PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION. XV
avec laquelle il faut compter, et le pays a vu avec consolation et avec orgueil ce que peut produire de vertus militaires cette rude école de discipline, de stoïcisme, d'abnégation cà laquelle la marine forme ses matelots. Notre pays doit donc porter une partie de sa vitalité et de sa fortune vers la marine et ne pas se contenter du second rang quand il peut prétendre plus haut. Des navires nom- • breux et bien construits, des matelots exercés et une bonne hygiène sont les trois éléments d'une grande puissance maritime : la richesse publique et la science de nos ingénieurs nous donneront le premier; des lois sagement protectrices des intérêts commerciaux nous donneront le second ; quant au troisième, préparé par les progrès considérables qui ont été réalisés depuis cinquante ans, il est garanti à l'avenir par le zèle studieux des médecins de la marine et par l'autorité que leur donne aujourd'hui, en cette matière, la notion de plus en plus répandue de l'importance de l'hygiène navale dans l'esprit des hommes qui dirigent le département de la marine et qui commandent les navires.
Ce livre a été principalement écrit pour notre marine, mais il a embrassé aussi celle des autres pays dans sa sollicitude. Il le devait à l'accueil fait à sa première édition par les autres nations maritimes dont plusieurs en ont ordonné la traduction, il le devait aussi au caractère humanitaire des intérêts qu'il défend. J'espère que les médecins étrangers n'auront pas de peine à appliquer à leurs navires les principes d'hygiène navale que j'ai développés dans ce livre.
L'hygiène générale a marché depuisvingtanset non moins qu'elle l'hygiène navale. Une louable émulation s'est éveillée de toute part sur les questions qui s'y rapportent, et les médecins navigants, trouvant d'ailleurs les esprits mieux préparés pour comprendre rimporlance des intérêts qu'ils ont mission de défendre, ont obtenu une foule d'améliorations que je demandais et que j'ai eu la ]oie, grâce à eux, de voir se réaliser successivement. De même aussi les lacunes que je signalais presque à chaque ligne, et sans avoir la possibilité de les remplir, ont été pour eux l'occasion d'une émulation de travail dont je recueille aujourd'hui les fruits en disposant pour cette seconde édition de matériaux qui me faisaient complètement défaut pour la première.
Je dois cet avantage au zèle studieux de ce corps si dévoué, si mstruit (j'en puis, hélas ! parler maintenant dans ces termes puisque je ne lui appartiens plus que par le souvenir et l'afleclion), de