AÉRATION NATURELLE. 4H
rure de sodium par l'acide sulfuriqiie, appliqué par lui en 1773 à la désinfection aérienne, fut essayé dans la marine en 1792 ; mais il céda bientôt la place au procédé de Carmichaël Smith qui employait comme désinfectants les produits nitreux dégagés par la réaction de l'acide sulfurique sur le nitrate de potasse. En 4796 l'inspecteur Coulomb, qui avait traduit l'ouvrage de Carmichaël Smith (1), paru en 1780, rendit ce dernier procédé de désinfection obligatoire dans la marine (2).
Les acides hypoazotique et sulfureux sont des désoxydants énergiques qui enlèvent l'oxygène aux matières organiques, et que l'on obtient en faisant, pour le premier, détoner du nitre au contact de charbons incandescents, et pour le second en enflammant du soufre à l'air libre. Leurs propriétés âcres et irritantes ne permettent pas, quoiqu'on Tait tenté, de les appliquer à la désinfection nautique.
Quant au chlore gazeux, le même reproche lui est applicable ; mais dégagé lentement des combinaisons dans lesquelles il existe à l'état de chlorure d'oxyde ou d'hypochlorite, il développe toutes ses propriétés désinfectantes sans inconvénient aucun. En temps ordinaire, on peut se passer de fumigations chlorées, mais en temps d'épidémie il faut utiliser cette ressource : l'addition de chlorure de chaux aux eaux de la cale; l'arrosage des ponts avec l'hypochlorite de soude ou liqueur de Labarraque ; des badigeonnages avec de la chaux additionnée de cette substance; son usage abondant dans les lieux suspects tels que la poulaine, les bouteilles, etc., constituent des moyens de désinfection dont le bénéfice doit toujours être invoqué.
Mais je ne puis que répéter ici ce que je disais tout à l'heure de la désinfection de la cale ; il ne faut pas croire que les désinfectants d'un navire puissent remplacer le renouvellement assidu de l'air. Il faut en effet se rappeler que, si on désinfecte quelquefois l'air en le désodorant, il n'y a pas cependant entre ces deux faits de relation nécessaire. Tout faire pour empêcher l'infection aérienne de l'air, et, celle-ci produite, n'accorder aux désinfectants qu'une importance très-relative, c'est être dans la vérité en même temps que dans la prudence.