une forme définitive et à laquelle on ne peut guère espérer de pouvoir rien changer désormais.
Faire un livre m'a paru toujours une médiocre difficulté comparée à celle de le refaire : l'idée est jeune, elle a l'impatience de se produire, elle s'en va, insoucieuse de la forme et de la critique, affirmant avec résolution, guerroyant avec entrain; puis, viennent plus tard les enseignements de la critique et de la réflexion, les perspectives nouvelles sous lesquelles l'âge place les
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cho^c. les aspects difTcrents qu'elles empruntent au mouvement S ral des dL et au propre mouvement des idées e l ecnvam. le copier ou se contredire est l'alternative trop habituel e des ou- ™res qui se réimpriment au bout d'un cerlain nombre d années; n rfv a \ échapper au premier écueil que les livres qu. se contiuent dans a tête de l'auteur, alors que le public les a lus ou eu être oubliés depuis longtemps. Cette seconde gestation plus laborieuse, mais aussi plus féconde que la prem ère n a pas manqué à ce livre sur lequel se sont concentrées les habituelles et titLs prédilections d'une première œuvre. Quant a se contedire là où il y a de bonnes raisons pour le taire, je ny vois qu'un avantage réel pour le lecteur et un médiocre inconvénient pour.rauteu," et je n'ai, on pourra s'en convaincre.jamais cherche
' En'résumé, la première édition de ce livre était une épreuve qui attendait le bon à tirer de la critique et du progrès accompli ; elle l'a et elle se présente au public sous «ne forme rajeunie, pleine d'imperfections certainement, mais pouvant réclamer toutes les immunités promises à la bonne volonté.
Je me propose, dans cet ouvrage, d'étudier les conditions principales du milieu dans lequel se passe la vie de 1 homme de mer, et j'aurai atteint mon but si j'ai démontré que son hygiène es spéciale entre toutes les hygiènes professionnelles, et qu il n en est aucune, commeTa dit Ramazzini, qui soit plus digne d intéresser le» ..ouvernanls et qui importe autant à la prospérité d un pays : « ^^ 1rs ulla est quœ ad puUicam feUcitatom et «mtuum commercmm servandum mullum condncat, ea maxime navigatorm est B. liama/.zini. De morbis artificwn diatriba. Venetùs MDCCXLll , cap. x p 182.) Au « pâturage et au labourage », doutparlail Sully, U laul aioutcr une troisième mamelle que la France pent présenter a ses enfants et qui deviendra, quand elle le voudra bien. P;e^J« féconde que les deux autres, c'est la navigation. U y a de ce cote «n accroissement de puissance commerciale et militaire a conquérir, et la nature nous en ouvre merveilleusement les ressources, bi notre expansion conlinentale est gênée, la mer est devant nous et peut donner au peuple qui a inauguré les grandes navigations et qui a colonisé la Louisiane et le Canada des compensations snflisantes. U'aiUeuisrcxpéricncede la dernière guerre amontrequcla marine était, elle aussi, fût-elle obligée d'abandonner « ses murailles de bois » et de combattre sur un terrain qui n'est pas le sien, une force